Série: La foi chrétienne et le retour au paganisme
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La foi chrétienne et le retour au paganisme (2)

3. La tour de Babel

Ce principe religieux propre à toutes les formes du paganisme, quels qu’en soient les lieux ou les époques, de parvenir à un salut opéré par des oeuvres religieuses ou profanes uniquement humaines, est particulièrement mis en évidence par la tentative des hommes à Babel de construire une tour dans le but de relier ciel et terre.

Or toute la terre parlait un même langage avec les mêmes mots. Partis de l’Orient, ils trouvèrent une vallée au pays de Chinéar, et ils y habitèrent. Ils se dirent l’un à l’autre: «Allons! faisons des briques et cuisons-les au feu. La brique leur servit de pierre, et le bitume leur servit de mortier.» Ils dirent (encore): «Allons! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet (touche) au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas disséminés à la surface de toute la terre.» (Gen 11.1-4)

La suite du récit est connue. Dieu, dans sa bonté et dans sa sévérité, vit cette tour en voie de construction et le dessein insensé des hommes d’essayer d’atteindre le ciel par leurs propres efforts. Ils désiraient ainsi rétablir le paradis sur terre sans Dieu, et pour parvenir à ce but, ils cherchaient à établir une unité entre tous les hommes. En confondant leurs langues et en dispersant les hommes aux quatre coins de la planète, Dieu cassa ce projet. Son succès aurait eut pour effet de rendre permanent et irréversible la séparation des hommes d’avec leur Créateur. Par cette intervention divine, les hommes, malgré tous leurs efforts allant dans le sens contraire, ont été amenés à accomplir, du moins partiellement, l’ordre créationnel adressé à Adam:

Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-là. (Gen 1.28)

Nous nous retrouvons ici à nouveau confrontés au coeur même de la religiosité païenne: la volonté d’atteindre le ciel, de combler la rupture produite par le péché, uniquement au moyen d’efforts humains. Nous voyons en plus dans ce récit le caractère collectif de l’entreprise d’auto-déification des hommes. Il ne s’agit pas seulement de relier terre et ciel – tentation propre à tous les messianismes utopiques – mais, pour ce faire, il faut à tout prix relier les hommes entre eux, les unir tous dans un effort unique.(5)

Ceci nous révèle un nouvel aspect des religions païennes: leur caractère totalitaire, leur tendance à vouloir unifier l’humanité en un seul corps, à fonder un seul empire sur terre. Cette tendance unificatrice totalitaire est apparue fréquemment dans l’histoire des nations païennes. L’Egypte, Babylone, la Grèce, Rome et jusqu’aux plus petites sociétés animistes, ont manifesté le même caractère totalitaire. Les empires modernes, celui d’un Napoléon, le nazisme et le communisme, ont tous manifesté ce même phénomène centralisateur et unificateur. Tous, nous le verrons plus loin, furent fortement marqués par le retour en force du paganisme de toujours.

Relevons encore ici que la confusion des langues et la dispersion des hommes furent des marques, non seulement du jugement de Dieu, mais de sa bonté. La constitution des hommes en nations, peuples, tribus et clans distincts est également un acte positif dont les conséquences bénéfiques se manifesteront jusque dans la vie à venir. Car il nous est dit par le voyant de l’Apocalypse que les feuilles de l’arbre de vie serviront à la guérison des nations elles-mêmes (Apoc 22.2).(6) Aujourd’hui, la renaissance du paganisme est à nouveau accompagnée par l’obsession de l’unité mondiale.(7) Le monstrueux projet de collaboration internationale pour décrypter complètement le code génétique humain, dans le but inavoué de manipulation, et même de création, humaine, n’est certes pas un des aspects les plus rassurants du mouvement d’unification mondiale. Il est évident que par l’universalisation du langage mathématique et par le développement fulgurant de son instrument rêvé, l’informatique, l’homme cherche à nouveau à contourner Cette maudite confusion des langues imposée par le Créateur à Babel. Le mondialisme tant prôné aujourd’hui – beaucoup plus avancé dans bien des domaines que nous ne l’imaginons – lui aussi témoigne de la volonté persistante des hommes de s’unir par leurs propres moyens en dehors du Royaume de Dieu et de son Christ.

