|
|
|
Que Faut-il faire pour être sauvé?Alfred Kuen
La doctrine exposée par l'apôtre Jacques dans son épître ne diffère en rien de l'enseignement de Paul, ni de celui des autres écrivains du Nouveau Testament. Pour Jacques, comme pour Paul, seule la miséricorde de Dieu nous fait échapper au jugement (Jacq. 2 : 13) et l'homme est sauvé par la foi (Jacq. 1 : 3 et 2: 1) , comme Abraham fut sauvé parce qu'il crut à Dieu (Jacq.2 : 20-24). Paul, comme Jacques, affirme que la foi qui sauve, c'est celle qui produit des oeuvres (Gal. 5 : 6 ; I Thess. 1 : 3) ; parole et action doivent aller de pair (Rom. 15: 8; Il Cor. 10: 11). L'homme est appelé à travailler à l'oeuvre de Dieu (I Cor. 3: 9; 9: 1 ; 16: 10; Phil. 2: 30; Tite 2: 7). C'est le but même du salut (Eph. 2: 10; Tite 2: 14; Il Tim. 3: 17). Jésus n'a dit autre chose: il a parlé des fruits de la repentance (Matt.3 : 8) que les hommes doivent voir (Matt. 5: 16; 7: 16-27). Les apôtres Pierre et Jean (I Pi. 1 : 15; 2: 15; Il Pi. 1 : 5-8; I Jean 1 : 6; 2: 4-6, 29; 3: 7-10; 4: 21 ; 5: 3) enseignaient exactement la même doctrine. L'homme est sauvé sans les oeuvres, par la foi, mais si cette foi est réelle, elle produit nécessairement un changement de vie en celui qui la professe. Ainsi nous rayons, de notre liste des moyens de salut, le chemin qui passe par l'accomplissement d'oeuvres méritoires, par l'observance des commandements d'une loi, fût-elle donnée par Dieu Lui- même. La bienfaisance, la pauvreté volontaire, la prière faite comme une oeuvre pieuse trouvent du même coup refusées. Le baptême accompli comme un rite peut être assimilé à la circoncision juive dont l'apôtre Paul dit qu'elle ne saurait assurer le salut, pas plus que le respect d'aucune autre prescription rituelle (voir Rom.2 25-29; 3: 1; 4: 10-11; I Cor. 7: 19; Gai. 5: 6, 11). Restent en liste la repentance, la conversion, la foi, la nouvelle naissance. Y aurait-il donc quatre avenues différentes par lesquelles on pourrait accéder au salut ? Que faut-il entendre par chacun de ces termes ? Le désarroi de celui qui cherche honnêtement une réponse à ce problème vital est bien compréhensible, si l'on songe que dans presque chaque église ces mots-clé ont un sens différent. Le mot repentance, traduit ici par pénitence, là par repentir ou même conversion, signifie tantôt regret des fautes ou réparation de ces fautes, tantôt changement de vie. Lorsqu'un catholique, par exemple, lit dans sa Bible: « Faites pénitence », cela signifie pour lui: « Confessez-vous au prêtre, et recevez l'absolution par le sacrement de la pénitence ». Pour la nouvelle naissance ou régénération, la plupart des dictionnaires théologiques renvoient simplement à l'article baptême. D'autres y voient une expérience mystique ou un reflet des mystères grecs et égyptiens qui parlaient de la mort et de la reviviscence d'Osiris ou d'autres dieux. Quant au terme « conversion », il ne s'applique pour les uns qu'au passage d'une religion à une autre; dans le catholicisme, surtout au Moyen Age, il désignait l'entrée au couvent. Pour d'autres, c'est une expérience psychologique qui suivrait des étapes faciles à décrire, ou encore, c'est un processus spirituel se poursuivant de la naissance à la mort. Dans les différentes sections du christianisme, on s'accorde bien à reconnaître l'importance de la repentance, de la nouvelle naissance et de la conversion. Les déclarations formelles de l'Ecriture (Matt. 3 : 2 ; 4 : 17 ; Act. 2 : 38 ; Matt. 18 : 3 ; Jean 3 : 3-5) y contraignent. On affirme que seuls les régénérés constituent l'Eglise. Mais quelle valeur ont cet accord et ces déclarations si, sous des mots identiques, on place des réalités différentes ? L'évêque Stephen Neill a très bien vu et posé le problème dans son rapport pour la conférence d'Evanston : « Sitôt que nous allons au-delà de vagues généralités, il devient apparent qu'il existe dans l'Eglise des idées très différentes de ce qu'est l'évangélisation... Sur aucun point ces divergences ne sont plus apparentes que sur la question de la conversion.»Ces deux conceptions de la conversion et de l'évangélisation conduisent à deux types d'églises radicalement opposés. Là où la conversion est comprise et valorisée comme le grand changement d'attitude et de vie, comme le passage d'un camp à l'autre, l'Eglise sera l'assemblée de ceux qui se sont décidés à suivre l'appel de Christ. Si, pour l'individu, la conversion est le grand « choix » de la vie, celui dont dépendra son avenir TEMPOREL et ETERNEL, la notion de conversion est, pour les églises, le carrefour où les chemins se séparent. La définition de ces termes-clé : repentance, conversion, nouvelle naissance... commande donc, non seulement celle du chrétien, mais encore la structure des églises. Après les principes établissant l'autorité en matière de foi (inspiration et pleine suffisance de la Parole de Dieu) , ce sont là certainement, à l'heure actuelle, des questions de la première et de la plus haute importance. On peut. sans exagérer. prétendre que tout l'avenir de notre christianisme dépend du sens que nous donnons à ces mots essentiels. ----------------------------------------------------Extrait du livre « Il faut que vous naissiez de nouveau » Editions Ligue pour la lecture de la Bible, CH 1010 Lausanne (Suisse) Si on ne vit plus pour soi-même, mais |