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ETRANGERS ET VOYAGEURS... OU BIEN DEMENAGEURS?Claude-Alain Pfenniger
Parmi les légions de voyageurs qui sillonnent les routes de l'été,
on remarque généralement que deux catégories de transhumants
se distinguent nettement l'une de l'autre: Les premiers ne peuvent passer inaperçus, car ils sont à l'origine de fréquents et pénibles «bouchons». Traînant avec eux un domicile complet (mobilhome extra-long, caravane extra-large), voire un yacht ou un planeur, ces faux-nomades sont équipés pour recréer, où qu'ils s'établissent, des conditions de vie aussi proches que possible de leur milieu originel. Ainsi, enveloppés dans leurs objets familiers, ils préviennent à coup sûr l'inconfort, l'improvisation et le déracinement. Les hyper-légers sont plus discrets. Sac au dos et baskets aux pieds, ou juchés sur une bécane, ces aventuriers des temps modernes s'efforcent de retrouver la simplicité, laissant aux circonstances le soin de leur suggérer un itinéraire, et n'hésitant pas à dormir sous tente ou à la belle étoile. Survivre avec le minimum vital, telle est leur devise. Deux catégories
de voyageurs, deux conceptions bien différentes de l'autonomie, de
la liberté; deux approches opposées des périples en
terres étrangères. Or l'apôtre Pierre dit: «étrangers», littéralement «ceux qui vivent en dehors de leur maison» (paroikous); il dit: «voyageurs», littéralement «immigrants» (parepidèmous). Ni les uns ni les autres ne sauraient se confondre avec des déménageurs... De son côté, l'apôtre Paul fait remarquer au jeune Timothée qu'il n'est pas soldat qui s'embarasse des affaires de la vie, s'il veut plaire à celui qui l'a enrôlé (II Tim 2.4). Alors, chers amis lecteurs, efforçons-nous, avec l'aide du Seigneur, de ressembler aux «hyper-légers». Comme Moïse, regardons l'opprobre de Christ (et certains renoncements) comme une richesse plus grande que les trésors de l'Egypte (Héb 11.26). Comme Abraham, consentons à demeurer «sous des tentes», sachant qu'au delà des vicissitudes de notre voyage terrestre, la cité qui a de solides fondements, celle dont Dieu est l'architecte et le constructeur nous est réservée (Héb 11.10). Animés d'un tel esprit, nous pourrons affirmer avec le grand voyageur que fut l'apôtre Paul: nous sommes regardés comme pauvres, mais nous en enrichissons plusieurs; comme n'ayant rien, mais nous possédons toutes choses (cf. Il Cor 6.10). C.-A.P.
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