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"Comme ayant autorité
(Marc 1.21-28)
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Autorité de Jésus dans Marc 1 |
Autorité des scribes éclairée par Marc 7 |
La Parole vivante Convergent vers Jésus et attestent son autorité, la Loi et la prophétie (représentées par Moïse et Élie en 9.4) — et non seulement le témoignage des prophètes (1.3,7), mais aussi celui de Dieu lui-même, l’Esprit (1.10) et le Père (1.13). Comme l’a prédit Moïse (Deut 18.18), Dieu parle directement en chair et en os. Jésus est vraiment la Parole de Dieu. Mieux, Jésus est le salut qu’il professe (Jean 5.39) ! Par lui, tout devient clair ; sans lui, tout demeure incompréhensible, comme voilé. |
Leur tradition (méprise la Parole de Dieu) Leur enseignement n’est pas le fruit d’une méditation personnelle, mais une synthèse érudite d’opinions souvent contradictoires ! D’ailleurs, Jésus confondra leur connaissance de paille (12.35-37). En exaltant leur tradition1, les scribes relèguent au second plan l’autorité de la Parole de Dieu : « Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes » (7.8). |
La parole en action Jésus n’enseigne pas seulement, mais sa parole agit conséquemment. Parler avec autorité, selon Marc, c’est parler preuves à l’appui. Son évangile va certifier à 19 reprises l’autorité du Maître en illustrant sa puissance sur la maladie, la nature, les démons, sur la mort, voire le pardon du péché (2.5) ! A messager divin, message exceptionnel, signes éclatants ! Bien que l’Évangile selon Marc dépeigne un Jésus tout en actions, celles-ci ne sont pas gratuites : elles interprètent ce qu’il enseigne, tout comme son enseignement interprète ses actions (ex. : 2.10). |
Leurs théories (abolissent l’obéissance à Dieu) Les scribes se complaisent dans des systèmes spéculatifs leur évitant d’obéir au véritable commandement de Dieu (12.28-31). Leur méthode déroute : une telle quantité d’opinions discordantes neutralise le but pratique pour lequel la Parole est révélée. Ils n'incitent pas le peuple à obéir à Dieu, mais à leurs rituels… Mortel troc ! D’ailleurs, leur piété de surface n’est aux yeux de Dieu que du vent (7.7), simple apparence (12.40). En exaltant leur tradition, ils anéantissent l’autorité de la Parole, sa puissance de vie : « annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie » (7.13). |
En conséquence, Israël a perdu sa dignité de peuple élu, le ministère (ou sacerdoce) confié par Dieu pour guider les nations (Ex 19.6). A cause de ses responsables, le peuple est mort spirituellement et moralement, préférant ses penchants naturels à l’alliance de vie : « Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance. Puisque tu as rejeté la connaissance, je te rejetterai, et tu seras dépouillé de mon sacerdoce » (Os 4.6).
Les scribes devaient réveiller le peuple, ils l’ont décimé. « Malheur au pasteur de néant, qui abandonne ses brebis ! » (Zach 11.17a). Malgré l’habit religieux, scribes et « responsables spirituels » semblent aussi coupables que ce démon (cf. 1 Cor 2.8). Leur contre-exemple nous interroge : risquons-nous un tel danger ? Comme le craint un prédicateur, pourrions-nous répondre un jour à un envoyé de la grâce : « Qu’avons-nous à voir avec toi ! » ?
La Bible parle d’un jugement qui commencera par la maison de Dieu, pour qui aura porté son autorité en vain. Jésus nous avertit du constant besoin d’être réveillés de notre torpeur (14.38). Dans sa grâce, il envoie des hommes « marteler » la vérité (Jér 23.29)2. Eux-mêmes sont appelés à se juger pour ne pas être jugés : quand je prêche, entend-on le héraut de Christ ou un fonctionnaire de la Bible ? Mes œuvres montrent-elles la lumière de Dieu (Mat 5.16) comme Israël voyait Moïse rayonner la gloire divine (Ex 34.34s) ? Ces avertissements effrayants sont en réalité une belle chance pour nous de réagir pendant le temps qui reste.
C’est que l’enjeu est de taille : sans Christ, une réunion d’église a-t-elle encore du sens ? Quand ses responsables délégués guident un peuple éveillé vers Christ, c’est l’Évangile qui avance. Combien d’hommes de Dieu, à travers les siècles et aujourd’hui encore, par leur peine, leur douleur et leur persévérance ont témoigné leur amour du Seigneur et leur souci pour les brebis qu’il leur a confiées ! Hélas, combien s’épuisent, ou se font piéger par la tradition, ou par le confort de leur position. Ne sont-ils pas souvent injustement chargés de tâches qui les éloignent de leur vocation (Act 6.4) ? Un serviteur de Christ saura les décharger (Gal 6.2,6) ; ne le sommes-nous pas tous ? Sachons les encourager à nous encourager !
