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Sommaire du n° 179 Janvier-Mars 2012

 



Dossier

La réalité de l’enfer

André Choubeu


André Choubeu

Le Docteur André Choubeu dirige le centre de formation biblique pour pasteurs (CFBP) au Cameroun. Il est marié et père de dix enfants.

Les valeurs morales s’effondrent, les affirmations de la Bible sont relativisées. Certains milieux diluent son message en cherchant à l’adapter au monde. L’enfer devient un mythe. Certaines doctrines affirment même qu’au final, tous les péchés seront imputés au diable, bouc émissaire bien utile, et tous les hommes seront sauvés. Les textes bibliques sont pourtant clairs :

« Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. Ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles. » « Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les débauchés, les magiciens, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. » (Apoc 20.10 ; 21.8)

Qu’est-ce que l’enfer ? Qu’arrivera-t-il à ceux qui iront en enfer ? Combien de temps durera l’enfer ? Quelles en seront les conditions de vie ?

Les mots qui décrivent l’enfer

Le mot « enfer » tire son origine de l’expression latine qui signifie « région inférieure », expression que l’on trouve en Éphésiens 4.9 sans que cela s’applique toutefois à l’enfer.

Plus que tout autre auteur biblique, Jésus parle de l’enfer. Il emploie surtout le terme « géhenne ». Ce mot désigne la vallée de Hinnom où les Juifs faisaient passer leurs enfants par le feu continu en sacrifice à Moloch (2 Rois 23.10). Les Hébreux l’appellent « Topheth » : lieu d’horreur, ce qui exprime bien l’atrocité de la souffrance vécue en enfer. La Bible dépeint ce lieu affreux un grand nombre de fois.

Le lieu proprement dit

– la géhenne (Mat 18.9 ; Marc 9 : 44, 46-47 ; Luc 12 : 5) ;

– le bûcher enflammé par le souffle de l’Éternel (És 30.33 ; Deut 32.22) ;

– la fournaise ardente (Mat 13.41-42,50) ;

– les ténèbres du dehors (Mat 22.13 ; 8.12 ; 2 Pi 2.4,17 ; Jude 6,13) ;

– dehors (Luc 13.25,28 ; Apoc 22.15) ;

– l’étang de feu, le feu ardent (Apoc 19.20 ; 20.15 etc.) ;

Ce qu’on y subit

– le ver qui ne meurt point (És 66.24 ; Marc 9.48) ;

– le feu qui ne s’éteint point, éternel (Mat 3.12 ; 18.8 ; 25.41 ; Marc 9.43, 45,48 ; Héb 10.26-27) ;

– les flammes éternelles (És 33.14 ; Luc 16.24 ; 2 Thes 1.7-8) ;

– le feu de la géhenne (Mat 5.22 ; 18.9) ;

– l’opprobre, la honte éternelle (Dan 12.2) ;

– les pleurs et les grincements de dents (Mat 13.42 ,50 ; 22.13) ;

– le châtiment éternel (Mat 23.33 ; 25.46) ;

– la colère à venir (Luc 3.7 ; Rom 2.5,8-9 ; 5.9  ; 1 Thes 1.10) ;

– les tourments (Luc 16.23-28, Apoc 14.11  ; 20.10) ;

– le jugement éternel (Héb 5.11-6.1-2) ;

– la condamnation (2 Pi 2.3 ; Jude 4) ;

– la peine (Jude 7) ;

– le reniement (Mt 10.33 ; 7.23 ; Marc 8.38 ; 2 Tim 2.12) ;

– la rétribution (2 Cor 11.15 ; Col 3.25 ; 2 Thes 1.6-7 ; 2 Tim 4.14 ; Apoc 18.6 ; 22.12) ;

– le malheur (Mat 26.24 ; 11.21 ; 23.13 ; Luc 17.1-2) ;

– l’écrasement (Mat 21.44) ;

– la privation (Mat 25.29 ; Luc 18.18) ;

– le feu et le souffre (Apoc 14.10) ;

– la seconde mort (Apoc 20.14 ; 21.8 ; 14.10-11 ; 2.11).

Les conséquences

– la perdition (Mat 7.13 ; Rom 9.22 ; Phil 3.19) ;

– la ruine éternelle (2 Thes 1.9 ; 2 Pierre 3.7) ;

– la destruction (Apoc 11.18 ; 2 Thes 2.8) ;

– l’anathème, la malédiction (1 Cor 16.22, Gal 1.9 ; 3.10 ; Mt 25.41 ; 2 Pi 2.14).

L’enfer est un lieu séparé de toute félicité, par un abîme infranchissable. Le perdu possède encore toutes ses facultés mentales. Il est bien conscient de la souffrance de son âme. Il souffre sans aucun espoir de délivrance. Sa prière ne sera jamais exaucée, et rien ni personne ne lui viendront plus en aide, ni du ciel ni de la terre. Il vit seul et ses conditions de vie ne s’amélioreront jamais.

