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La loi de Dieu et la conscience de l’homme

Vu que les commandements de Dieu sont l’ordre même de la création, et que cet ordre est un reflet de la sagesse de Dieu, et vu que l’homme lui-même a été créé à l’image de Dieu et que cette image, quoique maintenant déformée par le péché, n’a pas été abolie par la chute, nous devons affirmer que le témoignage de la loi de Dieu est inscrit dans la conscience de tout homme. Tous les hommes de toutes les époques sont placés sous la juridiction de Dieu, sont responsables de leurs actes devant le tribunal de Dieu et devront en rendre compte devant la loi de Dieu.
« Comme ils (les hommes) n’ont pas jugé bon d’avoir la connaissance de Dieu, Dieu les a livrés à une mentalité réprouvée, pour commettre des choses indignes: ils sont remplis de toute espèce d’injustice, de méchanceté, de cupidité, de perfidie… Et, bien qu’ils connaissent le décret de Dieu, selon lequel ceux qui pratiquent de telles choses sont dignes de mort, non seulement ils les font, mais encore ils approuvent ceux qui les pratiquent » (Rom 1 .28-32).
Le juste jugement de Dieu s’exercera sur les oeuvres des hommes, car tous les hommes sont responsables de leurs actions devant Dieu. La conscience que Dieu a inscrite dans leur nature leur fait clairement distinguer le bien du mal.

Depuis la chute, cette conscience du bien et du mal en l’homme est partiellement obscurcie par le péché originel, qui a faussé l’exercice de toutes les facultés humaines. Néanmoins, ce témoignage de la conscience de l’homme à la loi de Dieu demeure. Par les effets néfastes sur sa conscience de ses nombreux péchés personnels, l’homme travaille constamment, et de façon progressive, à étouffer le témoignage que rend sa conscience à la loi de Dieu. Plus il pèche, plus il obscurcit cette lumière en lui. Mais, répétons-le, ce témoignage ne peut jamais être aboli, même par le pire des endurcissements. L’endurcissement du coeur des pécheurs est variable, comme nous l’indiquent les différents terrains de la parabole du semeur. Tous sont pécheurs, mais tous n’ont pas commis les mêmes péchés avec la même fréquence. Ainsi, suite au péché originel et aux péchés personnels des hommes, a conscience de l’homme ne peut être considérée comme un juge infaillible pour discerner la différence véritable entre le bien et le mal. Il lui faut une règle extérieure à lui-même. L’impératif catégorique de Kant, qui est finalement subjectif, n’est jamais suffisant pour définir ce qui est bien et ce qui est mal. (1)

La volonté de l’horr me, elle aussi, a subi les conséquences du péché. Depuis la chute, les hommes séparés de Dieu sont tous esclaves de Satan. Ils appartiernent à son royaume. Mais cela ne veut pas dire que l’homme soit entièrement incapable du moindre bien. Jésus ne disait-il pas à ses disciples: « Si donc, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants… » (Mat 7.11)?
Il ne niait ni la méchanceté foncière des hommes, ni leur capacité d’accomplir de bonnes actions. Mais les bonnes actions que nous pouvons tous accomplir ne sont guère suffisantes pour nous rendre justes devant Dieu. Un seul est bon, parfaitement bon: c’est Dieu (Mat 19.17). Et un seul est juste, Jésus-Christ. Fils de Dieu depuis toujours, dans son incarnation il fut pleinement homme, toutefois sans le péché (2 Cor 5.21). Le moindre péché nous rend impurs devant la sainteté de Dieu.

