Dossier: Galates
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L’homme moissonnera ce qu’il aura semé

« Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair, moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit, moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. » (Gal 6.7-9).

Introduction : une loi universelle

Dieu nous exhorte, par amour, à faire preuve de discernement. Il utilise pour cela une loi déjà employée (Job 4.8 ; Pr 22.8 ; Osée 8.7) : si nous semons du blé, ne nous attendons pas à récolter des tomates ! En réalité, les enjeux sont spirituels et s’appliquent aussi bien à la famille qu’à la société ou l’Église : les attitudes et habitudes charnelles et tous les mauvais choix nous corrompent. Au contraire, une saine semence spirituelle mènera à une saine récolte spirituelle éternelle. Ne semons pas des épines et des chardons, nous marcherions dessus tout au long de notre vie présente et pendant toute l’éternité. Quel avertissement solennel : ce que je vivrai plus tard, et même après la mort, dépend de mes choix présents (Rom. 2.4-11) !

1. « Ne vous y trompez pas » !

a) D’où viennent les erreurs ?

– De l’extérieur : traditions humaines, mauvais esprits, hommes bien ou mal intentionnés. Comme les Galates, nous sommes « empêchés d’obéir à la vérité » (5.7) car bien des questions « fascinantes » (3.1) envahissent nos discussions. Tel un ange de lumière, Satan nous induit en erreur, exploitant la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie (1 Jean 2.16). Il inspire aussi ces docteurs qui ont séduit nos frères de Galatie : « Ils garderont la forme extérieure de la piété, mais ils en renieront la puissance » (2 Tim 3.5). Ils rabaissent les exigences de Dieu au sujet de la repentance, de la foi, de la fidélité, de l’obéissance, de la sanctification et introduisent un « culte volontaire et d’humilité », « des bonnes ouvres », etc. Dieu nous met en garde, apprenons à l’écouter : « Que personne ne vous séduise par de vains discours. » (Éph 5.6 ; cf. 1 Jean 3.7 ;1 Cor 15.33).

– Du dedans : « Si quelqu’un pense être quelque chose, alors qu’il n’est rien, il s’abuse lui-même. » (Gal 6.3) « Pratiquez la parole et ne l’écoutez pas seulement, en vous abusant par de faux raisonnements. » (Jac 1.22, cf. v. 26 ; Apoc 3.17). « Le cour est tortueux par-dessus tout et il est méchant. Qui peut le connaître ? » (Jér 17.9) Combien de résolutions prises avec fermeté n’ont même pas résisté une journée (Pr 28.26) ! Le cour nous trompe car il ne sait pas tout, car il ne cesse de convoiter, et parce qu’il refuse de purifier sa conscience (1 Tim 1.19).

b) L’importance de nos choix

– Même ponctuels, ils déterminent nos progrès dans le temps et pour l’éternité : « Garde ton cour plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. » (Pr 4.23). Impossible d’influencer la trajectoire de la balle après avoir tiré ! De même, nous ne modifierons pas la moisson semée. Nous n’échapperons pas aux conséquences, quoiqu’on essaie de faire (Jér 2.35-36). Grâce à Dieu, le choix le plus décisif pour notre éternité s’offre au plus vil des incroyants jusqu’à la fin : l’infâme malfaiteur à la croix est devenu un être spirituel parce que son cour a rejeté ce qu’il était et compris ce qu’il devait être. Humblement, il a reçu de Dieu la révélation de Jésus et de son destin. Se tournant vers son Sauveur, il a demandé sa miséricorde. Il est passé des ténèbres à la lumière et de la mort à la vie (Luc 23.39-43). Il n’y a aucun progrès sans un bon choix et une décision de cour. ?

– Même anodins, ils ont des conséquences : « Un peu de folie l’emporte sur la sagesse et sur la gloire. » (Ecc 10.1b) Combien de paroles prononcées à la légère nous reviendront au jour du jugement (Mat 12.36) ? Nos yeux convoitent et nous oublions que nous péchons en le faisant (1 Jean 2.16), par négligence ou par résistance au péché. Une brèche dans la coque peut couler le navire. Un fil ténu peut constituer un lien très fort quand il est enroulé plusieurs fois autour du corps : la répétition de petits péchés apparemment insignifiants finit par nous asservir et par dévorer notre vie spirituelle. Chaque mot, pensée, acte, apparemment temporaire peut avoir des répercussions éternelles. Il nous reviendra de la manière dont il aura été semé. Même nos discussions sont enregistrées et nous les entendrons encore rejouer quand nous nous trouverons devant Dieu (Mal 3.16) !

