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Le patriarche Joseph, type de Christ
Jacques Beauverd
Un père de famille demandait un jour à son fils, qui venait
de lire une page de l'Ancien Testament, s'il avait trouvé Christ
dans sa lecture le fils lui répondit : non. Le père
alors reprit et lui dit : « Relis, car tu as sans doute mal
lu ! » Cette petite histoire illustre une vérité
profonde et importante, c'est que Jésus est la clé de
toute la Bible. Il n'est pas possible de comprendre vraiment l'Ancien
Testament autrement qu'au travers de Christ, qui y est annoncé
de plusieurs manières. Il est question de Lui, de Sa vie, de Son
oeuvre et des résultats de celle-ci, de Sa première et de
Sa seconde venues dans plusieurs prophéties. Il est encore
présenté par divers symboles ou images. Les sacrifices de
l'ancienne Alliance parlaient par avance du parfait sacrifice de « l'Agneau
de Dieu qui ôte le péché du monde ».
Des personnages de l'Ancien Testament symbolisent des réalités
spirituelles pleinement révélées dans le Nouveau Testament. À cet égard,
l'apôtre Paul écrit, par exemple, dans l'épître
aux Galates (Gal. 4:22-31), qu'Agar représente l'ancienne Alliance
et Sara est un type de la nouvelle Alliance. De même, on peut discerner
dans la vie d'hommes de Dieu de l'Ancien Testament des types de Christ,
et le patriarche Joseph est un de ceux-là. Il vaut la peine de s'arrêter
sur cet aspect de la révélation.
Les chapitres 37 à 50 de la Genèse nous racontent son histoire.
De la maison de son père à Hébron (Gen. 37:14), jusqu'à la
prison située dans une tour (Gen. 39:20), le chemin de Joseph fait penser à celui
de Jésus quittant la maison du Père, venant à nous et
allant jusqu'à la Croix pour nous sauver. Relevons, à ce point
de vue, quelques rapprochements saisissants entre la vie du patriarche et celle
du Seigneur :
Dans l'abaissement
| JOSEPH |
JÉSUS |
| Livré par ses frères et vendu par eux, il aura
finalement la dernière place, celle d'un esclave (Gen. 37:18-28). |
Livré par les Juifs, Ses frères selon la race,
aux Romains ; vendu par Judas, il subit pour nous la mort réservée
par le droit romain aux esclaves, celle par crucifixion (Phil. 2:7-8 ;
Zach. 13:5-6). |
| Homme qui connut de grandes douleurs, il est écrit
sept fois qu'il pleura (Gen. 42:24; 43:30; 45:2,14,15; 50:1,17). |
Homme de douleur du chapitre 53 d'Ésaïe, il est écrit
qu'il pleura sur Jérusalem (Luc 19:41) et au tombeau de Lazare (Jean
11:35). |
| L'obéissance à l'Éternel l'a caractérisé pendant
toute son existence. Il glorifia Dieu par sa vie de piété et
de fidélité. La Bible ne relève aucune faute qu'il
aurait commise. |
L'obéissance parfaite à la volonté divine
l'a caractérisé, il pouvait dire : « Ma nourriture
est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé » (Jean
4:34). il glorifia Dieu en tout et l'Écriture relève qu'il
n'a jamais commis de péché (I Pi. 2:22). Il fut non seulement
pour les hommes la révélation d'un Dieu d'amour dont la créature
humaine avait besoin, mais encore la manifestation d'un Homme parfait devant
Dieu. |
| Il a été accusé à tort par la
femme de Potiphar (Gen. 39:7-18). |
Il a été accusé à tort par de
faux témoins (Mat. 26:60-61). |
| Il fut mis dans les ténèbres de la tour (Gen.
