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L'église : une vie d'équipe Michel Bohrer
IntroductionRetraçons un épisode de la vie d’un pasteur de Californie, du nom de Raymond Ortlund. Dans l’église dont il avait la charge, il avait appris à ne pas agir seul. Il disait ceci : « Dans l’église, nous travaillons uniquement en groupe. Et les décisions sont prises au niveau du groupe. » Un jour, la société missionnaire Wycliffe l’avait invité à être l’orateur de la rencontre des missionnaires en Amérique du Sud. Quelle était sa réponse ? « Je viendrai si je peux venir avec une équipe. Quant aux finances nécessaires, Dieu pourvoira d’une manière ou d’une autre. » Quatre personnes avaient fait partie de l’équipe : le pasteur, sa femme, et deux frères (un doyen d’une école et un dentiste). Pour reprendre les paroles du pasteur, « Dieu les a pétris jusqu’à ce qu’ils deviennent une même pâte. » Ainsi, les quatre se sont rencontrés chaque jour pour prier, planifier, rire, pleurer, et invoquer Dieu. « Nous étions quatre bouches avec un seul message… Durant les rencontres avec les missionnaires, l’un ou l’autre d’entre nous pouvait prendre la parole… Nous étions le corps de Christ en action. » C’est alors qu’ils découvrirent pourquoi ils étaient là. Les missionnaires de la Wycliffe de Colombie et de Panama avaient donné leurs vies à Dieu, afin qu’il soit le premier dans leurs vies. Ils étaient également pleinement engagés au niveau de l’évangélisation. L’objectif de leur mission était d’apporter la Parole de Dieu à des tribus qui n’avaient jamais entendu l’évangile, dans leurs propres langues. Mais qu’en était-il de leur engagement au sein du corps de Christ ? Bien que travaillant ensemble dans la même mission, partageant les mêmes objectifs, ces missionnaires travaillaient et vivaient en solitaires. L’équipe des quatre — le pasteur, sa femme et les deux autres frères — ont partagé avec ces missionnaires comment le Seigneur était en train de les former en une équipe unie. Cela signifie : « J’ai une responsabilité envers toi, et tu en as une envers moi…Tout ce que j’ai est à toi… Voilà où je suis faible et où j’ai besoin d’aide… j’ai besoin que tu pries pour moi et avec moi… » La réponse de ces missionnaires : « Comment pourrais-je avoir le temps de faire tout cela ? Je n’ai déjà pas assez de temps pour faire mon travail ! » Savez-vous ce que répondirent nos quatre frères ? « Alors remettez vos objectifs à plus tard. Le corps de Christ vient en premier — votre épouse, vos enfants, votre voisin isolé, votre ami qui souffre… » Le matin du 8e jour, alors que les missionnaires se réunissaient, Dieu est intervenu, ayant fondu l’équipe missionnaire en une réalité du corps de Christ. Les chrétiens ont exprimé leur amour les uns pour les autres. Ils ont demandé pardon pour les blessures du passé. À travers les larmes et les rires, ils ont laissé sortir ce qu’ils avaient enfoui au plus profond d’eux-mêmes pendant si longtemps : leurs joies, leurs peines, leurs aspirations. Puis ils ont prié les uns pour les autres. Alors une compassion authentique, un amour vrai pour les tribus indiennes a été rallumé. Conclusion :L’Église, à la base, n’est pas une organisation, mais un organisme. Ceci a de nombreuses implications, quant à la vie d’église. C’est ce que nous allons examiner maintenant. I. Pour un bon fonctionnement de l’Église : Un seul chefDans une équipe sportive, il y a un capitaine et des joueurs (pas de spectateurs) ; chacun a un rôle à jouer. Dans l’église, qui est le capitaine de l’équipe ? Pas le pasteur, ni les anciens, mais Jésus-Christ ! Redonnons-lui la première place qui lui est due ! Jésus-Christ est l’unique chef (« tête ») de l’Eglise : « Il a tout mis sous ses pieds, et il l’a donné pour chef suprême à l’Eglise, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. » (Éph 1.22-23) Souvent, les églises donnent trop de place aux dirigeants humains, et trop peu à Christ, la seule tête de l’Église ; or le titre « chef de l’Église » n’est pas un titre honorifique. A. Le terme « tête » dans la BibleDans l’A.T., le terme « tête » (chef) s’applique à des dirigeants humains. L’organisation est de type hiérarchique. Moïse dit : « Je pris alors les chefs [héb. rosh] de vos tribus, des hommes sages et connus, et je les mis à votre tête comme chefs de mille, chefs de cent, chefs de cinquante, et chefs de dix, et comme ayant autorité dans vos tribus. » (Deut 1.15) Dans le N.T., le terme « tête » (chef) est employé principalement pour Jésus, la tête de l’Eglise. Il est aussi employé quelquefois pour le mari. Par contre, il n’est jamais utilisé pour désigner un dirigeant de l’église. B. Un passage clé dans les EpîtresQuelques extraits d’Éph 5.21-30 aideront à préciser cette notion de « chef »: « Vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. Femmes, que chacune soit soumise à son mari, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Eglise qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or de même que l’Eglise est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l’être à leur mari en toutes choses. Maris, que chacun aime sa femme, comme Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l’eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. C’est ainsi que le mari doit aimer sa femme comme son propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime lui-même. Car jamais personne n’a haï sa propre chair, mais il la nourrit en en prend soin, comme Christ le fait pour l’Église, parce que nous sommes membres de son corps1. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église. Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même, et que la femme respecte son mari. » Christ est notre modèle. Comment agit-il en qualité de chef ? - Il a un rôle de Sauveur (v. 23). Conclusion :Diriger, c’est avant tout renoncer à soi pour servir ceux dont nous avons la charge. II. Pour un bon fonctionnement de l’Église : Des dirigeants compétentsQu’entend-on par « compétents » ? Sont-ce des dons exceptionnels, une personnalité hors du commun ? A. Quelle est l’identité des dirigeants ?Ce sont des dirigeants-serviteurs
B. Quelle est la méthode des dirigeants ?
C. Quelle est la mission des dirigeants ?Le NT est unanime : Ils doivent répondre aux besoins spirituels des croyants, en les nourrissant et en les équipant :
Mais un des rôles essentiels des responsables d’église est d’aider les membres à développer des relations harmonieuses avec Dieu, ainsi que les uns avec les autres.
Notre responsabilité est de conduire les croyants à mieux connaître Dieu, afin qu’ils puissent répondre par l’adoration. Tozer a dit à propos de l’adoration qu’elle est « le joyau manquant de l’Eglise ». L’adoration doit retrouver son vrai sens au sein de l’église. « A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ. » (Éph 3.20-21)
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