Dossier: Foi et société
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Du bon usage de la langue

« Ainsi aussi la langue est un petit membre et elle se vante de grandes choses. Voici, un petit feu, quelle grande forêt allume-t-il ! Et la langue est un feu. » (Jac 3.5)

Notre société, qui prône la liberté d’expression, semble avoir enfanté deux maîtres en la matière :

– le premier nommé « blabla » n’a qu’une doctrine : tout le monde a la parole ;

– le deuxième, « brouhaha », le bien-nommé, permet à tous de parler en même temps.

Le premier maître inspire ceux qui, n’ayant rien à dire, dissertent longuement et s’égarent dans un dédale de banalités. Le second pousse ceux qui pensent avoir un message à délivrer à le ressasser imperturbablement.

Parler pour ne rien dire

Comment s’y retrouver dans cet imbroglio où n’importe qui peut parler sur n’importe quoi, n’importe comment et à n’importe quel moment ?

Comment ne pas discerner à travers cette incontinence verbale le caractère et les intentions de ceux qui en sont atteints ? Ainsi on reconnaît aisément ceux qui occupent le terrain de peur qu’on ne les oublie ; ceux qui se font remarquer par leurs attaques verbales sans scrupules ; ceux qui osent des affirmations non fondées ; ceux qui imposent des points de vues marginaux, etc.

Tous ces cas de figures sont des produits directs de l’ouverture à tout-va des frontières du domaine universellement convoité : « la prise de parole ». La sagesse biblique nous rappelle « qu’il y a un temps pour se taire et un temps pour parler. » (Ecc 3.7)

Un don de Dieu

La lecture des premiers chapitres de la Genèse nous invite à conclure que la fonction première des oreilles que l’homme a reçues du Créateur est d’écouter la voix de Dieu. De même le langage nous a été donné pour entrer en conversation avec notre Dieu et pour nommer les choses ; et que dire de nos yeux dont le rôle est de contempler les merveilles de la Création, en une espèce de dialogue sans paroles entre les beautés de la nature et l’enthousiasme qu’elles suscitent ?

Nous avons depuis longtemps quitté les rives du jardin d’Eden, mais il nous reste quelque chose de nos précieuses facultés originelles : quel usage pouvons-nous espérer en faire, dans un monde marqué par la présence du péché ?

Faut-il nous souvenir que les paroles que l’on dit n’ont de sens que si elles expriment une pensée élaborée au préalable ? Ainsi, pour que nos discours ne soient ni blessants, ni du vent, il est nécessaire d’avoir conscience de leur contenu. Celui-ci est en effet trop facilement déformé dans son expression par sa pire ennemie: la précipitation.

« La voix de l’insensé se reconnaît par la multitude de ses paroles. » (Ecc 5.2) Par contre, « celui qui ferme ses lèvres est un homme intelligent. » (Pr 17.27)

Dans nos temps, qui exaltent la communication à tout prix et sous toutes ses formes, les avertissements concernant l’inflation verbale ont pris un relief étonnant : « En des temps comme celui-ci, sage est celui qui se tait, car les temps sont mauvais. » (Amos 5.13)

Toutefois, se cantonner dans le silence ne constitue pas l’alternative aux creux bavardages. Dieu nous encourage à une saine et utile pratique de la communication : « On éprouve de la joie à donner une réponse de sa bouche. Combien est agréable une parole dite à propos. » (Pr 15.23)

Pour que cet exercice soit pleinement réussi, il y a une condition essentielle : être soi-même nourri par la Parole de Dieu, et y être soumis, car « c’est l’Eternel qui donne une langue exercée pour que l’on sache soutenir celui qui est abattu. » (Es 50.4)

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Dossier : Foi et société
 

Cousyn Bernard
Bernard Cousyn a été durant plusieurs années ancien dans son église locale dans le Nord de la France. Jeune retraité, il vit à Evian et est membre du Comité de rédaction de Promesses.