Dossier: La mort, Destination inconnue ?
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La mort, passage vers l’éternité

Lorsque cette vie s’arrête, qu’est-ce qui commence ?
La question dérange les gens plus qu’ils ne sont généralement prêts à l’admettre.
Certains préfèrent l’ignorer ; pour eux, penser à sa mort, c’est nourrir des idées noires.
Mais envisager la mort n’est qu’un réalisme de bon sens, puisque la mort est la seule certitude de la vie.

La nature de la mort

Lorsqu’une personne meurt de maladie ou de vieillesse, nous parlons de « mort naturelle », en réservant l’expression « mort non naturelle » aux cas d’accident ou de mort violente. L’Écriture confirme que toute mort est contre nature. Qu’est-ce que la mort ? C’est une dissolution de l’union entre l’esprit et le corps : « La poussière retourne à la terre… et l’esprit… à Dieu qui l’a donné » (Ecc 12.7). C’est une référence à l’histoire de la création. Comme au commencement Dieu a créé l’homme en insufflant la vie à de la poussière (Gen 2.7), ainsi dans la mort il sépare les deux éléments qu’il avait réunis à l’origine.

La mort signifie-t-elle l’anéantissement de la personne ?
Non. La mort est, selon l’expression de Paul, le « dépouillement » d’une personne, par le démantèlement de sa « tente » terrestre (2 Cor 5.1 5) ; mais ce n’est pas la fin de son existence. La Bible considère la continuation de l’existence comme allant de soi. L’Ancien Testament décrit les morts comme « descendant » à l’endroit qu’il appelle Shéol (Hadès dans la version grecque « Septante » de l’A.T. et dans le N.T.). Le shéol n’est cependant pas la demeure ultime des morts. L’Écriture annonce que les morts seront ressuscités corporellement pour le jugement au retour de Christ (Jean 5.28 ; Apoc 20.12-14 ; cf. Dan 12.2). Ceux dont les noms sont écrits dans le livre de vie (Apoc 20.12) seront alors accueillis dans une béatitude sans fin : « vie éternelle », (Mat 25.46) ; « gloire, honneur et paix », (Rom 2.10) ; « un royaume », (Mat 25.34) ; « la nouvelle Jérusalem » (Apoc 21.2-22.5). Mais le reste subira alors toute la colère de Dieu 1 .
Certains soutiennent que ces textes impliquent l’anéantissement de ceux qui sont rejetés – souffrant dans le feu pour un temps, puis plongés dans le néant.
Mais en réalité la « seconde mort » n’est pas plus une cessation d’existence que la première :
• « Destruction » (2 Thes 1.9) signifie non l’anéantissement mais la ruine (cf. son utilisation dans 1 Thes 5.3).
• L’insistance dans ces textes sur le fait que le feu, le châtiment et la destruction sont éternels et que le ver de la Géhenne est immortel, serait inutile et inapproprié s’il ne s’agissait que d’une extinction momentanée.
• On ne peut pas soutenir qu’ « éternel » signifie seulement « relatif à l’âge à venir » sans impliquer une durée sans fin : si la vie « éternelle » (Mat 25.46) indique une béatitude sans fin, alors la punition « éternelle »mentionnée ici doit être sans fin aussi.
• On nous dit que dans « l’étang de feu » (le « feu éternel préparé pour le diable et ses anges », Mat 25.41) le diable sera « tourmenté jour et nuit aux siècles des siècles » (Apoc 20.10). Tout homme envoyé pour le rejoindre endurera aussi une éternité de jugement (Apoc 14.10).
Ces textes enseignent non pas l’extinction mais la perspective bien plus terrible d’une conscience sans fin de la colère juste et sainte de Dieu. Un enfer sans fin ne peut pas plus être supprimé du N.T. qu’un ciel sans fin.
Dans l’A.T., les références à la mort dénotent surtout la dissolution physique. Mais dans le Nouveau Testament, le concept de mort est radicalement approfondi. La mort dans le Nouveau Testament est considérée principalement comme un état spirituel, l’état de l’humanité sans Christ. Comme la mort physique signifie la séparation de l’esprit du corps, la mort spirituelle signifie un état dans lequel l’homme est séparé de Dieu, privé de sa faveur et de sa communion, « mort par ses offenses » (Éph 2.1 ; cf. Mat 8.22 ; Jean 5.24 ; Rom 8.6 ; Col 2.13 ; 1 Tim 5.6). Comme dans la Bible, la « vie » dénote à plusieurs reprises la joie de la communion avec Dieu (cf. 1 Jean 5.12), ainsi être éloigné de cette « vie de Dieu » (Éph 4.18) est assimilé à la « mort ». C’est d’abord et avant tout de la mort spirituelle que nous devons être délivrés.

