Dossier: Le défi de l'Islam
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Les femmes dans l’islam

Le propos de cet exposé

De nos jours, de nombreuses personnes sont convaincues que les grandes religions sont foncièrement toutes les mêmes. Elles enseigneraient toutes l’amour, la compassion et la manière d’être vertueux.

L’islam et le christianisme ne font pas exception à cette règle. Elles se ressemblent encore davantage que la plupart des autres religions. Toutes deux monothéistes, elles considèrent que Dieu est totalement souverain et tout-puissant. Il a créé les cieux et la terre et jugera chaque âme de façon juste et équitable.

Alors pourquoi, tout en leur reconnaissant quelques importantes similitudes, les savants et les véritables fidèles de chaque religion déclarent-ils sans équivoque qu’en réalité, contrairement à la croyance populaire, l’islam et le christianisme sont fondamentalement différents ? La raison principale est que les musulmans orthodoxes prétendent que leur livre sacré, le Coran, est l’exacte révélation de Dieu, que Mahomet est le plus grand et le dernier des prophètes (également appelé le « sceau des prophètes ») et que sa vie et ses enseignements étaient irréprochables.

Les chrétiens orthodoxes réfutent ces affirmations. Une des multiples raisons pour lesquelles les chrétiens rejettent l’islam est sa perception et sa façon de considérer les femmes.

  1. Les femmes selon Mahomet

Le mariage infantile

Les intellectuels islamiques affirment que leur prophète était d’une moralité éminente (Coran 68.4). Mais quand on examine les mœurs de Mahomet et sa conduite envers les femmes, il est particulièrement difficile de parvenir à une telle conclusion. En effet, après le décès de son épouse Khadija, qui a profondément affecté Mahomet, celui-ci épouse plusieurs femmes sur l’affirmation d’une révélation reçue de la part d’Allah. Il a été marié à onze femmes en même temps mais il en eut seize, si l’on considère deux esclaves (Marie et Rayhana) et quatre compagnes offertes à Mahomet pour satisfaire ses désirs sexuels.

Remarquons d’emblée qu’une de ses épouses, Aïsha, n’avait que de 7 ans lorsqu’il l’épousa ; le mariage a été consommé alors qu’elle n’était âgée que de 9 ans. Il avait la cinquantaine à ce moment-là1. En réponse à l’accusation que Mahomet était un pédophile, un grand nombre de musulmans soutiennent que Aïsha était en fait plus âgée et avait demeuré chez ses parents jusqu’à la puberté. Cette allégation n’a aucune légitimité lorsqu’on lit un commentaire fait par Aïcha elle-même dans un des livres du hadith : « Le Messager de Dieu m’a épousée quand j’avais 7 ans : mon mariage a été consommé quand j’en avais 9. »2

Un autre contre-argument couramment utilisé par les musulmans est que le concept de pédophilie n’existait pas au septième siècle en Arabie, les mariages infantiles étaient chose commune.3 Bien que l’idée de Mahomet, à la cinquantaine, ayant des relations sexuelles avec une enfant soit répugnante pour un esprit occidental actuel, Mahomet n’a rien fait d’illégal ou de contraire à la morale aux yeux des musulmans. Néanmoins, Mahomet symbolise pour les musulmans l’exemple suprême du comportement humain (cf. Coran 33.21) et qu’il était d’une « moralité éminente » (68.4). En conséquence et en vue d’imiter leur prophète, beaucoup de musulmans à travers le monde ont pris des jeunes filles pour épouses. Dans certains pays, cette pratique est bénie par la loi.4.

Les femmes – un traitement d’égal à égal ?

