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Dossier
Le jour des expiationsLévitique 16Scott McCarty Dans l’A.T., les fêtes d’Israël, instituées directement par Dieu, symbolisaient des aspects importants de la rédemption éternelle du peuple de Dieu. Elles rappelaient les actes de délivrance divine du passé ; elles parlaient du pouvoir sanctifiant de Dieu pour la vie présente de la nation, et étaient enfin une anticipation de la victoire future du Messie sur le péché. Cet article traite de la fête du « Jour des Expiations », appelé aussi « Yom Kippour » ou « Grand Pardon ». Cette fête se déroulait le 10e jour du 7e mois du calendrier religieux juif (Tishri, soit en septembre-octobre). Yom Kippour était le couronnement de l’année religieuse, car c’était le jour où chaque Israélite ainsi que toute la nation reconnaissaient la nécessité d’une expiation, d’une repentance et d’un pardon pour leurs péchés de l’année écoulée. Cette fête donnait ainsi au croyant juif une conscience purifiée du passé pour regarder la nouvelle année avec espérance. C’était aussi le seul jour où le souverain sacrificateur avait le droit d’entrer dans le saint des saints, avec du sang à asperger sur le couvercle et devant l’arche. Cet article prend appui sur les événements solennels de cette journée particulière, telle qu’elle est décrite dans l’A.T., pour expliquer, à l’aide du N.T. et en particulier de l’Épître aux Hébreux, comment ils ont trouvé leur accomplissement dans notre Seigneur Jésus-Christ, le suprême souverain sacrificateur. L’Écriture définit cette cérémonie d’expiation annuelle par le mot hébreu « kippourim » (Ex 30.10 ; Lév 16.1-34 ; 23.27-32 ; 25.9 ; Nom 29.7-11) qui signifie « expiations ». L’expiation est à la fois l’effacement de l’offense causée au Dieu très saint et la purification de l’offenseur (cf. Ps 32.1 ; 99.8 ; 103.3 ; Osée 14.2 ; Néh 9.17). Cette doctrine vétérotestamentaire de l’expiation des péchés, est reprise et expliquée dans le N.T. La « propitiation » est une autre facette du salut, qui désigne l’apaisement, la pacification avec Dieu par un sacrifice (Rom 3.24-25 ; 1 Jean 4.10). Cet apaisement (Rom 5.1) détourne ainsi sa juste colère envers le pécheur et contre son péché (1 Jean 2.21 ). Ainsi, les deux Testaments enseignent que l’expiation (la suppression de l’offense) et la propitiation (la suppression de la colère divine) font partie intégrante du salut. Étudions maintenant le déroulement des activités
du Yom Kippour, telles qu’elles nous sont relatées en Lévitique
16. Rappelons-nous que le souverain sacrificateur en ce jour national
d’humiliation et d’expiation offrait des sacrifices pour lui-même,
pour toute la famille sacerdotale, pour le sanctuaire et pour toute la
nation — et cela à cause de tous les péchés
commis pendant l’année précédente. LES CÉRÉMONIES DU YOM KIPPOURVoici, en résumé, le déroulement des activités qui occupaient toute cette journée :• Les v. 1 à 10 sont un résumé en trois parties de l’activité du souverain sacrificateur (Aaron) dans ce rite. v. 1-2 : Dieu rappelle que les deux fils d’Aaron, Nadab et Abihu, avaient pénétré dans le lieu saint d’une manière impropre (Lév 10.1-2 ; Nom 3.4 ; 26.61) et qu’ils avaient été foudroyés par l’Éternel. Les règles énoncées en Lévitique 16 restreignent donc l’accès du saint des saints : 1° seul le souverain sacrificateur (Aaron, à l’époque) avait le droit d’y pénétrer, v. 3-5 : Le premier geste d’Aaron était de choisir et de mettre en réserve deux animaux (un taureau pour le sacrifice pour le péché et un bélier pour l’holocauste) qu’il allait sacrifier plus tard (v. 11-14). Puis, il devait aller s’habiller d’une manière simple et particulière afin de recevoir de la part de la nation deux boucs pour le sacrifice pour le péché et un bélier pour l’holocauste. Jusque-là, Aaron avait deux groupes d’animaux à sacrifier.
