Première épitre de Jean
11e et dernière
étude
Jean-Pierre Schneider
5.13-21: Conclusion récapitulative
A. Assurance (v. 13-17)
Q1 Sur quoi se base-t-elle?
Q2 De quoi découle-t-elle?
Q3 En quoi résulte-t-elle?
Q4 Que permet-elle?
| Etapes: |
Lire ce qui est écrit. Croire ce qui est
écrit. Savoir qu'on a la vie éternelle.
Prier le Christ qu'on connaît (communion personnelle). |
v. 16-17: L'intercession
Le frère qui pèche ne peut laisser le chrétien authentique
indifférent: l'amour le pousse à prier pour lui, et non pas
à le juger et à médire de lui.
Dieu lui donnera la vie.
Q5 Pour quelle raison?
Mais étant «frère», il a déjà reçu la
vie éternelle. Il ne l'a pas perdue parce qu'il a péché.
D'où la question: Quel sens a le mot «vie» ici? (Q6)
il y a un péché qui mène à la mort.
Certains commentateurs pensent que le sens à donner aux mots «vie»
et «mort» est spirituel, d'autres qu'il est physique.
- Sens spirituel: «vie» et «mort» éternelles.
Dans ce cas, il ne peut s'agir que du «blasphème contre le Saint-Esprit»,
qu'on ne peut comprendre que dans le contexte de Mat 12.22-33. Les Pharisiens
voient le Messie en action (exactement selon les prédictions
des prophètes); ils pèchent volontairement contre leur
conscience pour ne pas devoir reconnaître en Jésus le Christ,
et ils mentent en attribuant à Satan ce qui était manifestement
l'action du Saint-Esprit. «Celui qui n'est pas avec moi est contre moi»,
leur dit Jésus, après quoi il prononce l'avertissement
concernant «le blasphème contre le Saint-Esprit» (et non: «péché
contre le Saint-Esprit»). Blasphémer est une action intentionnelle.
Il est impensable qu'un chrétien authentique veuille blasphémer
contre le Saint-Esprit. Jean dit qu'il ne peut même pas pratiquer
le péché. Il doit donc s'agir d'un inconverti. Or il est
vrai que Jean ne dit pas expressément qu'il s'agit d'un «frère»,
donc d'un croyant; la tournure est impersonnelle.
- Sens physique des termes «mort» et «vie». Je penche pour cette
interprétation, car:
- Le contexte parle d'un «frère» (ou de frères: ceux
qui commettent...); il est artificiel de supposer que Jean vise
tout à coup des incrédules.
- Comme aucun chrétien né du Saint-Esprit ne peut
«blasphémer contre le Saint-Esprit», ce péché-là
est exclu; car il conduit à la mort spirituelle et à
la condamnation, le sort des incrédules.
- Certains péchés mènent à la mort physique.
L'homme incestueux à Corinthe est livré à
Satan pour la destruction de la chair (mort physique), afin
que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus
(1 Cor 5.5). Le même sort est réservé à
Hyménée et Alexandre, qui ont fait naufrage en
ce qui concerne la foi, . . . afin qu'ils apprennent à ne
pas blasphémer (1 Tim 1.20). [litt.: qu'ils soient
disciplinés à ne pas blasphémer]. Ce blasphème
n'est pas celui contre la personne du Saint-Esprit; il consiste
à déshonorer l'Eglise et à induire les incrédules
à blasphémer contre Dieu. - Le croyant qui persiste
dans le péché se replace physiquement sous la seigneurie
de Satan, le détenant du pouvoir sur la mort (Héb
2.14, trad. litt.).
- Jacques, en parlant de la prière en vue de la guérison
physique, écrit: La prière de la foi sauvera le malade
et le Seigneur le relèvera (5.15). Il s'agit du «salut» de
son corps, et non du salut éternel.
Jean termine son argument par la phrase: Toute injustice est péché.
La gravité du péché ne doit pas être minimisée,
même s'il ne mène pas à la mort.
B. Certitudes (v. 18-20)
Nous savons (extension du verset 13):
v. 18: Tout engendré de Dieu ne pèche pas, mais
l'Engendré de Dieu le garde, et le malin ne le touche pas (trad.
litt.).
Il n'a pas l'habitude de pécher, mais il lui arrive de pécher.
Personne n'est exempt de péché, mais la nouvelle naissance
détermine un nouveau comportement.
Q7 Quelle en est l'explication?
v. 19: Nous sommes de Dieu et le monde entier gît dans le
Malin (trad. litt), c'est-à-dire dans son étreinte, sous
sa domination. Le monde ne cherche pas à s'en libérer.
Q8 Le monde entier se trouve deux fois dans l'épître. Citez
l'autre verset et tirez une conclusion.
v. 20: 4 certitudes sont énoncées:
- Le Fils de Dieu est venu: fait historique attesté par
plus de documents qu'aucun autre fait; en douter ne peut être
que de la mauvaise foi.