La mort et le péché

Dans toute la Bible, la mort dans ses aspects physiques et spirituels est considérée comme le jugement de Dieu sur le péché (cf. Éz 18.4). La mort, dit Paul, est le « salaire » payé aux serviteurs du péché (Rom 6.23). Quand Dieu a dit à Adam, « le jour où tu en mangeras [de l’arbre de la connaissance] tu mourras » (Gen 2.17), le sens primaire et explicite était la dissolution physique (cf. Gen 3.19).
Les mots « au jour où » expriment la certitude de la séquence, pas nécessairement l’immédiateté de l’application de la peine (cf. l’utilisation de la même expression dans 1 Rois 2.37). Adam ne mourut que longtemps après (Gen 5.5). Ainsi, lorsque Paul dit que « tous meurent en Adam » (1 Cor 15.22), le contexte montre qu’il n’a à l’esprit que la mort physique, que Christ doit abolir en ressuscitant les morts. Mais dans Rom 5.12 et suivants, lorsqu’il parle de Christ délivrant les « nombreux » qui sont à lui de la « mort » héritée d’Adam, sa référence est plus large. Car la délivrance qu’il expose n’est pas simplement la résurrection physique (d’ailleurs, la résurrection physique n’est pas du tout mentionnée dans le passage). C’est plutôt la « justification » actuelle (v. 16-19), conduisant à une restauration de la « vie » (v. 17, 18, 21) — en d’autres termes, la guérison de cette relation cassée avec Dieu.
Dans Gen 2.17, nous trouvons aussi une référence implicite à la mort spirituelle intervenue lorsque Dieu a chassé l’homme d’Eden (le lieu de communion), pour l’empêcher de manger en plus de l’arbre de vie.

Pas de « deuxième chance » après la mort

Après la mort, il existe un « grand abîme » entre ceux que Dieu accepte et ceux qu’il rejette (Luc 16.26). Le temps du choix est passé. Il ne reste plus qu’à recevoir les conséquences du choix fait pendant la vie terrestre (cf. Héb 9.27). Il n’y a rien d’arbitraire dans la doctrine du châtiment éternel : Dieu respecte notre choix et prolonge pendant toute l’éternité la condition spirituelle dans laquelle nous avons choisi d’être sur terre.
Beaucoup prennent ce rappel comme un avertissement désagréable et malvenu. Une meilleure réaction est de nous mettre à vivre dès aujourd’hui dans la lumière de l’éternité. « Enseigne-nous à bien compter nos jours, Afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. » (Ps 90.12).

Autres vues

Deux courants de pensée au moins affirment que le décès n’est pas une limite absolue pour bénéficier du salut : l’évangélisation post-mortem et l’universalisme.

L’évangélisation post-mortem

Ceux qui de leur vivant n’ont jamais entendu l’évangile prêché de façon claire et intelligible l’entendraient après leur mort.
Le texte un peu obscur de 1 Pierre 3.18-20 ne peut pas être utilisé pour appuyer cette idée, car :
• les « esprits en prison » sont au moins aussi susceptibles d’être des anges déchus que des hommes déchus (cf. Gen 6.1-4 ; Jude 6) ;
• la déclaration que le Christ a prêché aux esprits qui ont désobéi à l’époque de Noé n’implique pas que cette prédication a eu lieu à d’autres époques ;
• «  prêché  » (grec, kerysso) n’implique pas nécessairement une offre de vie mais probablement une proclamation du triomphe de Jésus.

Ainsi, ces versets ne prouvent pas l’évangélisation universelle post-mortem. Et des textes clairs vont à l’encontre de cette notion, notamment ceux qui considèrent cette vie comme déterminante pour son avenir (2 Cor 5.10 ; Gal 6.7 ; etc.).

L’universalisme

Dieu rencontrerait en Christ tous les hommes qui ne se sont pas tournés vers lui dans cette vie et les amènerait à l’aimer après leur mort.
Ce n’était clairement pas le point de vue de Christ (cf. Mat 12.32 ; 26.24), ni le sens évident ou même naturel d’un seul texte si on le prend dans son contexte.

