Dieu est sage
Jacques Dubois
Si Dieu est, si Dieu est Esprit, si Dieu
est toujours le même, il est aussi sage.
Nous osons l'affirmer moins par une déduction logique que par la
révélation que Dieu lui-même nous donne dans les Saintes Ecritures. C'est dans
la Bible que Dieu nous révèle sa sagesse infinie et parfaite.
Regardons ensemble cinq tableaux:
Le premier tableau:
La sagesse de Dieu dans la création.
Considérons la beauté de sa création. Tout ce qui
existe a été fait par lui, par sa Parole. L'apôtre Paul dira que la création
entière révèle ainsi la divinité et la puissance de Dieu. Mais les hommes se
croyant plus sages ont écarté cette révélation. En ne voulant pas entrer dans
la sagesse de Dieu, ils sont devenus stupides et fous.
1. La sagesse de Dieu éclate d'abord dans l'ordonnance des actes
créateurs(Genèse 1):
- Première de ses oeuvres, l'énergie fondamentale: Que la
lumière soit et la lumière fut.
- Puis l'espace nécessaire: Qu'il y ait une étendue.
- Puis le rassemblement sélectif des mers et des terres.
- Puis le surgissement de la vie végétale: la verdure, l'herbe
porteuse de semence, les arbres fruitiers. Le garde-manger était
rempli. Il fallait encore, au rythme de la vie animale...
- Les deux grands astres, le soleil et la lune, qui régulent
le temps, en jours et en années. Maintenant tout est en place.
- Alors surgit la vie animale, dans les eaux première
nommée, puis sur terre et sous le ciel.
- Puis les animaux terrestres à la dimension de l'homme: bétail,
reptiles, animaux de toutes sortes.
- Enfin, distingué de tout ce qui précède, mais dans la continuité: l'homme créé à la ressemblance de Dieu, formé de la poussière de
la terre, recevant en ses narines un souffle vital de Dieu. Il est créé
homme et femme. Voilà pour l'ordonnance.
2. La sagesse de Dieu éclate aussi en ce qu'il distingue, sépare,
marque les frontières infranchissables. Dieu dans sa sagesse se révèle être
dans ses oeuvres un Dieu d'ordre et de beauté. Il ne veut pas les confusions.
Il ne veut pas les mélanges impossibles. C'est ainsi qu'il sépare les
ténèbres de la lumière, sépare le haut du bas, sépare les eaux de la terre
ferme, distingue le jour de la nuit. C'est ainsi qu'il inscrit chaque être vivant
à l'intérieur de son espèce spécifique. Dans sa sagesse il questionnera plus
tard: Un figuier produit-il des olives ou une vigne des figues? Une source
salée ne peut pas non plus donner de l'eau douce(Jacques 3.12)... Nul ne
peut servir deux maîtres(Matthieu 6.24).
C'est la fin du premier tableau.
Le deuxième tableau:
La sagesse de Dieu dans la chute.
L'homme créé à l'image de Dieu est promu à une
destinée unique. Il est fait pour vivre éternellement avec Dieu.
Dans sa sagesse, Dieu place l'homme devant l'épreuve d'un choix. Car il
n'a pas créé un robot, ni un animal supérieur doué d'un instinct seulement. Il
a créé un être à sa ressemblance qui peut connaître Dieu, lui parler. Il est élevé
au privilège suprême de la communion avec lui.
Mais il faut une épreuve. Dans sa sagesse, Dieu n'a pas placé la barre
trop haut. Il ne coupe pas le jardin d'Eden en deux parties égales, interdisant
l'une des deux. Au contraire, il ouvre toutes grandes les portes de la liberté.
Tout le jardin est à l'homme, tous les arbres lui appartiennent sauf un, un
seul. Sagesse de Dieu qui mesure l'épreuve en la permettant.
Mais l'homme écoute la voix du tentateur qui susurre la théologie du
soupçon: Dieu a-t-il réellement dit?(Genèse 3.1) Et il succombe
bientôt à la seule épreuve placée devant lui.
Dieu dans sa sagesse se présente à l'homme déchu pour l'interpeller. Il
veut le préparer à dire sa faute, mais quelle difficulté pour amener l'homme à confesser
son péché. Il s'excuse, accuse sa femme, qui elle-même accusera le serpent
tentateur.
Alors Dieu dans son amour révèle un plan de salut infiniment sage. Oui,
il l'a déjà conçu dans son coeur de Père éterne1:
La postérité de la femme (comprenons un enfant, un fils) écrasera
la tête du serpent (comprenons: détruira les oeuvres du diable) mais
sera lui-même blessé au talon (comprenons: mourra sur la croix).(Genèse
3.15)
Et sans attendre, comme en une première leçon pédagogique, Dieu immole
des animaux pour en donner la peau au premier couple humain. Il couvre ainsi ce
qui fait désormais leur honte.
