Un réveil mondial avant le retour de Jésus- Christ...
Qu'en dit la Bible ?
Paul-André Dubois
Cette perspective génératrice d'espérance est le fait d'individus et de communautés qui professent la foi chrétienne. Nous allons voir si elle s' accorde avec les données prophétiques
sur les temps de la fin.
I) Mise au point
Déblayons le terrain avant d'entrer dans le vif du sujet.
a) Fausse argumentation
Ceux qui soutiennent la thèse d'un réveil mondial avant l'avènement du Seigneur
- la Parousie - parlent volontiers de «pluie de l'arrière-saison» et de «nouvelle
Pentecôte».
-La pluie de l'arrière-saison. C'est à la faveur d'une exégèse
grossièrement fautive de Joë12.23: Il vous enverra la pluie de la première
et de l'arrière-saison, comme autrefois, que l'on annonce avec conviction
une effusion spectaculaire de l'Esprit pour le temps de la fin, soit la période
qui précède de peu le retour de Christ. Mais Joël, dans ce passage, ne fait
pas d'eschatologie, il s'adresse à ses contemporains israélites, et la «pluie» dont
le Seigneur parle, comme signe de sa bénédiction, est tout bonnement matérielle.
Le contexte immédiat, v. 21 à 27, où il est aussi question des bêtes des
champs, du figuier et de la vigne, du blé, du moût et de l'huile - un ensemble
de réalités
matérielles - le prouve. Et que signifierait le comme autrefois -
allusion à un
phénomène physique régulier -s'il s'agissait d'une pluie «spirituelle» ?
C'est au verset 28 seulement que le prophète passe au plan eschatologique,
aux derniers temps inaugurés par la venue du Messie promis, et qu'il prophétise
alors l'effusion historique de l'Esprit: Après cela, je répandrai
mon Esprit sur toute chair ...(v. 28 à 32). Cette promesse a été accomplie
au début de l'ère chrétienne,
le jour de la Pentecôte, selon Actes 2.17 à 21 (1).
-Nouvelle Pentecôte
Ce concept n'a aucune base biblique. Davantage,
il heurte de front l'enseignement apostolique. En effet, Pierre, en déclarant,
par rapport à l' événement survenu le jour de la Pentecôte: Mais
c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël..., identifie l'effusion
de l'Esprit ce jour-là comme la réalisation définitive de la parole prophétique
de Joël. A l'instar des autres actes historiques de la rédemption: incarnation,
expiation, résurrection, ascension et glorification - celle-ci étant
la condition de l'effusion historique de l'Esprit Saint, cf. Jean 7.39;
Jean
14.15 à 19; Jean 16.5-15; Actes 2.32 à 36; Eph 4.8 - l'événement de la
Pentecôte est unique. Il appartient à l'origine, à la naissance de l'Eglise.
Il ne se répétera
pas (2).
-La conversion nationale d'Israël
Ceux qui défendent l'idée d'un réveil
mondial dans les temps de la fin pourraient éventuellement se référer à l'événement
extraordinaire de la conversion d' Israël, attesté sans ambiguïté par Paul,
Rom 11.25- 27, et assimilé à une résurrection
spirituelle, une vie d'entre les morts, Rom 11.15, avec des
répercussions
glorieuses pour le monde.
Ce fait, indéniable, n'appartient pas toutefois à la
catégorie des «réveils religieux» tels que nous les entendons d'habitude.
L'apôtre
Paul le classe dans celle des mystères, c'est-à-dire des vérités
révélées, des vérités de foi (Rom 11.25). Il est de l'ordre de la
prophétie biblique et a un caractère «sui generis», une spécificité qui
lui est tout à fait propre. Il n'entre donc pas dans le cadre des
réveils classiques, qui ne relèvent pas d'une annonce prophétique.
Ils se produisent en effet sans faire l'objet d'une révélation spéciale.
