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Sommaire du n° 125 jul - sep 1998

 



S'arrêter pour mieux avancer

Claude-Alain PFENNIGER

Un peu ralentir... faire une pause... décrocher... oublier le stress, les délais, le rythme implacable de la vie moderne... s'arrêter, souffler, prendre du recul. Se ressourcer, se retrouver. Combien d'entre nous, combien de millions d'individus surmenés ne rêvent-ils pas d'une telle halte - et s'inquiètent d'organiser des vacances d'été plus reposantes que les précédentes?

Quelqu'un a dit que le propre de l'intelligence, c'est la capacité de s'arrêter. En effet, réfléchir demande une attention, une concentration, qui ne peuvent se manifester sans une mobilisation volontaire de tout l'être, sans une immobilisation de tout ce qui, en nous, souhaiterait s'éparpiller vers d'autres centres d'intérêt.
Dans cette perspective, s'arrêter devient une noble expérience, prélude à un regroupement de notre moi écartelé, à une meilleure conduite de notre vie. Pourtant, tout arrêt n'est pas forcément salutaire. La Bible nous enseigne à établir ici quelques distinctions.

L'apôtre Paul a été contraint de demander aux croyants de Galatie: "Vous couriez bien: qui vous a arrêtés pour vous empêcher d'obéir à la vérité? Cette influence ne vient pas de celui qui vous appelle" (Gal 5. 7,8 ). Il fait écho à une autre question, posée antérieurement: "O Galates dépourvus de sens! Qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été peint comme crucifié?" (Gal 3. 1 )

L'histoire de l'Eglise a été infestée par l'activité des faux prophètes, par l'intrusion des fausses doctrines, par la puissance paralysante de l'esprit du monde. Ces poisons mortels ont éloigné bien des croyants de la simplicité de l'Evangile, et les ont arrêtés dans leur marche avec le Seigneur. Ne risquons-nous pas nous aussi, si nous nous laissons prendre, de nous retrouver bloqués dans quelque désert stérile? Mais qu'adviendra-t-il si ceux qu'on devrait voir marcher, courir, combattre aux côtés du divin Maître pour propager l'Evangile sont neutralisés et disqualifiés? Au moins ceci: le Diable s'en frottera les mains.

Existe-t-il un remède à cette immobilité peu enviable?

Sûrement, car le Seigneur n'est jamais à court de moyens. Il peut transformer notre errance en un temps d'arrêt salutaire, en une occasion de réflexion, de retour à la Parole, de rafraîchissement spirituel. Dieu n'a-t-il pas opéré des ouvres décisives dans la vie de ses enfants alors que ces derniers se trouvaient comme provisoirement hors jeu? Songeons à Jacob lors de la nuit de Peniel, à Moïse devant le buisson ardent, à Elie au torrent de Kerith, au peuple d'Israël tout entier, que Dieu a si souvent attiré au désert pour parler à son creur (Osée 2. 16ss), aux disciples d'Emmaüs (Luc 24. 13-35 ), à Paul en Arabie (Gal. 17 ), à Jean à Patmos (Apoc 1. 9-20 ), pour n'en citer que quelques-uns.

Si donc nos arrêts, ceux que nous nous réservons ou ceux qui nous sont imposés, sont visités par le Seigneur, ils deviendront du temps gagné. A nous qui peut-être ressentons la fatigue physique ou la lassitude morale, à nous qui souffrons de sécheresse spirituelle, le Bon Berger réserve une bienfaisante mise à l'écart. Laissons-nous seulement inspirer par l'exemple de Marie qui avait choisi de s'arrêter aux pieds du Seigneur pour l'écouter, au lieu de se noyer dans l'activisme de sa sour Marthe (Luc 10. 38-42 ).

Les rédacteurs de Promesses vous souhaitent, à vous chers lecteurs qui disposerez bientôt d'un temps de vacances librement choisies, ou qui serez peut-être contraints à une forme de repos forcé, de mettre à profit ce temps pour Le rencontrer. Si vous avez subi des influences négatives sans en être conscients, qu'Il puisse vous le révéler. S'il y a des péchés à confesser, confessez et abandonnez-les. S'Il vous a préparé une nourriture spirituelle à assimiler, ne vous en privez pas. S'Il veut vous enseigner à marcher de manière plus étroite avec Lui, croyez que vous allez réellement progresser. Si votre premier amour a disparu, laissez-Le vous reconquérir.

Ainsi vécus, nos arrêts nous seront en bénédiction, et nous retrouverons le souffle nécessaire à notre course terrestre, qui n'est pas achevée: "Je fais une chose: oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus-Christ" (Phil 3. 13b,14 ).

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