Une autre thèse avancée par les musulmans est le respect de Mahomet envers les femmes. Ils disent que bien qu’il eut de nombreuses épouses, ses relations n’étaient pas basées sur la luxure, mais sur l’amour et un profond respect. Le journaliste Haroon Siddiqui explique que Mahomet « ne montrait quasiment aucune pudeur concernant le sexe. « J’adore me faire beau pour la femme, autant que j’adore qu’elle se fasse belle pour moi. » « Je suis intéressé par trois choses : le parfum, la femme et la prière. » « Le mariage est la moitié de la religion. » »5

Prétendre que les mariages de Mahomet étaient basés sur l’amour et sur un profond respect pour les femmes, c’est ignorer de nombreux textes qui le décrivent comme un surhomme sexuel : « Gabriel apporta une bouilloire dont j’ai avalé le contenu, » dit-il, « et j’ai acquis une puissance pour les rapports sexuels, égale à celle de quarante hommes. »6

Les intellectuels musulmans déclarent également que le statut des femmes n’est pas aussi mauvais que ce que les médias occidentaux aimeraient nous faire croire. Alors qu’aux États-Unis et dans la plupart des pays d’Europe et d’Afrique, les responsables politiques sont des hommes, Haroon Siddiqui écrit : « Les musulmans ont volontiers confié leurs affaires à des femmes. L’Indonésie, la plus grande nation musulmane, a eu une femme dirigeante ; tout comme la seconde plus grande nation, le Pakistan ; ainsi que la troisième plus grande, le Bangladesh ; et la quatrième plus grande, la Turquie. ».7  Au regard de ces statistiques, nous pourrions penser que le Coran fait davantage confiance aux femmes pour les fonctions politiques. Toutefois, lorsque nous examinons les paroles de Mahomet, ses préceptes contredisent de telles affirmations. Par exemple : « Un peuple qui remet sa direction entre les mains d’une femme ne réussira pas, » ou « Je ne laisse derrière moi aucune cause de crainte, sauf pour les hommes, celle des femmes.»8 Certains musulmans érudits voient ces deux citations comme des déclarations d’ordre général, autorisant des exceptions dans le premier cas et comme une mise en garde contre les rapports sexuels illicites dans le second. À la lumière d’autres extraits du Coran et des hadiths, concilier ces affirmations est impossible. Le Coran admet clairement que les hommes sont supérieurs aux femmes. La Sourate 2.228 déclare : « Les hommes ont cependant une prédominance sur elles [les femmes]. »

Il existe bien trop de passages qui rabaissent les femmes pour arriver à la conclusion que les textes du Coran et des hadiths honorent les femmes (Sourates 2.223, 4.3, 4.11, Haddith Bukhari, vol. 4, livre 59, no.3237, Haddith al-Mawardi,  Umdat al-Salik, al-Akham as-Sultaniyyah, m10.4 et m10.3). Sans aucun doute, les statuts de l’homme et de la femme dans le Coran sont différents.

Battre sa femme

Certains passages du Coran sont très offensants, dégradants et insultants envers les femmes. Allah permet par exemple aux hommes de battre leurs femmes : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci […] Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les ». (4.34). De nombreux théologiens ont soutenu que cette doctrine est davantage symbolique que littérale et qu’elle n’approuve pas la violence envers les femmes. De plus, ils disent que Mahomet n’a jamais battu ses épouses et qu’il combattait ce dogme. Nous devons donc nous demander quelle partie du châtiment est symbolique plutôt que littérale. La seule interprétation possible est littérale et elle est corroborée par d’autres versets. Mahomet a dit : « Les femmes se sont enhardies envers leur mari » après quoi « il les autorisa à les battre. »9 Mahomet ajouta : « On ne demandera pas à un homme pour quelle raison il bat sa femme. »10 L’affirmation qu’il n’a jamais battu aucune de ses épouses est également fausse. Un soir, alors que Mahomet était sorti, croyant que son épouse préférée, Aïsha, dormait, elle a décidé de le suivre à l’extérieur. Quand il découvrit ce qu’elle avait fait, il la frappa. Et Aïsha de conclure : « Il me frappa à la poitrine, ce qui me fit souffrir et ensuite il dit : Pensais-tu que Allah et son Apôtre te traiteraient injustement ? »11