Remarquons ceci: Paul ne présente pas le mystère de la conversion
d'Israël comme «la pluie de l'arrière-saison», comme une «nouvelle
Pentecôte», mais comme une vie d'entre les morts en bénéfice aux
non-juifs eux- mêmes. Contentons-nous de ce qu'il nous révèle et
réjouissons-
nous avec lui !
b) Fausses conclusions
Quand nous nous permettons de mettre en doute la possibilité d'un réveil mondial à l'approche
du retour de Christ, certains concluent, à tort, que notre position signifie:
-L'exclusion de tout réveil
Mais nous croyons fermement à la possibilité,
aussi longtemps que le temps de la grâce dure, de réveils géographiquement
limités, comme il s'en produit d'ailleurs aujourd'hui en diverses régions
du globe, en particulier en Asie. J'ai entendu l'évêque africain Kivengere
mentionner, il y a un certain nombre d'années, un vrai réveil en Ouganda.
Il a même précisé que
ce mouvement remarquable de l'Esprit de Dieu ne devait rien au courant
charismatique.
-La mise en cause de l'immutabilité de Dieu
Non, nous
n'égratignons en rien le fait que Dieu reste le même (Mal 3.6) dans son
essence et ses attributs. Nous confessons donc que sa puissance n'est pas
moindre
aujourd'hui qu'hier(Héb
13.8).
- La mise en cause de la souveraineté de Dieu
Nous récusons l'idée irrévérencieuse qu'en certaines circonstances Dieu ne
pourrait pas faire ce qu'Il veut, ou que sa souveraineté ne s'étendrait pas à tous
les domaines: Notre Dieu est au ciel, Il fait tout ce qu'Il veut (Ps
115.3). Tout
ce que l'Eternel veut, Il le fait, dans les cieux et sur la terre,
dans les mers et dans les abîmes (Ps 135.6).
Nous croyons par conséquent
qu'Il peut toujours susciter des réveils où Il veut, quand Il le veut,
comme Il le veut, à l'exemple de ce que nous rapporte Aggée 1.14. Ce
réveil intervenait après un temps de relâchement provoqué par le découragement
(cf Esd 4.4,5,24).
C'est quand Il parlait à Nicodème de l'œuvre de
l'Esprit que le Seigneur a dit: Le vent souffle où il veut... Jean
3.8.
Il en résulte deux choses pour l'homme:
-L'impossibilité d'induire le réveil, de le provoquer. Même la prière instante, ardente, persévérante pour le réveil, «les réunions de réveil», ne sont pas la cause du réveil Cette prière est suscitée et inspirée par Celui-là même qui veut le réveil.
Elle n'est pas un facteur autonome, mais un instrument du bras souverain
du Seigneur.
-L'impossibilité d'empêcher le réveil. On ne peut pas empêcher le vent
de souffler...
-Un manque de foi
A cause d'une incrédulité congénitale, nous sommes, il est vrai,
toujours enclins à limiter Dieu : Sara (Gen 18.11-14), l'officier du
roi à la
porte de Samarie (II Rois 7.1-2), Zacharie (Luc 1.18-20), Thomas (Jean
20.24-29).
Mais il est possible de reconnaître d'un cœur vrai et entier
que Dieu peut tout, absolument - même là où, quant à nous, nous ne
voyons que des motifs de désespoir - et cependant avoir de bonnes raisons
de douter de la possibilité d'un réveil à l'échelle mon diale aujourd'hui.
Un tel doute ne ressortit pas à l'incrédulité.
II) Le nœud de la question
En effet, le problème qui se pose à nous n'est pas de savoir si Dieu est en mesure,
oui ou non, de produire un réveil mondial aujourd'hui, comme si sa puissance
avait changé, mais s'Il veut le faire. Nous le répétons: même de la manière
la plus infime, dans son essence et ses attributs, Dieu ne change pas: en Lui il
n 'y a ni changement ni ombre de variation, Jac 1.17. Mais son mode d'action peut
changer.