4. La délivrance de l’esclavage d’Egypte

Après la délivrance de Noé et de sa famille de la catastrophe universelle du déluge et l’appel d’Abram à quitter sa patrie pour une destination inconnue, la sortie du peuple d’Israël d’Egypte constitue une nouvelle phase dans la lutte immémoriale entre le peuple de l’alliance et les forces religieuses et politiques du monde païen. En Egypte, Moïse et Aaron furent confrontés, non seulement à la puissance totalitaire de l’Empire des pharaons (une monarchie à prétentions divines), mais également à la puissance magique des maîtres de la religion égyptienne. Dans cette longue confrontation avec toute la puissance religieuse et politique d’une civilisation païenne, les serviteurs du Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob sortirent victorieux. Leur obéissance et leur foi vint à bout de la puissance occulte très réelle des magiciens et des devins de l’Egypte. Il est intéressant de constater que la Bible n’hésite pas à attester la réalité de cette puissance ésotérique. A la suite de la première plaie provoquée par Moïse, la transformation de l’eau du Nil en sang, l’Exode nous dit:

Mais les magiciens d’Egypte en firent autant par leurs pratiques occultes. (Ex 7.22)

Il en fut de même pour la deuxième plaie, la multiplication des grenouilles:

Mais les magiciens en firent autant par leurs pratiques occultes. Ils firent monter les grenouilles sur le pays d Egypte (Ex 8.3)

Mais dès la troisième plaie, celle des moustiques, il n’en fut plus du tout de même:

Les magiciens employèrent leurs pratiques occultes pour produire les moustiques; mais ils ne le purent pas. Les moustiques étaient sur les hommes et sur les bêtes. Alors les magiciens dirent au Pharaon: «C’est le doigt de Dieu!» (Ex 8.10-14)

La puissance magique très réelle exercée par les magiciens d’Egypte avait de très strictes limites et ils durent eux-mêmes reconnaître la puissance supérieure du Dieu d’Israël. L’occultisme qui se répand si librement partout aujourd’hui est de la même espèce que celui pratiqué par les magiciens de l’Antiquité. La puissance de Dieu lui est toujours infiniment supérieure. Pourquoi donc voyons-nous la croissance presque irrésistible de ce nouveau paganisme autour de nous? Ne nous est-il pas dit que notre foi était victorieuse du monde? Une fois la puissance spirituelle de l’Egypte vaincue, ce n’était plus qu’une question de temps – et de persévérance dans la foi et dans l’obéissance de la part de Moïse et d’Aaron – avant que ne soit également renversé le pouvoir politique, oppressif et totalitaire des pharaons.

5. La conquête de Canaan

Les habitants du pays de Canaan, nous dit la Bible, étaient parvenus à ce comble de décadence morale et spirituelle que Dieu avait prédit à Abraham quatre siècles auparavant (Gen 15.16). Ces nations étaient connues dans tout le Moyen Orient ancien pour leurs pratiques occultes, faisant même venir le magicien Balaam de l’Euphrate pour jeter des sorts sur le peuple d’Israël. La victoire de Dieu sur les puissances de l’Egypte se répéta pour Israël sous l’égide de Josué face aux Cananéens. Mais à cette victoire, l’Eternel avait établi une condition: la fidélité de Josué, et de tout le peuple avec lui, à la parole de Dieu. Voyez l’exhortation que Dieu adressa à Josué à la veille de cette confrontation:

Nul ne tiendra devant toi, tous les jours de ta vie. Je suis avec toi comme j’ai été avec Moïse; je ne te délaisserai pas, je ne t’abandonnerai pas. Fortifie-toi et prend courage, car c ‘est grâce à toi que ce peuple héritera du pays que j’ai juré à leurs pères de leur donner. Seulement fortifie-toi, aie bon courage, en observant et en mettant en pratique toute la loi que t’a prescrite Moïse, mon serviteur: ne t’en détourne ni à droite ni à gauche, afin (le réussir partout où tu iras. Ce livre de la loi ne s’éloignera pas de ta bouche; tu y méditeras jour et nuit pour observer et mettre en pratique tout ce qui y est écrit, car c ‘est alors que tu mèneras à bien tes entreprises, c ‘est alors que tu réussiras. Ne t ‘ai-je pas donné (et ordre: Fortifie-toi et prends courage? Ne t’effraie pas et ne t’épouvante pas, car l’Eternel ton Dieu est avec toi où tu iras. (Jos 1.5-9)

Face à un peuple qui, sous la direction de Josué, matchait dans la fidélité aux ordres de Dieu, dans la soumission à sa Parole, les puissances maléfiques qui dominaient les nations cananéennes durent reculer et la victoire fut assurée à Israël. Car le Dieu de Josué était plus puissant que les démons qui se prétendaient les dieux des Cananéens. Les portes de l’enfer, en effet, ne pouvaient prévaloir contre les armées fidèles du Dieu de l’ancienne alliance. Prévaudraient-elles aujourd’hui contre l’Eglise de l’alliance nouvelle?

6. Elie et les prophètes de Baal

Mais le peuple de Dieu n’est pas demeuré dans cette victoire que lui assurait son entière confiance en Dieu et sa fidélité à la loi. L’histoire d’Israël que nous retracent les livres des Juges, de Samuel et des Rois nous montre clairement que chaque fois que le peuple de Dieu se détournait de l’Eternel et de sa loi, se compromettant avec les puissances mauvaises en adorant leurs idoles, il était immanquablement livré à ses ennemis.

Quand un seul homme, comme Elie par exemple, se levait à l’appel de Dieu pour s opposer aux religions païennes qui s’étaient infiltrées dans la vie religieuse d’Israël, les puissances du mal étaient obligées de reculer. Lorsqu’Elie, au nom du Dieu d’Israël, lança un défi aux 450 prophètes de Baal pour voir quel dieu répondrait à la prière de ses fidèles, le Dieu vivant ou les Baals, l’Eternel manifesta clairement sa puissance en envoyant en réponse à la prière de son serviteur le feu du ciel pour consumer l’offrande placée sur l’autel.

Au moment de la présentation de l’offrande, le prophète Elie s ‘avança et dit: «Eternel, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, que l’on reconnaisse aujourd’hui que c ‘est toi qui est Dieu en Israël, que je suis ton serviteur et que j’ai fait toutes ces choses par ta parole! Réponds-moi, Eternel; réponds-moi afin que ce peuple reconnaisse que c ‘est toi qui ramènes leur coeur!»

Alors le feu du ciel tomba. il consuma l’holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l’eau qui était dans le fossé. Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent la face contre terre et dirent: «C’est l’Etemel qui est Dieu! C’est l’Eternel qui est Dieu!» (1 Rois 18.36-39)

Mais pour obtenir de telles victoires. il fallait des hommes comme Elie, hommes comme nous, nous dit la Bible, des hommes chez lesquels se trouvaient mariées la foi en Dieu et la fidélité à ses commandements.

Le peuple d’Israël cependant, malgré les avertissements répétés de Dieu, s’enfonça de plus en plus dans l’idolâtrie et l’iniquité et fut, pour finir, emporté par les Assyriens. Juda, lui aussi, persista dans son infidélité et à son tour fut déporté à Babylone par le roi Nabuchodonosor. Soixante-dix ans après la déportation, un reste purifié par l’épreuve revint avec Esdras et Néhémie rebâtir le temple et les murailles de la ville sainte.

