Dossier: Préparer son avenir
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Conseillère pour l’avenir

Peux-tu rapidement te présenter et présenter ton travail ?

Après avoir démarré ma carrière professionnelle à la Direction des Ressources humaines de grands groupes nationaux et internationaux, je me suis lancée dans la formidable aventure de l’accompagnement des jeunes dans leurs démarches d’orientation. Depuis 2010, j’exerce en tant que consultante spécialisée, mettant un point d’honneur à accompagner l’étudiant de A à Z dans ses réflexions et ses démarches. Je vais donc autant aider un jeune à déterminer son parcours d’études, l’orienter sur les choix de cursus les plus adaptés à son profil et ses souhaits, que le coacher pour ses entretiens d’admission ou encore l’aider à rédiger ses lettres de motivation.

À quel public t’adresses-tu particulièrement ?

Je démarre dès 11-15 ans, notamment lorsqu’il s’agit de choix de filières professionnelles et j’accompagne les étudiants jusqu’à leur premier emploi. Il n’est pas rare que des étudiants me sollicitent en cours d’études pour un choix de spécialisation par exemple, voire parfois pour une réorientation. Mais 60% de mon activité repose sur les 15-18 ans et leurs choix de filières ou bien leurs choix d’orientation dans les études supérieures.

Pourquoi viennent-ils te consulter ?

La plupart des jeunes que je rencontre sont totalement perdus, ne sachant que faire ni où aller. Je rencontre principalement deux cas de figure : l’étudiant qui n’a aucune idée de ce qu’il pourrait entreprendre comme études ou alors l’étudiant qui a un projet précis mais qui ne sait comment procéder au meilleur choix de parcours d’études.

Comment arrives-tu à percevoir leurs besoins au-delà de la première demande qu’ils formulent ?

Mon travail consiste à aider l’étudiant à se poser les bonnes questions dans le bon ordre et lui apporter la connaissance nécessaire pour procéder à un choix éclairé. J’attache une très grande importance à l’écoute et à l’échange. C’est de cet échange que je tire toutes les informations pour rebondir et préciser petit à petit le projet. C’est également la raison pour laquelle je rencontre l’étudiant plusieurs fois, afin de l’accompagner dans la maturation du projet, le laissant seul décisionnaire à partir d’éléments d’information objectifs. Ces entretiens sont toujours des moments privilégiés que les étudiants apprécient car ils ont en face d’eux une personne qui les écoute et ne les juge pas. Pour moi, c’est le meilleur moyen de construire une relation de confiance, de parvenir à dépasser les apparences pour creuser en profondeur la personnalité et le profil et conseiller ainsi le plus justement.

Peux-tu nous parler des aspirations de ces jeunes ?

La plupart des jeunes que je rencontre ont une connaissance très limitée, voire erronée, du monde professionnel. Il y a donc très souvent un décalage important entre ce qu’ils se représentent et la réalité du terrain. Pour schématiser, je dirais qu’il y a 3 catégories de jeunes :

  • Les déconnectés — largement majoritaires — qui veulent gagner beaucoup d’argent en travaillant le moins possible !
  • Ceux qui vivent au travers des séries télé ou de l’actualité : l’avocat et ses plaidoiries spectaculaires, le médecin super héros, le policier des forces spéciales, le cuisinier qui gagne Top Chef, etc.
  • Les idéalistes : ceux qui pensent pouvoir révolutionner le monde en travaillant dans l’humanitaire, la protection des animaux, le développement durable, etc.

Sans casser les projets et les idéaux mais, au contraire, en valorisant les initiatives, ce n’est pas toujours simple de ramener l’étudiant à une réflexion plus en phase avec la réalité objective du monde du travail tel qu’il est configuré aujourd’hui. Mais c’est toujours aussi passionnant !

Quelles sont leurs principales craintes par rapport à leur avenir ?

Les deux principaux obstacles qui reviennent en boucle sont d’une part la crainte de ne pas être à la hauteur des attentes et par conséquent de ne pas réussir et d’autre part la peur de se lasser d’un métier qui serait trop routinier.

Quelles clefs leur donnes-tu pour les aider à être plus sereins ?

Tout d’abord j’aide l’étudiant à prendre conscience de ses atouts, de ses forces et de tout ce qui dans son profil constitue un élément qu’il pourra valoriser dans le futur. Globalement, le système éducatif français n’est pas des plus encourageants et encore c’est un euphémisme ! Prendre le contre-pied est déjà mettre l’étudiant dans une dynamique sur laquelle il pourra s’appuyer pour considérer positivement son avenir.

Ensuite, j’insiste sur le fait qu’aujourd’hui, une carrière n’est plus nécessairement aussi linéaire qu’elle l’a été pour les parents des étudiants que j’accompagne. Par conséquent réfléchir à son orientation ne rime plus nécessairement avec l’idée de s’enfermer pour 40 ans dans une seule et unique profession. Réfléchir à son orientation, c’est avant tout se demander par quelle porte je souhaite rentrer dans la vie professionnelle et quelles compétences je peux développer durant mes études pour ensuite pouvoir évoluer, changer d’environnement, voire me reconvertir.

Enfin, se décider pour telle ou telle filière ne se fait ni sur un coup de tête ni dans la précipitation. Le meilleur moyen pour envisager sereinement les hypothèses d’études est d’une part d’anticiper la réflexion au maximum mais également de pouvoir le plus largement possible échanger avec des professionnels du ou des secteurs envisagés. Rien ne vaut le partage d’expérience, rien n’est plus précieux que le fait de croiser divers témoignages pour se faire une idée plus précise de l’univers qui nous attend !

Comment différencies-tu tes réponses selon que le jeune est chrétien ou non ?

A priori je ne sais pas si le jeune avec qui je travaille est chrétien ou non. Je ne fais donc aucune différence dans ma manière de présenter les choses. En revanche, c’est toujours une immense joie de pouvoir accompagner un jeune chrétien car indiscutablement, la dimension spirituelle est la plus belle de toutes les réponses aux craintes qui habitent parfois les étudiants. Quand précisément un jeune anticipe, quand il se donne les moyens d’une réflexion sérieuse sur son avenir, quand il centralise tous ses atouts pour nourrir son projet et qu’au bout du compte il peut dire :« Seigneur, je t’ai proposé, maintenant, tu peux disposer », c’est magique ! Je partage souvent avec mes étudiants ma propre expérience d’étudiante où j’ai senti dans chaque étape significative la main de Dieu qui ouvrait juste la bonne porte au bon moment. C’est tellement bon à vivre que j’encourage mes étudiants à se laisser ainsi paisiblement guider. Et puis il y a la force de la prière. Pouvoir encourager un étudiant en lui disant que je prie pour lui lorsqu’il passe un examen, un concours, un entretien et recevoir quelques semaines plus tard un sms qui me fait part d’une bonne nouvelle, cela me donne des ailes pour continuer ce métier passionnant ! Parfois, les portes ne s’ouvrent pas immédiatement et il y a des obstacles à franchir. Et même si l’étudiant n’est pas croyant, j’essaye de partager avec lui ma sérénité, l’aider à être patient et à ne rien lâcher.

 

 

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