Certes, l'action de Dieu au sein des Eglises et dans le monde ne cesse à aucun
moment d'être souveraine, toute-puissante, mais elle n'a rien d'arbitraire,
d'aveugle. Le Seigneur, qui sonde tout, connaît les cœurs et regarde au
cœur (I
Sam 16.7; Prov 15.11). Il prend en compte les dispositions secrètes de ceux
au milieu desquels Il agit, pour manifester sa grâce ou son jugement. L'exemple
de Ninive nous le montre de façon évidente, Jonas 3.3-10.
Ainsi, dans un
cas, Il produit la repentance et sauve, même parmi les païens. Dans l'autre,
Il endurcit, même s'il s'agit de son peuple, Esaïe
6.8-10.
Il peut s'Il le veut travailler en profondeur les consciences chrétiennes
et les réveiller par le ministère de Sa parole vivante, secouer la torpeur
d'églises endormies, produire un puissant renouveau de vie spirituelle
chez les siens, avec un impact bienfaisant sur "ceux du dehors". Cela
se traduit alors par de réelles et nombreuses conversions, de significatives
transformations du climat moral, social, culturel. La Réforme du 16ème
siècle en est une preuve éloquente.
Ou alors, face au débordement de
l'iniquité, et jugeant qu'elle a atteint la pleine mesure (cf Gen 15.16),
Il peut, par décision judiciaire, enfermer les cœurs
dans leur propre endurcissement.
N'est-ce pas quelque chose de ce genre
qu'indique la sentence d' Apocalypse 22.11, prononcée dans la perspective
du proche avènement de Celui qui vient sur les nuées
comme Juge de la terre? Que celui qui est injuste soit encore injuste,
que celui qui est souillé se souille encore, et que le juste pratique
encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. -Voici,
je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi pour rendre à chacun
selon ce qu'est son oeuvre, v.11 et 12. Bien entendu, ce n' est pas à nous
de déci der du degré qu'a atteint l'iniquité. Dieu seul, qui fixe les
limites, est à même d'apprécier.
III) Arguments en défaveur d'un réveil mondial
a) L'apostasie généralisée: un appel au jugement ...
Je crois qu'un examen honnête, lucide, de la société humaine à la fin du 20ème
siècle révèle une apostasie généralisée. C'est en masse que les hommes tournent
le dos à Dieu, le Dieu vivant et vrai, révélé dans la nature -l'univers créé et
la conscience humaine, Rom 1 et 2 - et dans l'Ecriture. Une véritable lame de
fond soulève notre monde. C'est la révolte ouverte, délibérée, décrite au Ps
2: Brisons leurs liens, délivrons-nous de leurs chaînes, v .3.
Et comme à chaque
fois que l'homme tourne consciemment et volontairement le dos à Dieu - en
se détournant de la vérité dont il dispose - il appelle sur lui, non la
grâce,
non la visitation salvatrice de l'Esprit, mais le jugement divin.
Là où l'apostasie
a pris pied, s'est installée, où elle règne, il est vain de s'attendre à un
vaste mouvement des manifestations bienfaisantes de l'Esprit. La démarche
de l'Esprit est au contraire de se retirer .
Nous le voyons bien
dans le cas de la société antédiluvienne, adonnée corps et âme au mal
(Gen 6.5), remplie de violence (Gen 6.11 ), débordante de corruption
(Gen 6.12). C'est à propos d'elle que Dieu déclare: Mon
Esprit ne restera pas à toujours dans l'homme (Gen 6.3), ce qui peut
aussi se traduire par: Mon Esprit ne contestera pas à toujours dans l'homme.
La Colombe, qui donne en note cette traduction, ajoute en guise de commentaire: «pour
le défendre de lui-même».
Là où l'apostasie sévit, le Saint-Esprit quitte
la scène, cf Ez 8.6; 10.18; 11.23, en contraste avec Prov 1.23. Il n'agit
plus comme un frein par rapport à l'iniquité.
Ce retrait est un jugement.
Pour certains commentateurs, II Thes 2.7
pourrait être une allusion à ce retrait de l'Esprit, sans que cela épuise
le sens du passage.
