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Pourquoi la doctrine biblique de la création est-elle si importante?

INTRODUCTION

Comment l’on esquive les débats doctrinaux les plus importants.
      Dans la vie des églises il existe des problèmes doctrinaux auxquels on ne veut tout simplement pas faire face. C’est Le cas pour la question qui va nous préoccuper maintenant, celle des rapports entre les doctrines de la création et de l’évolution comme explication de l’origine de I’ univers, de la vie et de l’homme. Ces questions ne peuvent pas indéfiniment rester dans l’ombre sous prétexte de fausse paix et de la prétendue impossibilité de connaître certains aspects de la vérité biblique. Non, la vraie paix ne peut être séparée de la vérité. Toute la révélation divine (et non pas seulement certaines de ces parties qui ne feraient pas problème) est utile pour le progrès des chrétiens et pour l’édification de l’Eglise de Dieu.

      Au christianisme doctrinal on préférerait un christianisme sentimental. C’est ainsi que l’on travaille à l’affaiblissement de l’Eglise de Dieu, et cela au nom d’un amour fraternel qui n’a pas la force d’affronter les positions des uns ou des autres, d’y faire face avec amour – et surtout avec l’amour de la vérité – et d’y apporter les réponses claires et indiscutables de la Parole de Dieu. Avec l’aide de Dieu et conscient qu’il s’agit ici du début d’un immense travail de recherche biblique, théologique, philosophique et scientifique, que je laisserai volontiers à des personnes plus compétentes que moi, je voudrais aborder maintenant quatre aspects de la question: Pourquoi La doctrine biblique de la création est-elle si importante?

      Depuis une trentaine d’années, ce débat Création – Evolution a été renouvelé particulièrement aux Etats-Unis, mais aussi aujourd’hui dans de nombreuses autres parties du monde dans des termes essentiellement scientifiques. Cet aspect des choses est de la plus grande importance, car si la Bible est vraie, elle doit l’être dans tout ce qu’elle dit, dans ses affirmations géographiques, archéologiques, historiques et scientifiques, autant que dans ce quelle déclare sur le plan spirituel et théologique. Si le récit miraculeux de la création n’est pas entièrement vrai, s’il ne s’agit que d’une pieuse légende ou d’une représentation mythologique d’une réalité toute autre, alors toute l’autorité surnaturelle de la révélation écrite de Dieu peut être mise en doute. Pourquoi alors croire aux autres récits d’actes miraculeux de Dieu dans l’Ecriture ? Pourquoi alors croire à ce miracle des miracles, l’oeuvre expiatoire et la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ? Il n’y a pas deux sortes de vérité, l’une scientifique et l’autre religieuse, Il y a une seule vérité, Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme, la Parole de dieu qui s’est incarnée au début de notre ère et qui s’est révélée par des récits infaillibles pendant plus de 1500 ans. Nos savants créationnistes ont rendu un inestimable service à l’Eglise et au monde lui-même en nous rappelant l’unité de la vérité et la souveraineté sans faille d’un Dieu unique. Père, Fils et Saint-Esprit. créateur des cieux et de la terre et de tout ce qu’ils contiennent.

      Je voudrais voir quelles seraient les conséquences pour les fondements de notre foi d’adopter l’une ou l’autre des positions évolution­nistes. Je me limiterai à quatre points précis, qui paraîtront dans plusieurs numéros de PROMESSES, sous les titres que voici :
      1. Sans la doctrine de la création telle que nous l’enseigne toute la Bible, il n’y a pas de Dieu.
      2. Sans la doctrine de la création, il ne peut y avoir aucune vérité.
      3 . Sans la doctrine de la création, il ne peut y avoir d’interventions miraculeuses dans ce monde.
      4. Sans la doctrine de la création, la rédemption elle-même est absurde.
      Voici donc le premier des quatre points.

1. SANS LA DOCTRINE DE LA CREATION IL N’Y A PAS DE DIEU

      Au commencement Dieu créa les cieux et la terre. Gen 1.1.
      Au commencement était la parole, et la parole était avec Dieu, et la parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Tout a été fait par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. Jean 1.1-3.
      C’est toi Eternel, toi seul, qui a fait les cieux, les cieux des cieux et toute leur armée la terre et tout ce qui est sur elle, les mers et tout ce qu’elles renferment. A tout cela tu donnes la vie, et l’armée des cieux se prosterne devant toi. Néh 9.6.
      Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, Car tu as créé toutes choses, et c’est par ta volonté qu’elles existent et qu’elles furent créées. Apoc 4.11.

