Dossier: La mort, Destination inconnue ?
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someonePrint this page

Inhumation ou crémation ?

Peut-on se faire incinérer ?

La Bible ne traite pas du sujet de l’incinération de la même manière qu’elle traite de la vie éternelle ou de la certitude de la résurrection qui sont clairement enseignées par la Bible. Nous n’avons que quelques indices.
La Bible enseigne que le corps est le Temple du Saint-Esprit, invitant à considérer le nôtre d’une autre manière qu’une simple enveloppe charnelle. Il est vrai que le nouveau corps de l’enfant de Dieu ne sera pas fait de chair et de sang, mais plusieurs textes bibliques montrent que le corps des défunts est traité avec respect (Gen 50.7 ; 2 Sam 2.4-5 ; 21.12-14 ; Act 8.2). Moïse lui-même est enterré par l’Éternel Dieu (Deut 34.6).
Plusieurs exemples de la Bible montrent que les funérailles d’un proche ont été prises au sérieux et faites dans une grande dignité (Sara, Abraham, Jacob, Joseph, Saül, Jonathan, Jean-Baptiste et Étienne, par exemple). Pour autant, il n’y a aucune directive claire à ce sujet, les exemples tirés des textes narratifs de l’Écriture ne pouvant être considérés a priori comme des normes à suivre absolument.

On entend parfois les objections suivantes :

1. Le Nouveau Testament mentionne des « sépulcres » et des « tombeaux » (Jean 5.28-29 ; Mat 24.28). Ces textes n’évoquent pas des cendres mais bien des tombes avec des corps enterrés. Pourtant, Jésus savait bien qu’au cours des siècles, les cadavres ne restent pas tous dans les sépulcres et les tombeaux. De plus, certains chrétiens périssent brûlés. Jésus, en mentionnant les tombeaux et les sépulcres, utilisait une image pour évoquer ceux qui sont morts sans mentionner seulement ceux qui sont physiquement et réellement dans des tombeaux. Il ne donnait pas d’indication quant au style de sépulture.

2. La destruction du corps par le feu est mentionnée dans l’Ancien Testament en lien avec un jugement (Lév 20.14 ; 21.9 ; Jos 7.25 ; 1 Sam 31.12 13).
On peut nuancer en remarquant que l’incinération n’est pas proscrite. De la même manière, il n’est pas commandé de placer les corps dans des grottes, comme Abraham par exemple (Gen 25.9).

3. Les pratiques bibliques évoquent largement l’inhumation, mais il n’y a pas de directive qui exige de faire la même chose. Dans le Nouveau Testament, nous trouvons aussi la pratique d’embaumer les corps, ce que nous ne faisons pas, et qui n’est d’ailleurs pas commandé.

4. Jusqu’au début du XX e  siècle, de nombreuses incinérations concernaient des personnes opposées à Dieu, qui lançaient ainsi un défi à ceux qui enseignaient un jugement après la mort. L’Église catholique a longtemps condamné cette pratique. En réalité, l’incinération ne peut empêcher le Souverain Juge d’exercer son jugement. De même, certaines personnes pensent que l’incinération permet une certaine purification par le feu, ce que n’enseigne pas la Bible ; au contraire, la purification n’est possible que par le sang de Christ (1 Jean 1.7).

Que penser ?

Nous ne trouvons aucune interdiction claire de l’incinération, aucun ordre demandant d’enterrer les morts. S’il est important de s’occuper dignement des corps, le choix d’enterrer ou d’incinérer n’a pas de conséquence sur le devenir éternel des personnes.
Il faut aussi rappeler que le corps ressuscité étant un corps spirituel (1 Cor 15.35-54), la continuité entre le corps physique actuel et le corps de résurrection n’est pas physique ; la destruction des molécules du corps par le feu n’a aucune incidence sur la résurrection. De même, le corps ne reste pas intact sous la terre et il ne reste généralement pas dans le tombeau. Après un certain nombre d’années, les ossements sont mis dans un ossuaire commun et parfois traités avec de la chaux vive ou brûlés (en France en tout cas).
Il existe diverses sensibilités concernant l’incinération (ou crémation). Il convient de respecter les différentes manières de penser tant qu’elles ne s’opposent pas à l’enseignement explicite de l’Écriture. Affirmer que l’incinération ne permet pas la résurrection ou aura des conséquences néfastes sur le nouveau corps est un enseignement dangereux qui nie l’œuvre de Christ à la croix et ses conséquences. Les conseils de l’apôtre Paul en Romains 14 nous aident aussi pour les aspects pratiques de cette question :

1. Puisqu’il n’y a pas de directive claire dans l’Écriture, il n’est ni juste ni bon de critiquer un frère ou une sœur qui choisit de se faire incinérer ou qui refuse absolument la crémation.

2. Certaines personnes, membres de la famille ou proches, pourraient être choquées par une incinération ou mal vivre leur deuil faute de tombe. Dans ce cas, un enterrement traditionnel peut être préféré, par respect pour les vivants, tout en précisant que la personne n’est pas dans la tombe et que son avenir éternel ne dépend pas du traitement de son corps après son décès.

3. On peut préférer l’incinération, parfois moins coûteuse et qui peut éviter l’entretien d’une tombe, notamment lorsque la famille habite loin du lieu de l’inhumation. D’autres mettent en garde contre la pollution entraînée par l’incinération de personnes qui ont des amalgames dentaires contenant du mercure.

Pour conclure

Il est important que chacun soit convaincu de ses choix (Rom 14.5). Mais il n’y a pas d’argument théologique clair et décisif en faveur d’un choix. Les motivations sont importantes et le choix d’une méthode ne doit pas être dirigé par des considérations faisant intervenir de fausses doctrines (comme la purification par le feu, ou la croyance que le corps physique doit être préservé). Enfin, il convient de veiller à ne pas choquer inutilement nos proches.

Source : Un chrétien peut-il être incinéré ?
https://evangile21.thegospelcoalition.org/article/evangile-21-repond-un-chretien-peut-il-etre-incinere/

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedInEmail this to someonePrint this page
Dossier : La mort, Destination inconnue ?
 

Charvin Olivier
Pasteur de l’Action Biblique des Montagnes neuchâteloises au Locle, Olivier est titulaire d’un Master de la Faculté Jean Calvin (Aix-en-Provence). Il est marié et père de deux enfants