– Même limités, leurs conséquences sont illimitées. Comme une petite graine donne un immense arbre, une action ponctuelle peut provoquer de grands et durables résultats. dans le bien comme dans le mal. Un verre de trop peut faire toute la différence sur la route, mais un choix selon Dieu bénira sans conteste votre vie et celle d’autres personnes : « L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cour. » (1Sam. 16.7). Les bons choix sont la source de notre bonheur !

– Même pris dans l’ignorance, ils ne nous innocentent pas : « Telle voie paraît droite devant un homme, mais à la fin, c’est la voie de la mort. » (Pr 14.12). J’ai beau plaider ignorer que ma graine était infectée, le résultat ne changera pas. De même, mon ignorance au sujet du péché que je commets ne me décharge pas de la culpabilité et ne me délivre pas de ses conséquences (Lév 5.17-19 ; Nom 15.24-30 ; Ecc. 5.6) ! 2.

Que semons-nous ?

Quel genre de graine semé-je par mon comportement ? Suis-je égoïste ou généreux ? Autoritaire ou conciliant ? Décourageant ou encourageant ? Méchant, amer, et agaçant, ou bon, courtois et apaisant ? Travaillé-je de manière diligente ou négligente ? « Maudit soit celui qui fait avec négligence l’ouvre de l’Éternel » (Jér. 48.10). Suis-je motivé par le regard des hommes ou par la crainte du Seigneur (Gal 1.10) ?

Mon temps de loisirs n’est pas non plus la porte ouverte aux plaisanteries vaines ou qui polluent l’esprit, aux lectures douteuses. Mon « oui » est-il « oui » et mon « non » est-il « non » ? Mes paroles sont-elles accompagnées de grâce et assaisonnées de sel ou de mensonges et d’exagérations ? M’arrive-t-il de penser une chose, d’en dire une autre et d’en faire encore une autre ? Suis-je un homme de parole (Mat 25.23) ?

Utilisé-je la Bible à ma convenance ? À des questions directes qui me coince, répondé-je comme craignant Dieu ou comme un diplomate craignant la confrontation, me réfugiant sous des excuses comme dans l’expression : « Vous ne connaissez pas mon cour » ? Bien sûr, seul Dieu connaît notre cour, mais nos prochains voient nos fruits ! Comment jugeons-nous et mesurons-nous les autres? Où est notre trésor et où sont concentrées nos pensées toute la journée (Mat 6.21) ? Nous repentons-nous sincèrement, et avons-nous placé toute notre confiance en Jésus-Christ ?

– Semer pour sa chair : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez » (Rom 8.13). Semer pour la chair, ce n’est pas seulement commettre des péchés flagrants. Je peux faire le bien tout étant hypocrite. Je peux tomber dans un activisme fiévreux, même religieux, sans jamais consulter Dieu. Bref, sème dans la chair celui qui vit et travaille pour lui-même et non pour Dieu !

– Semer pour l’Esprit, c’est veiller et prendre plaisir aux choses de l’Esprit. Le v. 9 promet une moisson de bénédictions à celui qui croit aux paroles de Dieu, qui se repent en faisant deuil pour ses péchés, les confessant, les rejetant, se consacrant à Dieu, et qui garde diligemment une bonne conscience. Semer dans l’Esprit, c’est marcher avec abnégation avec son Sauveur et maître et travailler en sa faveur.

Quel homme peut semer pour l’Esprit ?

Il faut être né de Dieu et avoir renoncé à tout pour Dieu. Veiller sur la pureté de son cour et de sa conscience. Le croyant qui les néglige annule les effets de sa piété. Il attriste ou éteint l’Esprit Saint (Éph 4.30-31 ; 1 Thes 5.19). Il raidit son cou devant les reproches (Act 7.51). Pour son malheur, il se fait une spécialité de trouver un alibi pour dissimuler sa culpabilité : « Je ne savais pas », « C’est votre faute », « Vous ne connaissez pas mon cour », etc. Dieu ni personne ne peut attendre quoi que ce soit de celui qui s’invente des excuses.

Comptons sur la grâce de Dieu, non sur nos efforts ! Résistons « jusqu’au sang » s’il le faut contre le péché (Héb 12.4) et contre Satan. Le péché cesse d’être un style de vie pour le croyant né de Dieu « parce que la semence de Dieu demeure en lui » (1 Jean 3.9).