      Ces textes ne sauraient être plus clairs. Dieu est le créateur de tout ce qui existe hors de lui. Par opposition au monde créé, il existe de toute éternité. La création a un commencement, lui n’en a aucun.

      Mais réfléchissons brièvement au choix qui se trouve devant les hommes. Nous n’avons en fait que deux possibilités:
– ou bien, au commencement, Dieu créa les cieux et la terre de rien – ex nihilo – comme on dit, et comme l’impliquent ces textes.
– ou bien, les cieux et la terre existent depuis toujours, contiennent en eux-mêmes les forces nécessaires pour la manifestation de toutes les formes que nous voyons, en fait détiennent la puissance et la sagesse de Dieu. La nature, l’univers, est alors Dieu. C’est le panthéisme : Dieu est dans tout ce qui existe.

      La doctrine de la création de l’univers par Dieu, à partir de rien, affirme la différence fondamentale entre la créature et le Créateur, base de notre rapport avec Dieu. L’évolutionnisme théiste, qui accepte une forme d’évolution, dirigée par Dieu, diminue la puissance et la sagesse du Créateur pour les attribuer en partie aux lois de l’évolution contenues dans la nature. C’est un manque de foi qui conduit à défendre une telle position. Le théologien américain de la seconde moitié du 19e siècle, Robert Lewis Dabney, écrivait au sujet des penseurs chrétiens qui défendaient une vision théiste de l’évolution : « Pourquoi donc les philosophes théistes éprouvent-ils un tel désir de repousser l’acte créateur de Dieu aux temps les plus éloignés et de réduire son action le plus possible, comme cela se fait constamment dans leurs spéculations ?…A quoi bon, à moins d’aspirer à l’athéisme ? »(R.L.Dabney: Lectures in Systematic Theoloqy, p.261.)       Le mot employé dans le premier verset de la Genèse, que nous traduisons par créer, est le mot « bara », qui a le sens non de faire, de façonner, mais de créer quelque chose de tout-à-fait inédit. Il n’est jamais utilisé dans l’AT pour une action humaine quelconque . Dans Le récit qui nous préoccupe ici, il n’est employé que pour la création de la manière et des lois qui lui sont propres (verset 1), pour les animaux (verset 21) et pour l’homme (verset 27). Cette notion de création est entièrement étrangère à la pensée des païens. Ni les mythologies anciennes, ni la pensée grecque, ni la pensée païenne moderne ne conçoivent une création d’un Dieu souverain, omniscient et tout puissant, à partir de rien. Car, comme le dit l’épître aux Romains: Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient fort bien depuis la création du monde quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâce; mais ils se sont égarés dans de vains raisonnements, et leur coeur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Rom 1.20-21.       Dans l’Antiquité et chez les peuples qui n’ont pas connu l’Evangile, ce refus de Dieu s’est manifesté par des mythologies impies et anti-créatrices. A notre époque, cette même tendance de refuser Dieu, de nier tous ses attributs, prend une forme pseudo-scientifique, cependant pas moins mythologique pour autant. Des hommes comme Darwin, Marx, Welllhausen, Bultmann et Keynes, sous une forme scientifique, véhiculent une explication de la réalité purement fictive, car ils veulent avant tout éliminer le Dieu créateur de toute leur pensée. Car il n’est pas possible de reconnaître la doctrine biblique de la création sans se soumettre personnellement au Dieu créateur de toutes choses, comme nous le dit si clairement l’épître aux Hébreux : C’est par la foi que nous comprenons que le monde a été formé par la parole de Dieu, de sorte que ce qu’on voit ne provient pas de ce qui est visible. Héb 11.3.       Ainsi comprenons-nous peut être mieux l’attachement des hommes pour des explications évolutionnistes, auto-créatrices, de l’univers, explications « scientifiques » ou « religieuses » mythologiques qui ont cet immense avantage pour ceux qui les acceptent d’exclure de leurs pensées ce Dieu créateur auquel leur sens témoigne à tout instant. Nous pouvons bien le dire : Sans la doctrine de la création il n’y a pas de Dieu.

(à suivre)

Jean-Marc BERTHOUD
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