La mort de la mort

Si vous ne pouvez pas donner un sens à la mort, vous ne pouvez pas non plus donner un sens à la vie.
La résurrection de Christ n’était pas une simple réanimation temporaire, comme l’étaient les résurrections de Lazare, de la fille de Jaïrus et du fils de la veuve de Naïn. « Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui… c’est pour Dieu qu’il vit. » (Rom 6.9,10).
« J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles.
Je tiens les clés de la mort et du séjour des morts. » (Apoc 1.18). Sa résurrection a proclamé et garanti à la fois le pardon et la justification pour son peuple (Rom 4.25 ; 1 Cor 15.17), ainsi que leur co-résurrection avec lui en nouveauté de vie spirituelle (Rom 6.4-11. ; Éph 2.1-10 ; Col 2.12-15 ; 3.1-11).
Cette co-résurrection spirituelle sera complétée, lorsque Christ reviendra, par une transformation physique de nos corps si nous sommes en vie (Phil 3.21), ou en nous revêtant de l’immortalité si nous sommes décédés (cf. 2 Cor 5.4 ; 1 Cor 15.50-54) ; cela signifiera la destruction finale de la mort, un intrus hostile et destructeur dans le monde de Dieu (1 Cor 15.26, 54-56).
En même temps, la crainte de la mort physique, qui venait de l’idée que la mort amène à la souffrance et au jugement (Héb 2. 15), a été abolie pour le chrétien : « l’aiguillon » de la mort a été retiré (1 Cor 15.55-56) ;
nous savons en effet que nos péchés sont pardonnés et que « ni la mort ni la vie … ni les choses à venir… ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur » (Rom 8.38-39). La mort physique est maintenant un « sommeil » « en Jésus », c’est-à-dire le repos (Apoc 14.13) et non l’inconscience (Christ leur a préparé une place dans sa maison (Jean 14. Phil 1.23).
Mourir peut être douloureux physiquement, mais c’est un voyage vers la joie. La communion avec le Christ, et avec Dieu par le Christ, commence ici sur terre et ne se terminera jamais : c’est la vie éternelle. Jésus accomplira sa promesse, proclamée à Marthe alors qu’elle pleurait Lazare : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra, et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Jean 11.25,26)

Conclusion : soyez prêt

Aujourd’hui on considère comme du bon sens de ne pas penser à la mort ; même les chrétiens qui insistent sur la seconde venue du Christ semblent ignorer que la préparation à ce retour et à la mort sont les deux facettes d’une même réalité.
Combien de chrétiens vivent-ils en se gardant prêts à partir ? Considérez chaque heure comme un cadeau de Dieu, dont vous devez tirer le meilleur parti. Planifiez votre vie, en établissant un « budget » pour soixante-dix ans (Ps 90.10) ; si votre temps s’avère plus court, ce ne sera pas une diminution injuste, mais une promotion rapide.
Ne laissez jamais le moins bon évincer le meilleur, et renoncez joyeusement à ce qui n’est pas le meilleur au profit de ce qui l’est. Vivez dans le présent ; acceptez avec reconnaissance les joies et les peines avec Dieu, ce sont des étapes sur le chemin vers la maison du Père. Ouvrez tous les aspects de votre vie au Seigneur Jésus, vous appuyant sur lui et répondant à son amour.
Paul dit : « Pour moi, je sers déjà de libation, et le moment de mon départ approche. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement » (2 Tim 4.6-8).

Extrait condensé de : J.I. Packer, 18 Words: The Most Important Words You Will Ever Know, Christian Focus Publication, 2010, Avec l’aimable autorisation de l’éditeur ; traduction : Rédaction Promesses.

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  1. « feu inextinguible », Mat 3.12 ; Marc 9.43 ; « géhenne » – le lieu d’incinération en dehors de Jérusalem – « où le ver dévorant ne meurt jamais », Marc 9.47f. ; NEB ; « ténèbres extérieures », un lieu de « gémissements et de grincements de dents », Mat 25.30, NEB ; « châtiment éternel », Mat 25.46 ; « le feu éternel préparé pour le diable et ses anges », verset 41 ; « colère et fureur… tribulation et détresse », Rom 2.8-9 ; « destruction éternelle et exclusion de la présence du Seigneur », 2 Thes 1.9 ; « le lac ardent de feu et de soufre, qui est la seconde mort », Apoc 21.8, cf. 20.15)
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Packer James Innel
James Innel Packer (1926-2020) était un homme d’église anglican, il a passé la première moitié de sa vie en Angleterre et la seconde au Canada. Il est largement reconnu comme l’un des vulgarisateurs théologiques les plus influents du XX e siècle.