C'est la fin du deuxième tableau.
Le troisième tableau:
La sagesse de Dieu dans la longue préparation pédagogique.
Il s'agit du temps qui sépare la chute de la venue de
Jésus-Christ, un temps qui se chiffre par des milliers d'années.
Nous devons nous faire bref, là où Dieu a pris son temps.
Dans sa sagesse infinie, Dieu choisit un homme, pour lui donner une
famille, qui deviendra un peuple et par qui toutes les familles de la terre
seront bénies. Cet homme c'est Abraham, ce peuple c'est Israël.(Genèse 12)
- A ce peuple, Dieu donne Moïse, et par lui ses lois. Dieu pose
souverainement les conditions par lesquelles l'homme pourra s'approcher de
lui.
- Au coeur de cette Loi divine se trouve le culte par lequel l'homme peut
servir Dieu en allant à sa rencontre.
- Et au coeur du culte se trouve l'autel des sacrifices. Dans sa sagesse
Dieu apprend ainsi à l'homme que sans effusion de sang, il n'y a pas de
pardon.(Hébreux 9.22) Il lui enseigne la gravité du péché, la séparation
infinie qui l'éloigne à tout jamais de Dieu, sauf lorsque le sang agréé par lui
jette un pont entre les deux.
Puis Dieu donne David comme roi, il règnera sur Israël et ses fils après
lui... jusque dans l'éternité. Mystère de la sagesse de Dieu, vous n'allez pas
tarder à comprendre le mystère de ce règne éternel.
Puis il donne les prophètes qui rappellent sans cesse au peuple qui
s'égare le sens des lois, le sens du culte, le sens des promesses faites. Ils
appellent à revenir à ce Dieu si mal servi, si mal compris.
Une question se pose:
Est-ce bien sage de mettre en place une pédagogie qui dure des milliers
d'années? N'y a-t-il pas un risque de décourager ceux qui attendent sans voir
d'accomplissement'? Une telle question, elle est bien de l'homme qui ne comprend
rien à la sagesse de Dieu. Car dans ce temps de formation, qui est celui de
l'attente et de l'espérance, déjà Dieu donne sa grâce, son pardon, et sa
communion.
La première alliance est celle de la Loi. Nous le rappelons souvent. La
seconde alliance, par Jésus-Christ, sera celle de la grâce(Jean 1.17).
Stupidement, nous cloisonnons, la Loi d'un côté, la grâce de l'autre. C'est
oublier la sagesse infiniment variée de Dieu qui, dans sa pédagogie, donne
déjà les prémices de l'Evangile à Israël.
C'est pourquoi Abraham déjà peut être justifié par la foi(Genèse
15.6) en la promesse qui lui est faite. David peut se réjouir de son salut en
disant: Heureux l'homme à qui lEternel enlève la transgression, à qui le
péché est pardonné(Psaume 32). Les psaumes attestent combien les croyants
de l'ancienne alliance se sont pleinement réjouis en espérance, sans avoir un
sentiment de frustration. C'est dans la foi qu'ils sont tous morts, sans
avoir obtenu les choses promises, mais il les ont vues et saluées de loin en
confessant qu 'ils étaient sur terre étrangers et voyageurs... Ils aspirent à
une patrie meilleure, c'est-à-dire céleste. C 'est pourquoi Dieu n 'a pas honte
d'être appelé leur Dieu. car il leur a préparé une cité. (Hébreux
11.13-16)
Dans sa sagesse, Dieu a mis en place une admirable pédagogie qui prépare
la venue du Christ.
C'est la fin du troisième tableau.
Le quatrième tableau:
La sagesse de Dieu manifestée en Jésus-Christ.
Enfin, le voici. Il est celui qui incarne parfaitement
la sagesse éternelle de Dieu. Il est sacrificateur et va s'offrir lui-même en
sacrifice parfait comme l'agneau de Dieu qui ôte le péché du monde (Jean
1.29). Il est roi, fils de David et s'assiéra éternellement sur le trône
divin. C'est en lui que s'éclaire le mystère de tout à l'heure. Il est prophète
et nous apporte la Parole parfaite de Dieu. Il l'accomplit en sa venue. Il la
complète. Il est lui-même la Parole faite chair qui a habité parmi nous, pleine
de grâce et de vérité (Jean 1.14).
A douze ans, il monte au temple à Jérusalem pour la première fois. Il
s'assied au milieu des docteurs, les écoute et les questionne. Tous ceux qui
l'entendaient étaient surpris de son intelligence et de ses réponses (Luc
2.46-47).
