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EDITORIAL
PARADOXES DE LA VIE
CHRETIENNE
Henri LÜSCHER
La logique de Dieu n’est pas celle des hommes. L’Eglise
est en danger constant de se laisser pénétrer par les concepts
contemporains, par la logique des hommes. Nos premiers parents, séduits
par les subtilités mensongères du diable, ont désobéi
à Dieu, entraînant ainsi toute l’humanité dans
le péché, la souffrance, et la mort spirituelle et physique.
Il a fallu l’intervention divine constante pour accomplir ses desseins
bienveillants en son Fils Jésus-Christ, notre Sauveur. Puis, dans
sa grâce souveraine, Dieu a envoyé le Saint-Esprit pour former
l’Eglise de Dieu, Corps de Christ, composée de tous ceux
qui se sont repentis et ont cru en Jésus-Christ, leur Sauveur.
Et, dans le futur, Dieu, dans son plan rédempteur souverain, continuera
à contrôler et à diriger l’Histoire - celle
des hommes, des nations, de l’Eglise et de son peuple d’Israël
jusqu’au point culminant du retour glorieux de Christ. Alors, Il
jugera le monde et établira son royaume terrestre de mille ans,
où enfin la justice et la paix régneront.
Tout au long de l’Histoire, la logique de Dieu a été
un paradoxe pour l’esprit humain. Nos dictionnaires déclarent
qu’un «paradoxe» est «contraire à l’opinion
commune». Pour Kant, c’est le conflit entre les lois de la
raison pure. Pourquoi donc ces contradictions apparentes? Parce que le
péché a tout gâté et que Dieu, dans sa grâce
infinie, intervient constamment pour ouvrir les yeux de ceux qui sont
éblouis par la logique des hommes.
La logique de Dieu heurte constamment nos mentalités, nos concepts,
parce que l’Evangile est voilé «pour les incrédules
dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence,
afin qu’ils ne voient pas briller la splendeur de l’Evangile
de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu» (2 Cor 4.4).
Or le chrétien, né de Dieu, est appelé à «se
dépouiller… de la vieille nature qui se corrompt par les
convoitises trompeuses, à être renouvelé par l’Esprit
dans son intelligence, et à revêtir la nature nouvelle, créée
selon Dieu dans une justice, et une sainteté que produit la vérité»
(Eph 4.22-24). La dissipation de ces paradoxes apparents gît dans
notre identification en la mort et en la résurrection du Christ.
Ce renouvellement de notre entendement, de notre mentalité, est
un combat constant, et nous aide à surmonter ces paradoxes dans
l’optique divine.
Notre dossier aborde un domaine délicat qui préoccupe
l’Eglise: le paradoxe entre l’Eglise primitive des «apôtres
et prophètes », et l’Eglise souffrante et faible aux
yeux du monde. Beaucoup de questions nous parviennent concernant «l’évangile
de la prospérité», les miracles et les guérisons.
Une tendance à un certain triomphalisme évangélique
mû davantage par les sentiments et les expériences que par
la réflexion et la méditation sérieuse de la Bible
risque d’ignorer la réalité des paradoxes de la vie
chrétienne.
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