Bien sûr, nous ne suggérons pas que les opérations
de l'Esprit cessent d'une façon
absolue en vue du salut des individus. Nous parlons d'un jugement sur
la société. Nous n'excluons donc pas que, même au sein d'une société apostate,
le Saint-Esprit puisse agir en réveil ici et là. Mais cette visitation
de grâce aura forcément un caractère limité.
A ceux qui rêvent d'un réveil
mondial aujourd'hui, un simple rappel, qui doit porter à la réflexion.
Le Seigneur, à la fin du sermon prophétique, met justement en parallèle
la période qui précédera l'
avènement du Fils de l'homme avec le temps de Noé (Matt 24.36-39).
Cela ne nous dit- il rien?
Et dans l'Evangile selon Luc, le parallèle
s'étend au temps de Lot, avec
le jugement sur Sodome, Luc 17.28-30.
Dans les deux cas, il s' agit non
de grâce mais de jugement sur des sociétés pourries jusqu'à la moelle...
exactement comme la nôtre
!
b) Le caractère irréversible du mal en temps d'apostasie
Sur ce qui précède, on pourrait m'objecter deux choses. La première, c'est
que l'homme a toujours été mauvais et que l'humanité a connu bien d'autres époques
de corruption et de ténèbres profondes: par exemple, l'état moral au sein de
l'empire romain au moment du démarrage de l'annonce de l'Evangile et de la naissance
de l'Eglise de Jésus-Christ.
J'en conviens mais signale d'autre part qu'à vouloir tout
niveler l'on va contre le témoignage de l'Ecriture. S'il est vrai, en
un sens, qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil, il serait abusif
de prétendre que cette parole de l'Ecclésiaste englobe tout le message de
la Bible. Celle-ci nous parle aussi d'un progrès du mal. Les choses
ne sont ni statiques, ni simplement cycliques. Le mystère de l'iniquité agit
déjà écrit l'apôtre,
II Thes 2.7, ce qui implique un développement, une maturation à travers les âges
pour aboutir à la manifestation de l' homme du péché (II Thes 2.3).
De son côté, Jean nous dit: Il y a maintenant plusieurs antéchrists, mais
cela ne l'empêche pas d'annoncer en même temps qu'un Antéchrist vient (1
Jean 2.18), qui les dépassera tous.
Il y a donc une montée de l'iniquité vers
un certain sommet, une crue
indéniable du mal vers «la cote d'alerte» .
Jésus-Christ lui-même en Matt
24 parle d' une intensification de la séduction et d'un accroissement de
l'iniquité au
fil du temps, Matt 24.11, 12,24,25.
Paul affirme: Les hommes méchants
et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres
et égarés eux- mêmes (II
Tim 3.13).
Les choses ne sont donc pas toujours parfaitement égales à elles-mêmes.
S'il y a constance dans le mal, il y a aussi progression.
La seconde objection que l'on peut me présenter, c'est que, faire de
la corruption ambiante un argument contre la possibilité d' un réveil, trahit
une conception fort défectueuse des réveils : ne sont-ils pas donnés justement
pour contrer la corruption, pour freiner le mal, pour le faire reculer? L'Esprit
de Dieu agit au milieu de l'iniquité pour délivrer du mal et le vaincre, et
non dans «un champ aseptisé»...
Ici encore, je ne peux qu'approuver, mais tout
en ajoutant: «aussi longtemps que le mal a un caractère réversible».
Car
l'Ecriture elle-même nous enseigne que le mal atteint parfois le stade
où il
est sans remède, où rien ne le fera déboucher sur la repentance,
même
sous les pires jugements. Il suffit de lire Apocalypse 16, avec
son terrible refrain: Ils blasphémèrent le nom de Dieu. ..et
ils ne se repentirent pas pour lui donner gloire (v.9. cf II,21).