7. Le peuple fidèle, victorieux même dans l’exil

Nous trouvons dans le récit de la déportation des Juifs à Babylone l’histoire étonnante de Daniel et de ses amis pour nous faire comprendre que même dans les plus grands désastres de l’Eglise, Dieu demeure fidèle à ses promesses. Ainsi Daniel et ses amis, en restant fidèles, malgré tous les obstacles de l’exil, aux commandements de leur Seigneur, Ont pu voir le Dieu tout-puissant intervenir en leur faveur et faire plier les plus grands rois de la terre devant sa majesté. Quel encouragement nous pouvons tirer de ces paroles du roi Nabuchodonosor!

Après le temps marqué, moi, Nabuchodonosor, je levai les yeux vers le ciel, et la raison me revint. J’ai béni le Très-Haut, j’ai loué et glorifié celui qui vit éternellement, celui dont la domination est une domination éternelle, et dont le règne subsiste de génération en génération. Tous les habitants de la terre sont comme s’ils n’avaient pas de valeur; il agit comme il lui plaît avec l’armée des cieux et avec les habitants de la terre, et il n’y a personne qui résiste à sa main et ose lui dire. Que fais-tu? (…) Maintenant moi, Nabuchodonosor, je loue, j’exalte et je glorifie le roi des cieux, dont toutes les oeuvres sont vraies et les voies justes, et qui peut abaisser ceux qui marchent avec orgueil (Dan 4.31-34).

Après la délivrance de Daniel de la fosse aux lions, le roi Darius écrivit à tout les peuples et à toutes les nations sous son autorité ces paroles extraordinaires dans la bouche du souverain d’une nation, Babylone, maîtresse de tous les arts magiques et divinatoires:

«Que la paix soit avec vous en abondance! Je donne l’ordre que, dans toute l’étendue de mon royaume, on ait de la crainte et du respect devant le Dieu de Daniel. Car il est le Dieu vivant
Et il subsiste à jamais!
Son royaume ne sera jamais détruit,
Et sa domination durera jusqu ‘a la fin.
C’est lui qui sauve et délivre,
Qui opère des signes et des prodiges
Dans les cieux et sur la terre.
C’est lui qui a sauvé Daniel
De la griffe des lions.
» (Dan 6.26-28).

Cet appui extraordinaire de Dieu envers son serviteur était manifestement le fruit de la foi et de la fidélité de Daniel, de son entière confiance envers son Dieu et de sa volonté persévérante d’obéissance, jusque dans les moindres détails, à la loi de Dieu. En cet homme de Dieu exemplaire s’accomplissaient les paroles de notre Seigneur Jésus-Christ:

Celui qui mettra en pratique l’un de ces plus petits commandements, et qui les enseignera, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux (Mat 5.1).

8. Le retour d’Israël et la falsification de la loi

Israël, à nouveau, se montra infidèle à son Dieu. Mais cette fois ce ne fut pas simplement par imitation de l’idolâtrie des peuples voisins ou par oubli de la loi. La désobéissance d’Israël fut plus profonde encore. Elle fut marquée par un respect apparent des commandements de Dieu, même par un zèle farouche en leur faveur. Mais ce respect était de pure façade et cachait une volonté inflexible de modifier les exigences de la loi par le biais d’une casuistique rationaliste savante dont le but était de réduire les difficultés morales imposées par les commandements de Dieu aux enfants d’Israël.

Le dernier livre de l’Ancien Testament, la prophétie de Malachie, témoigne clairement de cette volonté de falsifier la parole de Dieu tout en prétendant lui vouer le plus grand respect. Voici comment Dieu, par la bouche de son prophète, s’adressa aux prêtres, c’est-à-dire à ceux dont la tâche était d’enseigner la loi au peuple:

