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Editorial
- MOI
- MES SOUFFRANCES
- DIEU
Claude-Alain PFENNIGER
« L’homme naît pour souffrir, comme l’étincelle
pour voler » (Job 5.7)
… mais que de cris, que de questions, que de soupirs s’envolent
vers le Ciel lorsque la souffrance fait parler l’homme : « Comment
Dieu peut-il soutenir le spectacle de ses créatures décimées
par des fléaux en tous genres ? Pourquoi la corruption, l’oppression
des plus pauvres, la violence semblent-elles prospérer? Jusqu’à quand
les ravages des sadiques, des pervers, des pédophiles, et des marchands
de sexe ? » Autant d’expressions souvent légitimes du scandale
de l’interminable souffrance humaine.
Mais ce n’est là que la pointe de l’iceberg. L’essentiel
du drame reste enveloppé d’un épais mystère. Cerner
les causes, la nature, les symptômes de la souffrance en termes exacts
est sûrement la plus aléatoire des entreprises. Ne suis-je pas
prêt, selon les circonstances, à relativiser la souffrance des
autres, à estimer certaines souffrances méritées, et d’autres
injustes ; certaines dérisoires, mais d’autres intolérables
? Me voilà amené à établir des catalogues, à justifier
certains maux, et à en dénoncer d’autres. Me voilà à la
place de Dieu…mais aussi renvoyé à mes propres incohérences, à mon
indifférence, voire à ma cruauté. Bref, à mon incompétence
en la matière.
Or la Révélation divine ne me propose rien de moins qu’un
regard neuf sur ce chapitre. Elle m’ouvre une porte sur l’origine
de la souffrance, qu’il faut relier à l’entrée du
péché dans le monde. Elle me prévient contre les faux
diagnostiques, contre les amalgames dangereusement simplificateurs (cf. Jean
9.1-3). Elle trace le plan divin d’éradication définitive
de toute forme de souffrance. Enfin, elle me dévoile la souffrance de
Dieu, le vrai sens des souffrances de Christ, auxquelles la majorité des
hommes ne prêtent aucune attention, ou alors une attention suspecte et
morbide (c’est le cas du dernier film de Mel Gibson sur la Passion de
Jésus). Dans la juste compréhension du combat de Dieu contre
tout ce qui m’afflige (même les plus petits coups de blues) réside
ma paix, et en germe, la force d’entrer à mon tour dans ce combat
avec, en ligne de mire, la victoire sur toute forme de mal.
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