39:20). |
Il connut pour nous les troix heures de ténèbres
sur la Croix (Mat. 27:45). |
| Dans la prison où il avait été jeté,
il s'est trouvé avec deux malfaiteurs. Pour l'un, l'échanson,
il eut un message de salut et pour l'autre, le panetier, un message de
perdition (Gen. 40). |
Sur la Croix, il a été entouré de deux
malfaiteurs et il a dit à celui qui se repentait : « Aujourd'hui,
tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23:43), et l'autre qui ne
s'est pas repenti est allé à la perdition. |
| « Souviens-toi de moi, dit-il à l'échanson » (Gen.
40:14). |
Il a dit, avant qu'il souffre et meure pour nous sauver, en
parlant de la Sainte Cène, « Faites ceci en mémoire
de moi » (Luc 22:19). |
« Souvenons-nous de Jésus dont le coeur était au-dessus
des circonstances. Il n'agissait jamais sous leur influence, mais les traversait
toujours selon Dieu. Des hommes remarquables de la Bible furent comme des
instruments à cordes que Dieu touchait et dont il une mélodie
merveilleuse ; mais Christ était la mélodie elle-même. »
(J.-N. Darby)
Dans la glorification
| JOSEPH |
JÉSUS |
| Le pharaon l'appelle et il sort de la prison (Gen. 41:14). |
« Il est ressuscité des morts par la gloire du
Père » (Rom. 6:4). |
| Il montre une grande sagesse dans l'interprétation
des songes et dans le gouvernement de l'Égypte, pour la sauver de
la famine (Gen. 41 et 42). |
On trouve en Lui « tous les trésors de la sagesse
et de la connaissance ». Un jour futur, il gouvernera le monde avec
justice et une infinie sagesse. « On Lui donna la domination, la gloire
et le règne et tous les peuples, les nations et les hommes de toutes
langues le servirent » (Dan. 7:14). |
| Il reçoit une épouse qui va partager sa gloire
(Gen. 41:45). |
Il s'est suscité une Épouse (l'Église)
qui partagera Sa gloire pour l'éternité (Jean 17:22,24 ; Éph.
5:25-27 ; Apoc. 19:6-16). |
| « On criait devant lui À genoux » (Gen. 41:43). |
Devant Lui, tout genou fléchira dans les cieux, sur
la terre et sous la terre (Phil. 2:10). |
| « Et le Pharaon (type ici de Dieu le Père) dit à Joseph :
Moi je suis le Pharaon ! Sans toi nul ne lèvera la main ni
le pied dans tout le pays d'Égypte » (Gen. 41:44). |
« Dieu l'a déployée en Christ (Sa puissance)
en Le ressuscitant des morts, et en Le faisant asseoir à Sa droite
dans les lieux célestes, au-dessus de toute domination, de toute
autorité, de toute puissance, de toute dignité, et de tout
nom qui se peut nommer, non seulement dans le siècle présent,
mais encore dans le siècle à venir. Il a tout mis sous Ses
pieds » (Éph. 1:20-22). |
Dans le récit de la vie de Joseph, ceux qui le laissent diriger sont
bénis en retour. C'est le cas chez Potiphar, où il est écrit : « L'Éternel
bénit la maison de l'Égyptien à cause de Joseph et
la bénédiction fut sur tout ce qui était à lui » (Gen.
39:5).
Quand le Pharaon donna la première place (après lui) à Joseph,
toute l'Égypte fut richement bénie et sauvée de la famine.
Il en va de même pour nous si nous donnons la première place à Jésus-Christ
dans nos existences, nous en sommes richement bénis. Si nous la lui
refusons, la perte est immense, dans ce monde et dans l'autre. Sachons donc
Lui accorder la première place dans nos vies, alors que nous sommes
dans ce monde, en attendant le jour où Il sera « tout en tous » dans
le Ciel.
Enfin, une fois de plus, nous pouvons constater que « toute l'Écriture
est divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre,
pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l'homme de Dieu
soit accompli, et parfaitement apte à toute bonne œuvre »
(II Tim. 3:16-17). L'attitude juste de tout chrétien est de recevoir
pleinement Christ tout entier, dans la Bible tout entière.
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