Mon alliance demeurait avec Lévi,
C’était la vie et la paix.
Je les lui ai données pour qu’il me craigne,
Et il a eu pour moi de la crainte,
Il a tremblé devant mon nom.
Une loi véridique était dans sa bouche,
Et la fraude ne s ‘est pas trouvée sur ses lèvres;
il a marché avec moi dans la paix et la droiture,
Il a détourné du mal beaucoup d’hommes.
Car les lèvres du sacrificateur
Gardent la connaissance,
Et c ‘est à sa bouche qu’on demande la loi,
Parce qu’il est un messager de l’Eternel des années.
Mais vous vous êtes écartés de la voie,
Vous avez fait trébucher beaucoup d’hommes au moyen de la loi.
Vous avez violé l’alliance de Lévi,
Dit 1’Eternel des armées.
(Mal 2.5-7)

Cette falsification de la loi par les Lévites eux-mêmes, afin d’en accommoder les exigences au goût du jour, au rationalisme grec de plus en plus influent et à l’égoïsme naturel du coeur humain, aboutit à cette tradition des anciens qui, sous les apparences du respect le plus scrupuleux de la loi mosaïque, ne faisait qu’en évacuer le sens exact.(8) Ce fut là l’obstacle le plus important auquel le Seigneur Jésus-Christ fut confronté lors de son ministère terrestre. Cette tradition exégétique et théologique apostate se consolida plus tard dans ce que l’on vint à appeler la loi orale, la Mishna, qui se substitua largement à la loi écrite ancienne, la Thora, pour aboutir finalement à une nouvelle loi écrite, le Talmud.

Ce Talmud rabbinique, cette tradition des anciens, est aujourd’hui le véritable livre saint des Juifs. Il est en fait placé par eux bien au-dessus de la Bible elle-même. Nous pouvons y trouver la plupart des racines philosophiques et théologiques de l’apostasie moderne: la tradition mise au-dessus de la révélation, la critique rationaliste de la Bible, la pire des casuistiques morales, le relativisme de l’éthique de situation, la négation constante du principe de contradiction. même la dialectique hégélienne. Il est faux d’affirmer que le judaïsme moderne, même le plus orthodoxe, repose en premier lieu sur la Bible hébraïque. Comme les scribes et les pharisiens du temps de Jésus, les Juifs d’aujourd’hui s’appuient, non sur la loi donnée à Moïse, mais sur une falsification millénaire de cette loi.(9)

9. La venue du Messie et la victoire définitive de Dieu sur le paganisme

Au temps du Christ, la casuistique rabbinique de la tradition des anciens conduisit à une invasion de la nation juive par les puissances des ténèbres. Il est en effet invraisemblable que si le peuple de Dieu était demeuré fidèle, il ait pu connaître une occupation démoniaque telle que celle décrite par les Evangiles. Les innombrables délivrances opérées par Jésus-Christ et ses disciples parmi ceux qui étaient toujours l’unique peuple de Dieu étaient des signes d’une grande infidélité de la nation toute entière à son Dieu. Ces délivrances si nombreuses étaient annonciatrices de l’imminente victoire complète à la croix du Fils de Dieu sur toutes les puissances de l’enfer. L’évangéliste Luc témoigne de cette puissance victorieuse de la parole de Dieu:

Les soixante-dix revinrent avec joie et dirent: «Seigneur, les démons même nous sont soumis en ton nom.« Il leur dit: «Je voyais Satan tomber comme un éclair» (Luc 10.17-18).

L’apôtre Jean nous dit:

Le Fils de Dieu est apparu, afin de détruire les oeuvres du diable (1 Jean 3.8).

Et l’auteur de l’épître aux Hébreux est plus explicite encore:

Ainsi donc, puisque les enfants participent au sang et à la chair, lui aussi, d’une manière semblable y a participé, afin d’écraser par sa mort celui qui détenait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable (Héb 2.14).

Ainsi s’accomplissait la première prophétie messianique de la Bible, celle où Dieu promettait à Eve que sa descendance écraserait la tête du serpent (Gen 3.15). Comme le dit l’apôtre Paul:

…il a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d’eux à la croix (Col 2.15).

