|
A l'ombre de l'Université -L'invisible crise
A. E. Wilder Smith
A l'attention des parents des étudiants et élèves
des écoles supérieures.
Vingt ans passés en Europe comme professeur d'université
et comme évangéliste m'ont démontré la nécessité
vitale pour les générations âgées de chercher
à comprendre et à aider la jeune génération
concernant leurs problèmes spirituels et intellectuels. Si ce n'est
fait sans tarder, nos églises d'Amérique vont se trouver
dans le même dilemme que celles d'Europe.
Le problème a sa racine dans l'attaque menée par le rationalisme
(doctrine qui prétend tout expliquer par le moyen de la raison)
au sujet de la création. J'ai rencontré ce problème,
il y a des années, lorsque j'entrais à l'université
d'Oxford pour étudier les sciences naturelles. L'argument est simple.
Le récit biblique de la création est affirmé n'être
pas croyable, car il enseigne que le monde, les hommes, les animaux, les
plantes, ont été créés récemment -
c'est-à-dire, d'après l'évêque Ussher (Irlande)
, 4004 ans avant Jésus-Christ. Aux yeux de la géologie moderne,
cette date de la création est absurde; cependant la Bible est supposée
l'enseigner! Il est maintenu, par contre, que, en réalité,
la science a découvert que le monde est vieux de millions d'années,
de siècles, et qu'ainsi l'homme a discrédité le récit
biblique. Les hommes, etc., est-il affirmé, n'ont pas été
créés par une volonté divine, mais se sont formés
par suite du résultat de réactions chimiques dues au hasard,
suivies de sélections naturelles et de survie des éléments
les plus forts (ceci selon les hypothèses de Charles Darwin, émises
il y a un siècle) .Cet ordre de la nature rend l'idée d'un
Dieu-Créateur parfaitement inutile et, de prime abord, en rejette
le postulat. De plus, Adam et Eve ne sont considérés que
comme des mythes, c'est-à-dire des figures, des allégories:
il n'y a pas eu de couple humain à l'origine de l'espèce,
mais seulement « une masse de gènes se reproduisant par croisement
» (A pool of interbreding genes).
Les implications et les ramifications de cet enseignement sont nombreuses.
Si les darwinistes et néo-darwinistes de notre époque ont
découvert que le récit biblique est inexact, ALORS les vues
et l'enseignement de Jésus-Christ concernant la création
sont également faux, n'étant que la reproduction de ceux
de son temps. L'apôtre Paul, de même, était dans l'erreur,
ainsi que Jude, l'un et l'autre ayant foi dans le récit biblique!
Alors, que reste-t-il ? Le Seigneur Jésus-Christ est supposé
être la VÉRITÉ, tandis qu'il est considéré
comme s'étant identifié Lui-même avec un mythe !
Les enseignements de base de la foi chrétienne sont mis en cause.
S'il n'y a eu aucun premier Adam, comment peut-il y avoir un second Adam
(II Cor. 15, 48) ? S'il n'y a pas eu de premier homme, à quoi rime
un deuxième Homme, le Seigneur venu du ciel ? Celui-ci, le Seigneur
venu du ciel, croyait clairement en un vrai Adam et une vraie Eve. Les
Evangiles parlent d'Adam comme d'un vrai homme (Luc 3, 38) .Indiscutablement,
le grand apôtre Paul croyait très simplement au récit
biblique de la création. Et s'il n'y a eu aucun jardin d'Eden au
commencement, pourquoi en attendre un autre à la fin de notre époque,
le millénium ?
A l'université, des professeurs ridiculisaient l'enseignement et
les doctrines bibliques en face d'élèves qui ne pouvaient
répondre, ne possédant pas les ressources intellectuelles
voulues. J'ai lu et entendu des professeurs disant que seuls des ignorants
ou des fous pouvaient croire en la Genèse ou l'enseignement du
Christ. Le Christianisme ne serait qu'une pauvre superstition, qui devrait
disparaître et qui est en train de disparaître parmi les gens
éclairés de nos pays scientifiques! ..
L'influence d'un tel enseignement s'étend en fonction de l'importance
attachée à l'éducation intellectuelle. Jusqu'en 1945,
en Europe, peu d'enfants de croyants étaient envoyés à
l'université (mis à part ceux de la classe aisée
et éduquée). Les chrétiens des communautés
de la campagne léguaient leur foi, leurs commerces, leurs positions
dans les églises chrétiennes à leurs enfants. Les
églises étaient relativement stables. Mais après
1945, ces enfants des classes moyennes furent obligés d'aller à
l'université afin d'être aptes à lutter dans ce monde
moderne. Précédemment, la foi du père pouvait être
assez bonne pour le fils. Par la suite, elle était mise en question,
du moment où le fils entrait en contact avec l'incrédulité
de l'université. Il se trouvait absolument non préparé
à résister, n'ayant aucune arme intellectuelle et même
spirituelle à opposer.