Sous l' apostasie, le mal n'est plus réversible. On ne peut plus
inverser le sens de la marée. Hébreux 6.4 à 8
et 10. 26-31 nous atteste solennellement «un point de non-retour» pour
des individus qui rejettent sciemment, malignement et définitivement
la vérité de
l'Evangile: Car il est impossible... qu 'ils soient encore renouvelés
et amenés à la repentance, puisqu'ils crucifient pour leur part
le Fils de Dieu et l'exposent à l'
ignominie ( 6.4-6, cf Héb 10.26-27). Cette vérité peut, dans
une grande mesure, s'appliquer aussi à une société comme la nôtre,
où l'abandon délibéré de Dieu s'affirme de jour en jour - dans
le domaine de la foi et de l'éthique - où un massif mouvement de
défi à ses lois et à ce qu'Il a institué pour le couple, la famille,
la cité, l'Eglise, prend l'allure d'un «tumulte» universel,
cf Ps2.1.
N'oublions pas que notre culture est entrée dans un
moule qui
la prépare à accueillir l'Antéchrist - l'homme «sans loi» par
excellence, l'ANOMOS - et que lorsqu'il sera là tous les habitants
de la terre l' adoreront, ceux dont le nom n'a pas été écrit, dès
la fondation du monde, dans le livre de vie de l'Agneau, qui a été immolé, (Apoc
13.8) (3).
A l'exception des élus, gardés par la puissance de Dieu
et par la foi pour
le salut prêt à être révélé dans les derniers temps (1 Pi 1.5)
-c'est-à-dire pour le glorieux avènement du Seigneur - l'immense
masse humaine succombera au redoutable envoûtement de l'esprit
d'Antéchrist et l'accueillera, lui, en personne, comme son dieu.
L'apostasie - dans le sillage de laquelle l'Impie apparaît, cf
II Thes 2.3 - aura conditionné l'humanité pour
cela.
c) La disparition du consensus chrétien
Rappelons ici que c'est dans le cadre d'un vaste consensus chrétien - je veux
dire dans une culture fortement marquée, imprégnée par le christianisme
biblique,
par ses vérités, ses certitudes, ses valeurs - que se sont produits en Occident,
au cours des siècles passés, les grands réveils, à commencer par la Réforme.
Mais, vers le milieu de notre siècle, tout a basculé (il y a naturellement
eu une longue période d'incubation), au point que l'on a pu forger pour nos
temps la formule de «société - ou culture - post-chrétienne». Cela veut dire
que notre civilisation a franchi un cap décisif et pris un très dangereux
virage.
Que cela nous plaise ou non, le consensus chrétien a disparu, par
abandon volontaire de la révélation biblique, et ce qui l'a remplacé, c'est
un consensus païen.
Ce néo-paganisme dans lequel nous baignons et dont
le Mouvement du Nouvel-Age est le fer de lance et le porte-drapeau, est
pire que le paganisme primitif, né de l'ignorance (cf Actes 26.17- 18),
car il est le fait d'une société «éclairée», où le flambeau de l'Evangile
a brillé, mais qui a résolument rejeté la lumière reçue
et foulé aux pieds le Fils de Dieu (Héb 10.29).
Et cela a eu comme
point de départ - parmi d'autres facteurs - l'effondrement de la foi
dans les grandes Eglises historiques issues de la Réforme, qui ont renié (4) les vérités fondamentales de l'héritage chrétien,
de la doctrine apostolique, elles qui auraient dû garder le bon dépôt, cf
II Tim. 1.14.
Aujourd'hui, emportées par le syncrétisme oecuménique,
on les voit tendre les bras non seulement aux systèmes monothéistes -
toujours ennemis de l'Evangile du Fils de Dieu et de la grâce, l'Islam
et le Judaïsme - mais aux religions païennes. Leur partenaire oecuménique,
l'Eglise Catholique romaine, en fait autant d'ailleurs, mais avec plus
de subtilité.
Au milieu d'une telle unanimité dans l'abandon de la foi,
d'une telle prostitution à l'esprit souillé du monde, d'un tel délire
spirituel, un réveil mondial est-il concevable? Répondre par la négative
n'est certes pas le signe de l'incrédulité, mais d'une juste appréciation
de la sainteté de notre Dieu. Si les fautes des chrétiens attristent
et même éteignent
l'Esprit Saint, quel outrage ne constituera pas la réalité horrible
de l'apostasie (cf Héb.10.29).