De nombreux musulmans reconnaissent l’existence du commandement. Le Dr Muzammil H. Siddiqi, ancien Président de l’Islamic Society of North America (Société Islamique d’Amérique du Nord) a dit : « Dans certains cas un mari peut prendre de légères mesures disciplinaires afin de corriger l’infraction morale de son épouse […] Le Coran est très clair à ce sujet. »12 D’autres apologistes islamiques soulignent qu’un mari ne doit battre sa femme que légèrement, de façon à ne pas lui causer de douleur ou laisser des marques13. En mai 2007, le président de la grande et prestigieuse université musulmane Al-Azhar au Caire, ainsi que l’ancien Mufti d’Égypte, Ahmad al-Tayyeb, ont défendu cette pratique en expliquant que « ce n’est pas vraiment la battre, c’est plus comme lui donner des coups de poing […] C’est comme la heurter ou la cogner. »14

Les femmes en enfer ?

Dans l’un des hadiths, le Prophète est prétendument allé au paradis et en enfer, et il a rendu compte de ce qu’il a vu : « J’ai observé le paradis et j’ai découvert que la plupart de ses habitants étaient les pauvres gens, et j’ai observé le feu [de l’enfer] et découvert que la majeure partie de ses habitants étaient des femmes. »15

Les académiciens islamiques affirment que les révélations d’Allah s’adressaient spécifiquement aux épouses de Mahomet et que ces avertissements étaient plutôt adaptés aux sociétés arabes du VIIe siècle. Par conséquent, beaucoup de réformateurs islamiques ont soutenu que les versets coraniques nécessitaient une réinterprétation à la lumière des nouvelles réalités sociales, culturelles et économiques du XXIe siècle. Une nouvelle interrogation nous presse : les femmes ne sont-elles pas toutes censées suivre le comportement des épouses du Prophète, puisqu’il représente le modèle idéal pour tous les musulmans pratiquants ? En outre, selon les musulmans orthodoxes, ce que le Coran prescrit, s’applique à chaque instant et en chaque lieu comme l’ordre révélé d’Allah.

Des épouses provisoires

Une des traditions de Mahomet, stipule qu’un mariage provisoire est autorisé pour les hommes. Elle mentionne qu’il « doit durer trois nuits puis, s’ils ont envie de le poursuivre ils le peuvent mais s’ils veulent se séparer, ils le peuvent aussi. »16 Ce mariage provisoire, appelé Mut’a, est une disposition permettant aux hommes d’obtenir la compagnie d’une femme sur un court délai. L’autorisation de cette pratique est tirée de la Sourate 4.24 et du hadith : « Tu as été autorisé à faire le Mut’a [mariage], alors fais-le. »17 La plupart des musulmans affirment que Mahomet abrogea cette clause ultérieurement. Or on ne trouve pas de preuve de cette allégation dans les écrits. Même s’il l’avait fait, ce précepte coranique, humiliant et désobligeant, continue d’être pratiqué dans certains pays musulmans sous forme de la prostitution dissimulée. En effet, une minorité de musulmans appelés les chi’ites, ont maintenu cette tradition, comme en Iran où les épouses provisoires sont permises. Robert Spencer a écrit : « les épouses provisoires ont tendance à se rassembler dans les villes sacrées chi’ites, où elles peuvent offrir de la compagnie à des séminaristes solitaires. »18

Le traitement spécial de Mahomet

De nombreux académiciens musulmans indiquent que Mahomet, puisqu’il était le Prophète d’Allah et qu’il a vécu à cette période précise de l’histoire, avait des privilèges qui ne s’appliquent pas aux autres croyants. Il a donc spécialement été autorisé à avoir le nombre de femmes qu’il désirait (cf. 33.50)

De la même manière, Mahomet a eu onze femmes en même temps, tandis que les musulmans ne peuvent en avoir que quatre. Mais alors, dans les écritures, quelles règles étaient destinées à Mahomet et quelles sont celles réservées aux croyants ?