A trente ans, il commence son ministère public. Il n'a jamais étudié
selon la filière reconnue. Mais dès qu'il parle, il étonne, il surprend, il
ravit ou il irrite, Il ne parle pas comme les scribes et les pharisiens, ni
comme les théologiens docteurs de la loi. Il parle avec autorité, assurance et
surtout, vérité. Il parle de la terre et des hommes et jamais ne se trompe. Il
parle du ciel et de son Père qu'il a vu et enseigne les certitudes éternelles
qui transcendent le temps et l'espace. Jamais homme n 'a parlé comme cet
homme(Jean 7.46)
On essaie de le faire taire, de l'embarrasser, de le mettre en
contradiction avec les autorités romaines, ou juives. On essaie de le
discréditer auprès du peuple. C'est en vain. Salomon avait de la sagesse. Il
y a maintenant ici plus que Salomon (Matthieu 12.42).
- Faut-il payer le tribut à César? Redoutable question. Comment
pourra-t-il s'en sortir? S'il dit oui, il sera accusé d'être un collaborateur à
la solde des Romains. S'il dit non, il sera accusé d'être un résistant qui
soulève le peuple à la révolte. Ses ennemis ont bien calculé leur coup, il ne
pourra pas leur échapper. C'est mal connaître l'infinie sagesse de Dieu:
- Apportez-moi une pièce avec laquelle vous payez l'impôt à César... De
qui sont cette effigie et cette inscription? - De César!
- Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu
(Matthieu 22.15-22).
Admirable sagesse qui renvoie, dos à dos, les pharisiens sectateurs et
les hérodiens collaborateurs.
Mais quand lui-même se met à poser des questions, il embarrasse ses
ennemis et les réduit au silence.
A son procès, pour le faire condamner par des témoins, il faudra soudoyer
de faux témoins. Et encore, devant celui qui est la vérité, seront-ils lamentablement
confondus. Jésus donnera lui-même le motif de sa condamnation en se proclamant
Dieu. Ce qu'il est vraiment de toute éternité.
Il aurait encore fallu parler de sa connaissance des hommes, de la manière
dont il sonde leurs pensées les plus profondes. Il aurait fallu parler des mystères
révélés dans ses entretiens comme avec Nicodème, ou de ses merveilleuses
paraboles qui soulèvent le voile de mystères inconnus jusqu'alors.
Il nous faut quitter, bien à regret ce quatrième tableau.
Le cinquième tableau:
La sagesse de Dieu dans la mort expiatoire de Jésus-Christ sur la croix.
Comprenons-nous bien, ce n'est pas la croix qui nous sauve, mais le Christ crucifié. La croix, trop souvent devenue fétiche, ne sauve pas.
Etrange paradoxe: alors que Dieu a mis des millénaires pour préparer son
salut, il l'accomplit en six heures par l'agonie de Jésus-Christ sur la croix,
en trois jours si l'on inclut la résurrection inséparable de sa mort. Le Christ
crucifié et ressuscité est au centre de l'Histoire.
Nous avions appris que sans effusion de sang il n a pas de pardon (Hébreux
9.22). Mais qui offrira enfin un sacrifice suffisant pour ôter, une fois pour
toutes, le péché du monde ?
La dette infinie exigeait un sacrifice infini. Qui, parmi les hommes pouvait
l'offrir? Personne, sauf Dieu lui-meme. Alors Christ entrant dans le monde
dit: Tu n'as voulu ni sacrifice, ni offrande, mais tu m 'as formé un corps.
Alors j'ai dit: Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté (Hébreux
10.5-9).
Il est l'agneau de Dieu sans défaut et sans tache, prédestiné avant la
fondation du monde (1 Pierre 1.19-20).
Il est devenu homme pour s'identifier à nous et prendre notre place. Le
châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui et c'est par ses
meurtrissures que nous sommes guéris (Esaïe 53.5).
A la fois Dieu et homme, il satisfait la justice de Dieu et couvre la
dette contractée. Il prend ainsi sur lui non seulement le péché de quelques
hommes, mais de tous les hommes. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné
son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais ait la
vie éternelle (Jean 3.16).
La voilà, la sagesse insondable de Dieu.
Le cinquième tableau est-il fini?
Pas tout à fait. Pas pour toi si tu n'as pas encore reconnu en Jésus
celui qui est mort pour toi et qui t'offre, par son sang, le pardon de tes
péchés et la vie éternelle.
Dieu est sage. Mais toi, l'es-tu?
Tu ne peux l'être que si tu soumets ta vie entière au gouvernement du Seigneur.
Dis-lui tes fautes et confesse-lui ta foi, aujourd'hui encore, sans attendre.
Car il t'attend puisqu'il t'aime.
Dieu est la source de la vie et de la sagesse. L'homme ne peut trouver
ailleurs le chemin de la sagesse et de la vie. Aujourd'hui beaucoup, comme les
Juifs du temps de l'apôtre Paul, demandent des miracles, d'autres comme les
Grecs cherchent la philosophie. L'apôtre Paul répond: nous, nous prêchons
Christ crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais
puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour tous ceux qui sont appelés.
Tu es appelé. Que réponds-tu?
Jacques Dubois
|