Jésus-Christ le disait lui-même peu de temps avant sa crucifixion:

Maintenant c ‘est le jugement de ce monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors (Jean 12.31).

C’est cette victoire finale et définitive du Christ sur toutes les puissances des ténèbres qui brisa pour toujours la force spirituelle du paganisme et ouvrit une brèche, que nul ne peut fermer, pour la proclamation victorieuse de l’Evangile à toutes les nations de cette terre.

Jean-Marc Berthoud

Au prochain numéro: B. Le combat de l’Eglise contre le paganisme.

Notes
(5) Sur l’utopisme voyez l’ouvrage de Thomas MOLNAR: L’utopie, éternelle hérésie, Beauehesne, Paris, 1973 (1967).
(6) Sur ‘histoire des nations voyez les ouvrages suivants:
Elie Kedourie: Nationalism, London, 1960
Hugh Seton-Watson: Nations and States. An Enquiry into the Origin of Nations and the Politics of Nationalism, Westview Press, Boulder Colorado. 1977.
Hans Kohn: Nationalism. Its Meaning and History, Van Nostrand, New York, 1955.
Ernest Gelîner: Nations and Nationalism, Cornell, Ithaca New York, 1983.
John A. Armstrong: Nations before Nationalism, Univ. of North Carolina Press, Chapel Hill, 1982.
Il n’existe à notre connaissance aucune étude théologique d’un point de vue évangélique ou calviniste examinant l’enseignement, pourtant abondant, de la Bible sur la place des nations dans le déroulement providentiel des desseins de Dieu. D’un point de vue catholique nous pouvons signaler les études suivantes:
A. Philippe: Le Christ Roi des nations, Séminaire St-Pie X, Riddes, 1986.
Marcel Lefebvre: Ils l’ont découronné, Fideliter, Escurolles, 1987.
Théotime de Saint-Just: La royauté sociale de notre Seigneur Jésus-Christ d’après le Cardinal Pie, Editions de Chiré, Vouillé, 1988.
L’ouvrage du réformateur Martin BUCER est toujours d’actualité:
Martin Bucer: Du Royaume de Jésus-Christ, P. U. F., Paris, 1955 (1558).
Hermann Ridderbos: The Coming of the Kingdom, Presbyterian and Reformed, Nutley, 1976.
(7) Sur la signification des Nations Unies voyez:
Rousas J. Rushdoony: The United Nations in: The Nature of the American System, Craig Press, Nutley, 1965, p. 113-134.
(8) Voyez Matthieu 15.1-9 et les passages parallèles. Sur ce sujet capital de l’apostasie d’lsraël au temps de Jésus-Christ:
Augustin Lemann: Histoire complète de l’idée messianique chez le peuple d’Israël, Desbonnet, Gand (61 Sleepstraat, B-9000 Gand), 1974 (1909).
P. L. B. Drach: De l’harmonie entre l’Eglise et la synagogue, Desbonnet, Gand, 1978 (1844). 2 vols.
M.J. Lagrange: Le Messianisme chez les Juifs (150 av.J.-C. à 200 ap.J.-C.), Gabalda, Paris, 1909.
M.-J. Lagrange: Le Judaïsme avant Jésus-Christ, Gabalda, Paris, 1931.
Sur les rapports entre le faux messianisme politique, juif ou chrétien, et les utopies totalitaire modernes voyez les ouvrages suivants:
Philippe Beneton: Introduction à la politique moderne, Hachette. Pluriel. 1987, p. 63-81.
Henri de Luhac: La postérité spirituelle de Joachim de Flore, Lethielleux. Paris, 1978-1981, 2 vols.
Fric Voegelin: The New Science of Politics, Univ. of Chicago Press. Chicago, 1952.
Erie Voegelin: Science, Politics and Gnosticism, Regnery, Chicago, 1968.
(9) Auguste ROHLING: Le Juif selon le Talmud, Savine, Paris, 1889.

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