- Le Fils nous donne l'intelligence/la réflexion/l'entendement
qui nous permet de reconnaître le Réel (litt.).
C'est le Fils qui nous rend capables de reconnaître le seul
vrai Dieu... et Jésus-Christ (Jean 17.3), en opposition aux
idoles. Impossible de connaître Dieu sans le Fils qui le révèle.
Nul ne vient au Père sinon par moi... Celui qui m'a vu a vu
le Père (Jean 14.6,9).
-
| Le Véritable est: |
Jésus - l'homme
Christ - le Messie
le Fils - Dieu |
Celui-ci est le Dieu réel et vie éternelle (litt):
C'est «la déclaration la plus formelle de la divinité
de Jésus-Christ dans le NT» (Stott), même si certains pensent
que la phrase se rapporterait à Dieu, alors que «au point de
vue grammatical, c'est le sens exact» (A. Nicole): la phrase se réfère
à Jésus-Christ, ce que voyaient aussi Luther, Calvin et
d'autres. Je suis la résurrection et la vie, a dit Jésus
à Marthe (Jean 11.25); il ne peut s'agir que de la vie éternelle,
comme le dit 1 Jean 5.20.
- Le croyant est dans le Réel, dans son Fils Jésus-Christ.
l'un ne va pas sans l'autre. En étant dans le Fils, nous
sommes aussi dans la vie éternelle, puisqu'il est la
vie éternelle.
| En résumé: |
- La venue du Fils de Dieu dans le monde est une certitude.
- Le Fils donne l'intelligence pour le connaître comme tel.
- Le croyant a la vie éternelle parce qu'il est dans le
Fils.
- Jésus-Christ EST DIEU.
|
C. Avertissement (v. 21)
Petits enfants, gardez-vous des idoles.
Le terme petits enfants se trouve dans Jean 13.33 (unique fois dans
l'évangile) quand Jésus annonce son prochain départ,
au dernier souper. Cette parole de tendresse s'est gravée dans la
mémoire de Jean, qui a la tendresse du Seigneur pour ses destinataires.
L'avertissement n'est pas en contradiction avec le v. 18, mais indique que
la protection que nous accorde le Fils ne nous dispense pas de «veiller»
sur nous-mêmes (sens litt. du grec, qui emploie un autre verbe au
v. 18).
Les idoles sont en contraste avec le seul Réel. Il
s'agit de ne pas prendre l'illusoire pour le réel. Dans le contexte
de son époque, Jean peut aussi avoir averti contre la fausse idée
du Fils (et donc du Père) que répandaient les gnostiques.
Paul utilise la même préposition grecque dans 1 Cor 10.14: Fuyez loin de l'idolâtrie; ici: Fuyez loin des
idoles. A Timothée, Paul écrit: Fuis ces choses, après avoir évoqué les vaines discussions, la jalousie
et l'envie, les calomnies et l'amour de l'argent (avarice). Tout cela peut
devenir «idolâtrie». Nul ne peut servir... Dieu et Mammon,
ni y a-t-il accord entre Christ et Bélial (Satan) (Mat 6.24;
2 Cor 6.15).
| Ainsi la première épître de Jean se termine
par une éclatante déclaration de la divinité
de Jésus-Christ et sur un avertissement solennel de fuir tout
ce qui pourrait lui contester la seule place qui lui convient: la
première! |
Réponses:
| R1 |
Sur l'écrit d'un témoin oculaire. |
| R2 |
De la foi en Christ, objet du témoignage. |
| R3 |
En une connaissance: on sait qu'on possède la vie éternelle. |
| R4 |
La prière suivie de l'exaucement, si elle est conforme à
la volonté de Dieu. Dieu ne «doit» jamais exaucer quelque prière
que ce soit; toute prière implique la soumission au plan de
Dieu; s'il est vrai que Dieu «entend» chaque prière, il y répond
cependant comme il veut. (Modèle: Jésus «Non pas comme
je veux, mais comme tu veux», Mat 26.39). |
| R5 |
Parce que Dieu dit: Ce que je désire, ce n 'est pas que
le méchant meure, c 'est qu 'il change de conduite et qu'il
vive (Ez 33.11). Dieu exauce donc cette prière parce qu'elle
est conforme à sa volonté. |
| R6 |
Il s'agit de la restauration de la pleine communion avec Dieu interrompue
momentanément par le péché. |
| R7 |
Le Christ garde les siens des assauts de Satan et le rend impuissant. |
| R8 |
2.2: Le monde entier étant assujetti au diable, c'est aussi
pour le monde entier que Jésus s'est sacrifié. Si son
sacrifice est valable pour tout le monde, il n'est pourtant pas efficace
pour ceux qui n'en veulent pas, puisque les pécheurs sont justifiés
par la foi, sauvés par le moyen de la foi et que quiconque
Croit en lui.., a la vie éternelle (Rom 5.1; Eph 2.8; Jean
3.16). |
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