III. Conclusion

Les musulmans considèrent Mahomet avec le plus grand respect et le voient comme le modèle parfait à suivre. Cependant, ses enseignements et sa façon de traiter les femmes n’ont pas toujours été des plus flatteurs. De plus, à deux reprises, le Coran dit qu’il était un pécheur (40.55 et 47.19).19

Par ailleurs, les écrits du Coran et des hadiths octroient indubitablement aux hommes un statut plus élevé qu’aux femmes. Malgré les arguments avancés par les musulmans libéraux, le Coran et les hadiths n’ont fait qu’engendrer de la douleur et de la détresse auprès des femmes à travers le monde. Voilà le prix que paient les femmes dans les pays islamiques au nom du statut de Mahomet, le modèle par excellence à suivre.

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  1. Bukhari, La traduction des Significations de Sahih Al-Bukhari, trad. M. Muhsin Khan, Al-Medina, Université Islamique, vol. 5, livre 63, n° 3896 : cf. Bukkhari, vol. 7, livre 67, n° 5158.
  2. Tabari, Abu Ja’far Muhammad bin Jarir, L’Histoire de al-Tabari, La victoire de l’islam, New York, State University of New York Press, 1997, p.7.
  3. Hassaballa, Hesham A. & Helminski, Kabir. Islam, New York, Doubleday, 2006, p.160.
  4. Comme par exemple dans l’article 1041 du Code civil iranien. Il est stipulé que les filles peuvent se fiancer avant l’âge de 9 ans et se marier à 9 ans. L’Ayatollah Khomeini a lui-même épousé une fille âgée de 10 ans alors qu’il en avait 28. VoirSarvnaz Chitsaz et Soona Samsami, « Les Femmes et les Filles iraniennes : Victimes de l’Exploitation et de la Violence » dans Rendre le Mal Invisible : Exploitation Sexuelle Globale des Femmes et des Filles, Donna M. Hughes et Claire M. Roche, éditeurs, La Coalition Contre le Trafic des Femmes, 1999. http://www.uri.edu.artsci/wms/hughes/mhviran.htm ; Amir Taheri, L’Esprit d’Allah: Khomeini et la Révolution Islamique. (Adler ad Adler, 1986), p. 90-91.
  5. Siddiqui Haroon, Être musulman, Berkeley, Groundwood Books, 2006, p. 115.
  6. Ibn Ishaq, Sirat Rasul Allah, [La Vie de Mahomet],New York: Oxford University Press, 1980, p. 439.
  7. Siddiqui Harron, p. 97.
  8. Siddiqui Haroon, p. 118.
  9. Spencer, Robert. Religion de Paix? Pourquoi le christianisme l’est et non l’islam, Washington Regnery Publishing, 2007, p. 189.
  10. Dawoud, Usan Abu, livre 11, n° 2141.
  11. Muslim, Imam, Sahih Muslim : Les traditions dans les faits et gestes du Prophète Mahomet (1971), livre 4, n° 2127.
  12. Steve Stalinsky et Y. Yehoshua, Les ecclésiastiques musulmans, sur les préceptes religieux à propos de battre sa femme, Middle East Media Research, Institute Special Report N° 2, 22 Mars 2004.
  13. Spencer, p.190.
  14. Spencer, p. 190.
  15. Bukkhari, vol. 8, livre, p. 76, n° 456.
  16. Ibid. vol. 7, livre 67, n° 5119.
  17. Ibid. vol.7, livre 67, n° 5117-5118.
  18. Spencer, Robert. Le Guide Non Politiquement Correct de l’islam, Washington, Regnery Publishing, 2005, 74.
  19. Geisler, p. 178.
Dossier : Le défi de l'Islam
 

Bardieu Alexandre
Alexandre Bardieu est titulaire d’un BSc., et d’une MDiv. en apologétique chrétienne avec une concentration en études islamiques. Il écrit abondamment sur l'Islam, et parle sur ce sujet dans des conférences, des églises, et des universités.