Quelques leçons de Luc 16.19-31

Les paraboles de Jésus se réfèrent à des éléments de notre monde ; ici, il s’agit de l’au-delà. Jésus ne dit pas qu’il raconte une parabole ; il nomme même un des personnages. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un enseignement réel et détaillé sur l’au-delà.

L’enfer est un lieu réel. Un lieu de tourment. La douleur dans ce lieu n’est pas seulement physique mais aussi morale. L’homme se trouve radicalement séparé de tous : amis, famille. Il a perdu ses activités et son argent, il a surtout perdu Dieu.

L’homme riche se souvient qu’il avait déjà entendu parler de cet endroit par Moïse et les prophètes. En refusant de les écouter, il a choisi l’enfer. Il regrette aujourd’hui son choix, mais il est trop tard. Sur terre, il faisait par le bien-être dont il jouissait l’expérience de la bonté et de la miséricorde de Dieu… Comment pouvait-il créer un lieu comme l’enfer ? Mais il a oublié que Dieu est aussi juste dans ses jugements. Comme cet homme, certains s’imagineraient-ils l’enfer comme une simple prison, où des policiers feraient respecter la loi ? Croient-ils pouvoir améliorer leurs conditions d’emprisonnement avec leur argent ou leur ancien rang social sur terre ? L’homme riche de notre histoire comprend désormais qu’il en est tout différemment. Mais il est trop tard !

En enfer, il a aussi appris à prier. Il a même fait de gros progrès : « Je te prie donc, père Abraham… » (Luc 16.27). Il prie ! A-t-il jamais prié avec autant de ferveur ? Pour lui, prier, c’était demander de l’aide pour une difficulté à résoudre en urgence. N’avons-nous pas ce réflexe lorsque nous disons : « Prions » ? Sur la terre, il possédait tout ce qu’il souhaitait, était autosuffisant et n’avait besoin de rien. Son argent lui ouvrait toutes les portes. Maintenant, les choses sont différentes. Sa prière est rejetée, car bien qu’elle soit sincère, elle est venue trop tard.

Il apprit encore avec tristesse que ce que l’homme considère n’est pas ce que Dieu considère. En effet, là-bas, tout en bas, les rôles étaient inversés. Le pauvre Lazare qu’il méprisait avait l’air extraordinairement beau dans l’université du Paradis. Plus de plaies purulentes, plus de cicatrices. Une nourriture abondante, la beauté rayonnante ! Mais l’homme de toutes les richesses sur terre et de tous les privilèges vivait l’atrocité des pires tourments à l’université de l’enfer.

Il a aussi appris la compassion. Sur terre, il n’en connaissait pas. Le pauvre Lazare ne bénéficiait que de quelques miettes. Jamais le riche ne l’aurait laissé entrer. Tant pis si ce pauvre crevait de froid ou de maladie. Le nauséabond Lazare aurait souillé son somptueux palais. Mieux valait laisser dépérir ce sale type afin de préserver confort et rang. Raisonnement hautement condamné en Jacques 2 et 5. Il demanda donc à Abraham dans un autre sujet de prière d’envoyer Lazare auprès de ses frères sur terre afin qu’eux non plus, ne soient plus aveuglés par leur richesse. Avez-vous noté comment l’enfer a transformé l’indifférence de cet homme en zèle ? Hélas, un zèle bien inutile. Pourquoi ? Parce qu’il n’a jamais pratiqué la foi avant.

Il apprit surtout une excellente leçon : la repentance. Il regrette amèrement aujourd’hui tout ce qu’il a fait hier. Mieux vaut tard que jamais ? Il aurait souhaité retourner dans le passé, se réconcilier avec tous… mais il est trop tard ! Il ne lui reste plus qu’un souvenir douloureux.

Il s’est aussi mis à croire aux miracles puisqu’il a pensé qu’il était possible que Lazare revienne à la vie pour aller prêcher à ses frères. Là encore, il a bien changé. Mais là encore, il est trop tard !

Les morts ne peuvent avertir les vivants. Ceux qui vivent au Paradis ne peuvent aider ceux qui sont en enfer. Un abîme infranchissable en effet sépare les deux lieux. Aucune possibilité du salut n’existe après la condamnation de l’enfer (1 Cor 6.10 ; Gal 5.19-21 ; 2 Tim 3.1-5 ; Apoc 22.15).

Qui ira en enfer ? Ceux qui persistent dans le péché : « Dehors les chiens, les magiciens, les débauchés, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge ! » (Apoc 22.15 ; lire aussi 1 Cor 6.10 ; Gal 5.19-21 ; 2 Tim 3.1-5).

Est-il possible d’échapper à l’enfer ?

Oui… en croyant en Jésus avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui est le moment favorable pour échapper à l’enfer. Reporter le moment peut se révéler dangereux. « Comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut ? » (Héb 2.3) « C’est pourquoi, selon ce que dit le Saint-Esprit : Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs. » (Héb 3.7-8,13 ; 4.1,7 ; voir aussi Luc 12.16-31 ; És 55.6 ; Jos 24.15)

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