Repentir :
nécessaire ou négligeable ?
R. H. Guignard
Le christianisme seul présente et exige un repentir de la part
de l'homme; en deux mots, le repentir comporte une tristesse que l'on
éprouve à cause de son propre péché et une douleur d'avoir offensé Dieu.
Quel est le but de ce sentiment ? Atteindre à la paix avec le Créateur
et par là à la vie éternelle. Parce que, dit la Bible, l'homme a offensé
Dieu. Parce qu'il s'est éloigné de Lui, cela par un acte de sa propre
volonté. Le christianisme est une invite à retourner à Lui. Le moyen ?
Une nouvelle naissance... Le chemin ? La repentance envers Dieu
et la foi en Jésus-Christ (Actes 20 : 21).
Or, il semble que, de nos jours, le repentir n'est plus présenté comme
une condition nécessaire pour le salut ? Dans le but fort compréhensible
d'amener beaucoup de vies à Dieu et à la jouissance du salut, on évite
de mettre l'accent sur ce point, on passe légèrement sur cette condition.
Que vous en semble ? Le nombre des conversions équivoques paraît augmenter
très rapidement et nous sommes amené à rechercher l'origine de ce phénomène.
Le repentir doit s'exprimer par la confession. A son tour, celle-ci apporte
la preuve du repentir. L'aveu libère; « c'est le coeur qui ennoblit l'homme
», mais reconnaître sa faute en fraye le chemin.
Des hommes portant le nom de chrétiens fondent leur salut éternel sur
un Dieu de l'amour. Pour eux, Christ n'est pas Dieu le Fils venu comme
homme sur la terre, par l'effet du miracle d'une génération spirituelle
dans le corps d'une vierge. Leur christianisme est donc incomplet. En
général, ils disent avoir une espérance de vie éternelle. D'autres ne
parlent que de Christ. Pour ne pas les traumatiser, on ne les a pas placés
en face de leurs péchés, en face d'un Dieu de l'amour, mais saint, qui
demande la repentance. En quelque sorte, on les a transportés par dessus
ce pas difficile - repentance, contrition, pénitence - pour jouir immédiatement
des joies et de la paix qui font suite à la conversion à Christ. Mais
est-ce réel ? Ils disent être « en Christ ». Mais s'ils n'ont pas réalisé
la grandeur de leur dette envers le Créateur, s'ils n'ont pas obéi au
« Repentez-vous » initial (Mat. 4 : 17), leur assurance est imprécise.
D'ailleurs, la plupart d'entre eux s'en rendent compte, et ils ont bien
l'impression qu'il leur manque un point d'appui. La justice de Dieu préparée
et annoncée pour l'homme est un tout. Il ne faut ni ajouter, ni retrancher
notre part de « l'arbre de la vie ». Enlever une colonne à cet édifice
équivaut à laisser crouler toute la construction.
Toute naissance est accompagnée de souffrance. Pourquoi vouloir l'éloigner
de celui qui cherche la paix de Dieu ? Eve a désiré que ses yeux fussent
ouverts afin de connaître « comme Dieu ». Elle acquit la connaissance
de la souffrance! A la naissance d'une ère nouvelle, Dieu le Fils mourut
sur un bois maudit, après l'agonie de Gethsémané. A Nicodème, Jésus dit:
« il faut que tu naisses de nouveau »... et ce n'est point sans peines!
L'église, épouse de Christ, doit prendre part aux souffrances de son chef:
« Il a été élevé à la perfection par les souffrances » (Hébr. 2: 10).
Il en est de même pour « quiconque », pour chaque chrétien. Notre nouvelle
naissance ne peut être que dans l'humiliation, la contrition, la repentance.
Tout chrétien, tout évangéliste qui n'annonce pas toute la vérité,
tout le conseil de Dieu, est coupable envers ceux qui l'écoutent. Il crée
un vide, il ouvre une porte à l'Ennemi. Ce dernier a alors l'occasion
de « piller la maison » (Mat. 12: 29), c'est-à-dire qu'on lui offre la
liberté de présenter ses propres théories, ses conceptions, ses interprétations
erronées. L'Ecriture nous en rend attentifs: « Si quelqu'un vient vous
prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous
recevez un autre esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre
évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort
bien » (II Cor.11:4).
Si votre départ dans la course chrétienne ne s'est pas fait dans la repentance
envers Dieu, examinez à nouveau votre situation. Dieu pardonne à celui
qui Le recherche et se repent.
Et Christ est-il bien votre Rédemption, Celui qui a payé votre dette
? Cette vérité est-elle bien ancrée dans votre coeur, et votre assurance
de salut éternel est-elle bien confirmée par l'Esprit Saint qui « rend
témoignage à votre esprit que vous êtes enfant de Dieu » ?
Car il yen a qui diront: « Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé
par ton nom ? n'avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? et n'avons-nous
pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? » Vous connaissez la réponse:
« Je ne vous ai jamais connus! ». Oui sont ceux-là dont Jésus parle ?
Nous ne savons. Mais l'avertissement est suffisamment sérieux pour que
nous y prenions garde.
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