3. Comment semons-nous ?

L’ensemencement spirituel est fait avec des larmes et selon la justice : « Ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chants d’allégresse. Celui qui marche en pleurant, quand il porte la semence, revient avec allégresse, quand il porte ses gerbes. » (Ps 126.5-6) Ne comptons pas grandir en Christ sans nous immerger de manière sérieuse dans sa Parole (Col 3.16). N’espérons pas être renouvelés sans nous offrir entièrement comme sacrifice vivant (Rom 12.1-2).

N’oublions pas de témoigner de Christ. N’espérons pas un témoignage efficace sans mettre notre vie en ordre (Mat 5.19). Méfions-nous du temps excessif consacré à de vaines activités (télévision, etc.), de notre avarice, de nos compromis devant le péché ou devant notre manière parfois intéressée ou minimaliste d’interpréter la Bible. Et que vaut ma piété si je refuse de me réconcilier avec mon frère (Mat 5.24) ? Un cour orgueilleux ne moissonne pas la grâce (Jac 4.6) ; constamment infidèle et résistant aux réprimandes de Dieu, peut-il avoir l’Esprit du Christ (Pr 1.23) ? La persévérance du croyant le sauvera et lui donnera accès aux promesses de Dieu (Mat 24.13 ; Héb 10.36).

4. Le temps de la récolte : corruption ou vie éternelle

Dans la Bible, la « corruption » se reporte fondamentalement à la condamnation éternelle. D’autres corruptions existent cependant telles que la tristesse, l’agitation et la confusion, le découragement et les soucis qui dévorent l’âme, les maladies psychologiques dues aux désirs débridés ou à l’orgueil, la peur, la frustration, etc. Celui dont le cour sera motivé par l’égo recevra son plein de corruption au jour du jugement (És 17.10-11 ; Ag 1.5-9).

Quant à l’expression « la vie éternelle », la Bible dit : « Dites que le juste prospérera, car il jouira du fruit de ses ouvres. » (És 3.10) Le fruit de l’homme est manifesté par la formation de son caractère et de son utilité aux autres. De plus, le juste ne récoltera pas dans l’âge à venir le fruit de ses péchés parce que Christ l’a récolté sur la croix pour le compte du croyant. Si notre communion avec Dieu et avec les autres croyants est une source de joie, tout imparfaite qu’elle soit aujourd’hui, combien plus le bonheur et la prospérité dans l’âge à venir quand il sera cohéritier avec Christ et sera comme lui ! Incroyable mais vrai ! Dieu récompensera notre honnêteté et notre fidélité avec la monnaie du pays céleste.

Conclusion

Ne méprisons pas notre éternité pour de la boue, comme Ésaü a vendu son droit d’aînesse pour une bouchée de plaisir (Phil 3.8 ; Héb 12.16) : « Et si vous invoquez comme Père celui qui, sans considération de personnes, juge chacun selon ses ouvres, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre séjour (sur terre). » (1 Pi 1.17).

Dieu n’est pas seulement sévère mais il est aussi miséricordieux (Job 11.6). Chacun de nous rendra compte de ce qu’il aura semé. Ceux qui auront trouvé refuge sous la grâce de Christ seront pardonnés ! Il jettera tous leurs péchés dans les mers profondes de l’oubli.

C’est Christ qui a moissonné sur la croix et à travers la croix le fruit de tout notre ensemencement coupable. Par conséquent : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur » dans sa présence (Act 3.19-20). Dieu nous réveillera et restaurera les années mangées par l’ennemi (Joël 2.25) ou par nos propres folies.

« L’Éternel agrée ceux qui le craignent, ceux qui s’attendent à sa bienveillance. » (Ps 147.11). Il aura de la pitié parce qu’il y prend plaisir ! « Oui, le bonheur et la grâce nous accompagneront tous les jours de notre vie, et nous habiterons dans la maison de l’Éternel jusqu’à la fin de nos jours. » (Ps 23.6). Amen !

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Baltatzis Jean
Jean Baltatzis est ingénieur agronome et expert en planification et développement agricoles. Marié et père de trois filles, il habite Bruxelles depuis 1976. Il a été Directeur du Ministère de l’Agriculture de Grèce et conseiller à la Direction Générale d'Agriculture de la Commission Européenne. Il envoie gratuitement des messages chrétiens par courriels et collabore à d'autres travaux sur la Bible. NDLR : l'auteur insiste sur notre responsabilité à faire fructifier notre salut, sans toutefois remettre en cause l'unique source de ce salut obtenu par grâce : Dieu. La mise en page de cet article a été remaniée pour correspondre aux critères typographiques de la revue.