Les v. 6-10 sont un résumé de la première entrée d’Aaron dans le saint des saints avec le sang du taureau, afin d’accomplir l’expiation pour lui-même ainsi que pour sa propre tribu (tous les Lévites). Ensuite, il sortait pour prendre les deux boucs réservés pour la nation en vue d’accomplir une cérémonie particulière : Aaron choisissait par le sort un des boucs comme offrande pour le péché (cérémonie reprise au v.15) ; l’autre bouc était renvoyé (comme expliqué plus en détail dans les v. 20-28). • Les v. 11 à 14 reviennent sur la cérémonie d’expiation réservée à Aaron et à sa famille. Le sacrificateur égorgeait le taureau en réservant son sang pour faire plus tard l’expiation des péchés (v.14). Puis il prenait d’une main un brasier rempli de charbons ardents provenant de l’autel des holocaustes, et de l’autre main, il prélevait deux poignées de parfum (qu’il mettait sûrement dans un bol). Il entrait dans le lieu saint pour disposer les charbons et le parfum sur l’autel des parfums, produisant ainsi une épaisse fumée qui remplissait même le saint des saints2. Il ressortait pour prendre le sang du taureau, puis rentrait dans le saint des saints afin d’asperger sept fois le couvercle de l’arche avec le sang ainsi que le sol devant l’arche. • Les v. 15 à 17 nous informent qu’Aaron sortait alors pour égorger le bouc du peuple (v.9). Il prenait son sang, puis il entrait une nouvelle fois dans le saint des saints pour asperger l’arche — exactement comme il l’avait fait pour l’aspersion du sang du taureau (v.14). Cette cérémonie était nécessaire pour expier les souillures causées au sanctuaire par le va-et-vient des Israélites qui fréquentaient le tabernacle. Cette purification incluait aussi la « tente de la rencontre ou d’assignation », placée en dehors du camp, où l’Éternel avait l’habitude de rencontrer personnellement Moïse (Ex 33.7-11 ; 34.34,35 ; 18.13,21-26). Pendant cette expiation, nul spectateur n’avait le droit d’être présent. • Les v. 18 à 19 indiquent comment Aaron sortait du lieu très saint pour aller vers l’autel de l’holocauste3 pour le purifier et le sanctifier en prenant le sang du taureau (v. 3, 6, 11,14) et celui du bouc (v. 9,15). Il aspergeait sept fois les quatre cornes de cet autel. • Les v. 20 à 28 détaillent la fonction des quatre dernières cérémonies de cette longue journée : enlever tous les types de péchés commis par chaque membre de la nation, du souverain sacrificateur jusqu’au dernier du peuple :
• Les v. 29 à 34 sont une sorte de résumé
du Yom Kippour sous forme d’exhortation : LE SYMBOLISME DU YOM KIPPOUR SELON L’ÉPÎTRE AUX HÉBREUXLe système lévitique jouait le rôle de préfiguration des réalités spirituelles futures amenées par Jésus-Christ en tant que Souverain Sacrificateur. Les protagonistes du culte et leurs actes, les animaux sacrifiés, font ainsi office de « types », de « figures » de la rédemption future en Christ. Celui-ci a été lui-même le sacrifice parfait qui a réglé définitivement la question du péché et du salut éternel (7.25 ; 9.12) pour tout pécheur repentant et croyant (Act 20.21). Jusqu’à quel point le croyant de l’A.T. a-t-il compris les profondeurs des richesses spirituelles éternelles « cachées » dans le rituel lévitique ? Il est impossible de l’évaluer, mais heureusement, l’Épître aux Hébreux éclaire pour nous la supériorité de Jésus et de son œuvre rédemptrice par rapport au système lévitique (8.6). Cela nous amène à louer et à remercier Dieu pour la perfection de son plan de salut. Ni le souverain sacrificateur de l’A.T., ni les sacrifices d’animaux pour les péchés ne pouvaient régler définitivement la question du pécheur et de ses péchés (Héb 5.1-3 ; 9.8-10 ; 10.11). Toutefois, le rituel solennel du Jour des Expiations illustrait par avance dans tous ses détails la réalité présentée par l’Épître aux Hébreux. C’est grâce à sa vie et à son caractère parfaits que Jésus, Fils de Dieu, a pu s’offrir comme sacrifice acceptable au Père et assumer légitimement son sacerdoce selon Melchisédek (Héb 2.17-18 ; 4.14-16 ; 5.7-10 ; 7.26-28). Jésus-Christ fut à la fois le sacrifice parfait puis le souverain sacrificateur parfait (Jean 1.29 ; 3.16), seul capable de proposer un remède au péché, potentiellement pour toute l’humanité (Rom 3.23-24, 1 Jean 2.2) et effectivement pour les croyants (1 Tim 4.10 ; Rom 3.25). La nécessité, la réalité, l’utilité et l’efficacité du sang de Jésus-Christ sont soulignés pour mettre une fin définitive à la séparation des pécheurs d’avec leur Créateur (Héb 1.3c ; 2.17 ; 7.27c ; 8.3 ; 9.11, 12, 14, 22, 26-27 ; 10. 10,12, 14, 29 ; 12.2d, 24 ; 13.12, 20). Ce qui frappe, dans Lévitique 16, c’est le fait qu’Aaron a dû entrer et sortir du sanctuaire plusieurs fois pour régler provisoirement la question du péché pour la nation, tandis que Jésus a tout fait en une seule fois. Le croyant en Christ bénéficie maintenant de nombreux bienfaits, dont le croyant de l’A.T. ne pouvait pas encore jouir parce qu’il faisait partie de l’ancienne alliance (Héb 2.14-15,18)5 . Le souverain sacrificateur de l’A.T. occupait une place spirituelle primordiale pour le peuple juif. Le Seigneur Jésus-Christ, notre souverain sacrificateur, accomplit davantage : il inaugure la nouvelle alliance par son sang précieux (Héb 7.22 ; 8.6, 7-13 ; 9.15, 20 ; 10.29 ; 12.24 ; 13.20). Cette alliance est totalement différente de l’ancienne par son origine, ses accomplissements, ses moyens et ses buts. L’alliance mosaïque avec son système légal fut annulée à la Croix (ch. 8, surtout le v. 13 ; Col 2.14). UN APPELComment répondre à ce que le Seigneur a fait pour l’expiation et la propitiation de nos péchés6 , en vue de nous attacher éternellement au Dieu saint, qui est béni éternellement ?
1 Le mot « expiatoire » utilisé par la
version Segond en 1 Jean 2.2 et 1 Jean 4.10 serait mieux traduit ailleurs
par « propitiatoire », comme c’est le cas dans d’autres
versions (Darby, Osty,…).
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