Il va sans dire que de nombreux essais ont été faits pour
harmoniser les enseignements darwinistes avec ceux de la Bible. L' « évolution
théistique » en est un. Le « créationnisme progressif »
en est un autre. Mais les maîtres de la pensée darwinienne
se moquent généralement de ces essais, ceux-ci leur révélant
que l'on n'a pas saisi la pensée darwinienne et néo-darwinienne,
dont le point cardinal est que la vie est advenue par chance et non point
par une volonté divine.
En dernière analyse, les évolutionnistes théistiques
prétendent harmoniser les deux thèses: Dieu aurait guidé
les réactions du hasard afin de créer la vie et l'homme.
Pourtant, on ne peut guider la chance sans détruire la
chance! C'est là que réside la difficulté de
base.
D'autres, comme le Père P. Teilhard de Chardin, S. J., maintiennent
que Dieu a imprégné toute la nature et les éléments
chimiques non vivants d'une force psychique évoluant de bas en
haut, pour aboutir à l'homme, et prenant ensuite son envol vers
le point suprême, le point Omega, c'est-à-dire le Christ.
Mais les lois de la thermodynamique s'opposent à une telle conception.
Les éléments non vivants ne possèdent pas, à
notre connaissance, de telles propriétés internes, forçant
leur chemin vers l'ordre et la vie. Au contraire, les éléments
tendent à descendre vers le désordre. *)
Un des résultats de ce conflit est que, en Europe, les églises
évangéliques perdent la jeune génération instruite
et se meurent. Il y a des exceptions, cela va sans dire, mais d'une manière
ou de l'autre, la foi des pères perd rapidement du terrain. La
foi dans la crédibilité, la véracité de la
Bible est universellement battue en brèche. Du fait que « Ma
Parole est l'Esprit », l'oeuvre de l'Esprit est sérieusement
affaiblie, et l'Europe a passé dans l'ère « post- chrétienne
». Les Etats-Unis sont bien en route pour la même destination, à
quelque vingt ans de distance.
QUE FAIRE ? Une chose seulement. Montrer, par le critère, par les
expériences prouvées de la science (et non par des théories
ou des hypothèses) que la Bible n'est pas démodée
- que ce soit au point de vue des faits, de l'histoire ou de la doctrine.
Cela demandera du courage, une pensée claire, une intelligence
chrétienne éveillée et de l'étude. Les pièges
sont nombreux; les fautes dogmatiques, de doctrine biblique doivent être
évitées. Seule la connaissance de la vérité
et de la théologie ne suffit pas. LA SAGESSE D'UNE VIE VÉCUE
SELON L'ENSEIGNEMENT BIBLIQUE EST LA BASE DE LA SAGESSE DE DIEU, ce qui
est de première nécessité, en suivant ce chemin cahoteux.
La confiance en la Parole de Dieu ne peut être communiquée
à nouveau que par des « docteurs » qui connaissent la pensée
moderne et qui, envers et contre tout, aimeront personnellement la Parole
de Dieu et qui voudront vivre par elle.
Il faut que la vieille génération de chrétiens se
rende compte que les problèmes que rencontrent les jeunes à
l'université ne sont pas juste des jeux de mots, des marottes d'un
jour, que l'on peut renverser par: « il faut simplement croire ». Ce sont
de vrais problèmes; les aînés doivent aider à
la jeune génération à les résoudre. Si les
parents veulent prendre soin de leurs enfants, ils chercheront (en partie
tout au moins) à les comprendre, à saisir la nature des
attaques à supporter parmi cette génération de «
scientifiques » Ils chercheront à découvrir quelques uns
de ces problèmes modernes, bien qu'ils ne soient plus concernés
personnellement. Sinon, la coupure entre les générations
s'élargira de plus en plus. Pour accomplir cette tâche, des
vies vouées au service de Jésus-Christ sont d'absolue nécessité.
Les prières de chrétiens de toute dénomination sont
urgentes, ainsi que leur appui moral. Si ceci n'est pas fourni, assuré,
plus une certaine quantité de littérature purement évangélique,
alors les églises et les écoles évangéliques
de notre monde de l'Ouest vont sombrer. Le temps est court. Une autre
guerre pourrait encore hâter le travail des forces infidèles
Par contre, le dévouement de vrais chrétiens, allié
à une connaissance intime de la Bible, peut être l'ancre,
le point d'attache dont notre génération a tant besoin.
*) Voir Promesses No 15 « la deuxième loi de la thermodynamique
» les idées de Teilhard sont, en plus de cela, à une largeur
de cheveu du panthéisme. (Reprinted from Moody Monthly. Used by
permission. Copyright 1969 Moody Bible Institut. of Chicago).
|
|