Si Jésus-Christ pouvait menacer Jérusalem,
incrédule et rebelle, que le temple dont les Juifs se glorifiaient serait
laissé désert, Mat. 23.38, vide de la présence du Dieu saint, il est
impossible de concevoir que le Saint-Esprit cohabite avec l'apostasie
et que sa puissance s'y manifeste en grâce.
Le retour contre nature,
dans une société christianisée, des philosophies, religions et pratiques
païennes -dont le centre opérationnel est une légion d'esprits immondes
dans la sphère invisible - nous montre que nous sommes probablement entrés
dans le crépuscule du temps de la grâce et que le monde est mûr
pour la moisson et la vendange dont parle Apoc 14.14-20.
Et il ne s'agit
pas d'une moisson d'âmes sauvées - comme celle qui a marqué l'effusion
historique de l'Esprit le jour de la Pentecôte et toute l'histoire de
l'Eglise et de la Mission chaque fois que s'est produit un réveil - mais
de la moisson du jugement sous la colère
de Dieu.
d) La seule attente bibliquement fondée: la visitation de l'esprit d'erreur.
A lire en toute objectivité les passages prophétiques du Nouveau Testament, l'on
ne peut raisonnablement s'attendre à un réveil d'amplitude mondiale dans les
temps qui précèdent et annoncent la fin. En revanche, ce que l'Ecriture prophétise
de façon tout à fait explicite, aussi bien en Matt 24 qu'en II Thes 2 et Apoc
13.11- 17, c'est une visitation spectaculaire et massive de la séduction orchestrée
et dynamisée par Satan lui-même.
Ainsi que le disait un serviteur de Dieu, la
seule «Pentecôte» à laquelle nous devions nous attendre, c'est une «Pentecôte
satanique», l'anti-réveil venant d'en bas et non d'en haut.
Mais attention!
Si cette visitation se fait «par la puissance de Satan» - pour introduire
et accompagner l'Antéchrist avec une formidable démonstration
de miracles, de signes et de prodiges mensongers, II Thes 2.9-10, cette
démonstration a lieu sous l'autorité de Dieu et est un expression de son
jugement. En
effet, c'est lui qui «envoie» la puissance d'égarement, et Il le fait pour
exécuter
un jugement, v .11 et 12.
En conclusion, loin d'être le signe avant-coureur
d'un réveil mondial selon
l'Esprit, le déploiement actuel du «miraculeux» (mensonger) à travers
le monde dans des églises qui ont perdu la seule boussole donnée
de Dieu - l'Ecriture - traduit une sentence divine d'aveuglement sur
une chrétienté infidèle (5) et une société apostate (cf Es 29.9-10).
Bref, beaucoup se trompent d' attente!
P.-A.D.
Note :
1 Pour un traitement plus approfondi, consultez «Actualités Evangéliques», No
65, juin 1995- Paul Ranc
2 Ce qui se passe en Actes 8 avec les Samaritains, en Actes 10 avec des non-
juifs, en Actes 19 avec les douze disciples de Jean-Baptiste, ne sont que trois
moments du même et unique acte fondateur, Pour des raisons circonstancielles,
l'effusion historique ne pouvait pas atteindre tous les groupes en même temps,
3 On peut aussi traduire: «sur le livre de vie de l'Agneau immolé dès la fondation
du monde» (Colombe, Segond révisée},
4 Le reniement n'est pas forcément à visage découvert, ni explicite, Il suffit
de vider les termes théologiques de l'Evangile de leur sens originel, de leur
substance,
5 L'effondrement de la foi au sein de la chrétienté et l'égarement actuel d'un
grand nombre d'églises, n'ébranlent nullement notre conviction que Christ continue à bâtir
son Eglise et qu'Il mènera son oeuvre jusqu'à l'achèvement. |
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