« Car quiconque observe toute la lot mais pèche contre un seul commandement, devient coupable envers tous » (Jac 2.10).
Il serait cependant faux d’affirmer que l’homme pécheur, irrégénéré, sous la condamnation de Dieu, soit incapable de tout bien. Paul, qui insiste si souvent sur la culpabilité devant Dieu de tous les hommes, affirme le contraire de manière parfaitement claire dans sa lettre aux chrétiens de Rome:
« Quand les païens, qui n’ont pas la loi, font naturellement ce que prescrit la loi – eux qui n’ont pas la loi – ils sont une loi pour eux-mêmes; ils montrent que l’oeuvre de la loi est écrite dans leurs coeurs; leur conscience en rend témoignage, et leurs raisonnements les accusent ou les défendent tour à tour » (Rom 2.14-15).
Tous ont péché, toutes les facultés de l’homme sont corrompues, mais cette corruption de l’homme n’est jamais totale. Même si la créature est viciée par la chute, même si ses conceptions sont faussées, l’homme garde cependant ses facultés. Dans sa bonté, Dieu fait encore pleuvoir sur les bons et sur les méchants. Par sa parole puissante, Jésus-Christ soutient encore toutes choses (Héb 1.3). C’est Dieu qui assure à tous la vie, le mouvement et l’être (Act 17.28). Toute la création est en effet dans la main du Seigneur du ciel et de la terre. C’est pour cela que le psalmiste peut s’écrier:
« Tous les animaux mettent leur espoir en toi,
Pour que tu leur donnes leur nourriture en son temps.
Tu la leur donnes, et ils la recueillent,
Tu ouvres ta main, et ils se rassasient de biens.
Tu caches ta face: ils sont épouvantés;
Tu leur retires le souffle; ils expirent
Et retournent à la poussière.
Tu envoies ton souffle: ils sont créés,
Et tu renouvelles la face du sol »
(Ps 104.27-30).

Mais la connaissance naturelle de la loi de Dieu, connaissance propre À tous les hommes est par elle-même entièrement incapable de les conduire au salut. La volonté de Dieu pour nous est que nous soyons parfaits comme lui (Lév 19.2; Mat 5.48; 1 Pi 1.15-16). Cette perfection est totalement inaccessible a l’homme pécheur. En Christ, elle nous est accessible par la foi, foi qui a pour conséquence que la perfection du Seigneur nous est imputée gratuitement. Par la foi, nous avons accès à l’obéissance sans faille du Fils de Dieu fait homme pour notre salut. Et c’est par la foi que nous vivons jour après jour de cette justice que nous trouvons en Christ.

Si l’homme pécheur ne peut échapper au témoignage que rend sa conscience à la différence absolue entre le bien et le mal, qu’en est-il du chrétien? Tout chrétien a reçu le Saint-Esprit (Rom 8.9; Act 5.32), qui a comme tâche de le conduire dans toute la vérité (Jean 16.13). En conséquence, la conscience du chrétien lui fera discerner la différence entre le bien et le mal bien plus clairement que celle du païen. Pour celui qui est en Jésus-Christ, la prophétie de Jérémie (31 .33) est pleinement accomplie; voici comment elle est citée dans Héb 8.10:
« Or voici l’alliance que j’établirai avec la maison d’Israël,
Après ces jours-là, dit le Seigneur:
Je mettrai mes lois dans leur intelligence,
Je les inscrirai aussi dans leur coeur;
Je serai leur Dieu,
Et ils seront mon peuple ».

Mais, bien plus encore, la volonté de l’homme pécheur, volonté qui était esclave du péché et de Satan, est maintenant renouvelée, restaurée, libérée, de sorte que l’enfant de Dieu peut désormais marcher dans la justice de Dieu en obéissant à la loi de Dieu.
« En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a libéré de la loi du péché et de la mort. Car – chose impossible à la loi, parce que la chair la rendait sans force – Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair; et cela, pour que la justice prescrite par la loi soit accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit » (Rom 8.2- 4).

Le chrétien ne sera jamais sans péché ici-bas, et il devra toujours revenir au pied de la croix pour demander au Christ le pardon de ses péchés (1 Jean 1.8-10). La perfection ne sera son lot que lors de la résurrection du corps. Alors le chrétien sera entièrement dépouillé de cette puissance de la chair, de cette vieille nature qui continuellement l’incite à pécher. Mais, par la foi au Christ, par la puissance de l’Esprit de Dieu qui habite en lui, le chrétien peut marcher de progrès en progrès. Avançant sur le chemin de la sanctification, il peut accomplir la justice de Dieu et entrer dans ces oeuvres préparées pour lui par Dieu avant la création du monde.

Jean-Marc Berthoud

(1) Kant entend par « impératif catégorique » le commandement absolument obligatoire de la loi morale, commandement qui est inconditionnel, donc indépendant de toute situation sociale.

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