Contre le pouvoir anesthésiant d’une tradition sans Esprit, seul Christ transcende notre parole (Col 2.8). Jésus est notre autorité. En lui, nous ne possédons pas l’autorité apostolique pour ajouter à l’Évangile3, mais celle qui donne le droit de le proclamer et de le faire respecter. Dieu a appuyé la prédication des Réformateurs car ils savaient de qui ils parlaient, quand d’autres répétaient machinalement des paroles qu’ils ne comprenaient plus (Mat 6.7 ; 2 Cor 3.14). Comment bénéficier de cette autorité et de cette puissance ?
En demeurant dans la Parole vivante de Dieu. Notamment par l’immersion dans sa Parole écrite (Héb 4.12). Centre de la révélation, Jésus l’éclaire. Sans Christ, la Bible a-t-elle encore du sens ? Interprète par excellence de la Parole de Dieu, il est cette Parole. L’efficacité d’un témoignage, d’un encouragement, ou d’une prédication repose en Jésus (cf. 1 Thes 2.13), sur la base d’une étude systématique sérieuse, personnellement méditée (1 Tim 4.13-16 ; Jos 1.8 ; Ps 1.2 ; 119.99 ; etc.). Sola scriptura : la Bible suffit, qui enseigne une vie en règle avec Dieu et les hommes. En cela, son autorité vaut toutes les lettres de créance4.
Contre la facilité illusoire d’une doctrine sans chair, seule compte une parole suivie d’actes conséquents d’amour (1 Jean 3.18 ; Gal 5.6). Je suis le premier acteur de mon enseignement.
Certaines contradictions sont dévastatrices, surtout au service de Dieu (Tite 1.16). Combien de chrétiens abandonnent leur assemblée à cause d’un décalage accablant entre les mots et les actes ! Il n’est pas aisé pour le chrétien, prédicateur ou non, d’espérer écoute et obéissance sans montrer l’exemple. Pire, si ses actes « parlent plus fort que ses paroles », selon l’adage.
Autre chose oppose Jésus et les scribes : son infaillible compassion (3.20 ; 6.34) et leur indéniable égoïsme, hypocrite au point de subordonner la sagesse divine à leur gloire personnelle, la vérité éternelle à l’opinion populaire : c’est particulièrement frappant lorsque la question de l’autorité est explicitement posée en Marc 11.27-33.
Contre la norme ambiante (Rom 12.2a), Jésus enseigne une autorité dans l’humilité du service mutuel (10.42-45). Héritiers avec Christ, nous sommes d’autant plus serviteurs que nous avons toute légitimité d’annoncer la meilleure nouvelle de tous les temps. Prendre la parole ne donne pas droit à l’autorité, mais notre autorité en Christ donne le devoir de parler. Celui qui voit guide l’aveugle, et sert selon son degré de connaissance (Rom 12.3ss ; 1 Cor 15.10).
Face à ce triple choix — tradition ou Écriture, théorie ou obéissance, égocentrisme ou compassion — résumons ainsi : s’il veut que sa parole soit puissante, que celui qui parle fonde son autorité sur le modèle d’humilité de Jésus en sachant de quoi et de qui il parle et en le prouvant dans ses actes, développant un amour sincère pour son interlocuteur.
Que notre présence dans ce monde à l’agonie transmette ainsi la vie de Christ qui fait croître son corps en quantité — dans la justification — et en qualité — dans la sanctification.
Soli Deo gloria !
1 La tradition biblique
(2 Tim 2.1-2 ; Tite 2.1) est bonne, mais le danger survient quand
les ajouts ecclésiastiques tentent de la dominer. Cf. F. Horton,
« Les sources de notre connaissance », Promesses,
126, 1998/4, p. 11-23.
2 Sans confondre exhortation constructive et reproche acerbe ! La douceur
enseigne aussi bien (Phil 4.5 ; Mat 21.5 ; 1 Cor
4.21 ; Gal 5.23 ; 6.1 ; 1 Pi 3.16 ;
etc.) ! Elle frappe d’autant plus que ce monde n’y est pas habitué !
3 Nous ne sommes pas Jésus,
et un homme ou une église ne sauraient se prévaloir d’une succession
apostolique pour imposer sa propre autorité. L’autorité de la Bible,
seule tradition apostolique fiable de l’enseignement de Jésus, est
notre référence supérieure. Dans ce sens, Jésus n’est pas un modèle
à imiter, comme le diable qui cherche à le singer.
4 Luther,
fort de l'autorité apostolique à laquelle il se référait, a
pu ainsi avertir sa haute autorité ecclésiastique. Encore aujourd’hui,
avec l’autorité de la Parole, nous avons le privilège d’amener à la
repentance nos « scribes » ou « papes évangéliques ».
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Sommaire
du no 154 Dossier : Editorial 3 Le cadeau royal de l’indigente
Marc 12.41-44 4 Comme ayant autorité et
non pas comme les scribes Marc 1.21-28 5 Jésus plus fort que
la tempête Marc 4.35-41 6 Une guérison en deux étapes
: Marc 8.22-26 7 Questions exégétiques
dans l’Évangile de Marc Témoignage Histoire de l'Eglise 10 « Tu es le Christ » Marc
8.27 |