Dossier: L’Épître aux Hébreux
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Pourquoi le Fils s’est-il incarné

Toute vie humaine est un mystère : pourquoi, comment, dans quel but l’homme existe-t-il ? Quel mystère plus grand encore que l’incarnation de la deuxième personne de la « tri-unité » divine !1 Le début de l’Épître aux Hébreux (1.1-2.18) nous y introduit.

L’incarnation n’a pas eu lieu seulement pour démontrer la puissance du Créateur, capable d’accomplir ce fait unique, ou pour satisfaire la curiosité de ses spectateurs. Notre texte nous fait réfléchir sur les raisons extrêmement « pratiques » de l’incarnation, afin d’aider chacun à comprendre le sens de sa vie et à saisir le destin éternel vers lequel Dieu le dirige. Ce passage est donc d’une importance primordiale.

L’analyse du texte

Le chapitre 1 présente le caractère unique de Christ : révélation de Dieu et purificateur des péchés de l’humanité.

Ensuite (2.1-4), l’auteur réveille l’attention de ses lecteurs : chaque converti en Christ doit impérativement rester attaché sans faille à la bonne doctrine apostolique. Sinon, il risque fort de tomber sous la discipline de son Père divin. Bénéficier d’une telle révélation de Christ exige une réponse correspondante et adéquate de notre part. La négligence se paie « cash ».

Lors de son incarnation, le Fils a occupé une place très en dessous de celle des anges. Pour écarter toute ambiguïté, l’auteur explique pourquoi, malgré cet abaissement temporaire, le Fils n’en est pas moins supérieur aux anges. Dans les versets 5 à 18, il fait remarquer qu’en vivant comme tous les hommes, mais sans pécher, Jésus s’est montré supérieur à tous, ayant été seul capable d’accomplir la totalité de la volonté de Dieu le Père. Voici quelques points de son développement :

1. L’homme, en péchant dans le jardin d’Éden, livra à Satan la domination de notre planète et de ses activités (Mat 4.8-9 ; Éph 2.2-3) dans des limites établies par Dieu (cf. Luc 22.31-34). Ce fut la tâche de Jésus-Christ, par l’incarnation, de regagner pour l’homme le droit d’exercer la domination sur la création (2.5-9).

2. Jésus-Christ a dû souffrir (litt. « goûter ») la mort à la place de tous les hommes pécheurs (2.9,10c,17b)2. Seul l’homme parfait pouvait payer notre dette envers le Créateur juste. L’incarnation fut donc une nécessité absolue. La victoire de celui qui est mort et qui est maintenant couronné nous ouvre désormais le ciel de gloire (2.10a-b).

3. Tout homme qui accepte l’œuvre de Christ reçoit automatiquement à sa conversion une position de sanctification en Christ : étant né de nouveau, il est issu du Père (2.11 ; voir aussi 13.12). Seule l’incarnation (2.14a-b, 17a) pouvait ouvrir la voie à une telle régénération.

4. Jésus-Christ, par son œuvre et l’application de cette œuvre par le Saint-Esprit, crée une famille spirituelle (2.10b,11c-13)3. Cela demandait plus qu’une simple création : il fallait l’incarnation. Soyons reconnaissants qu’en dépit de toutes les différences de race, de culture, d’arrière-plan, tous les chrétiens nés de nouveau soient, grâce à la participation de Jésus à notre condition, éternellement réunis dans les mains de Jésus et du Père (Jean 10.28-30).

5. Notons bien que la mort de Jésus-Christ a fait plus que de payer la dette des pécheurs. Par sa mort victorieuse à la croix, il rendit inefficace celui qui possédait la puissance de la mort, le diable (2.14c). Un enfant de Dieu n’a plus à subir l’influence angoissante et effrayante du moment de la mort physique (2.15) ! La mort physique du sauvé n’est qu’un passage instantané de ce monde à la présence du Père (cf. Luc 23.42-43 ; Jean 6.37-40). La mort a ainsi perdu tout son pouvoir d’épouvantement et de servitude. Glorifions la sagesse du Père d’avoir permis que la mort de son Fils ait une telle conséquence !

6. Par l’incarnation, Jésus, connaissant de sa propre expérience humaine ce qu’est la vie sur terre, sait comment s’approcher de nous pour nous venir en aide au bon moment et de la meilleure manière (2.16). Quel réconfort de savoir qu’il comprend par où nous passons. Il n’y a rien de plus destructeur sur le plan psychologique que de ne pas trouver quelqu’un qui nous comprenne — quel désert d’abandon, de désespoir. Mais Jésus sait, et il est là !

7. Chaque être humain a besoin d’un intermédiaire entre lui et le Dieu très saint. Pour nous représenter correctement et efficacement devant Dieu, cet intermédiaire doit nous connaître. Jésus est la parfaite personne pour remplir cette tâche : il me connaît et me comprend (2.17b). Il ne manque jamais à sa responsabilité de me « couvrir », lorsque je me présente devant mon Dieu et Père. Quel réconfort, quelle joie, quelle assurance ! Soyons toujours humbles et reconnaissants pour une telle grâce !

8. La tentation vicieuse et destructrice est le lot de chacun. Satan prend un grand plaisir à essayer de nous pousser à céder à la tentation en employant tous les arguments fallacieux à sa disposition (cf. Mat 4.2-10). Cela lui permet de se présenter devant Dieu pour nous accuser (Apoc 12.10d-e) lorsque nous acceptons de pécher (Jac 1.13-15). Mais l’Agneau, en vertu de son sang répandu, repousse toute accusation néfaste. Pour que Jésus triomphe dans l’épreuve ultime de la croix et qu’il puisse venir à notre secours efficacement, il fallait au préalable que, dans son pèlerinage ici-bas, il ait été confronté comme homme à tous les assauts diaboliques possibles, en ne cédant à aucun (2.18 ; cf. Jean 8.46). C’est à ces conditions que nous bénéficions aujourd’hui de l’aide directe du Seigneur4.

1Voici quelques textes du N.T. qui affirment clairement cette incarnation : Mat 1.20-21,24 ; 11.25-27 ; Luc 1.26-35 ; 2.8-15,28-31 ; Jean 1.1,14-18 ; 4.25-26 ; 14.8-9 ; Gal 4.4 ; Col 1.15 ; 2.9 ; 1 Tim 3.16.
2Voir aussi : Jean 3.16 ; 2 Cor 5.14 ; 1 Tim 2.6.
3 Voir aussi : Jean 3.6-8 ; 1 Jean 3.1-2 ; Éph 2.19 ; 3.14 ; 4.25 ; 5.30 ; Gal 6.10 ; 1 Pi 2.9-10.
4Voir aussi : Rom 7.21-25a ; 15.4 ; 1 Cor 10.13 ; Héb 10.19-23 ; 4.12 ; Actes 7.38c ; 20.32 ; 1 Tim 3.16-17 ; Ps 119.9,11.

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McCarty Scott
Scott McCarty a fait ses études en théologie au Dallas Theological Seminary, aux États-Unis. Il exerce un ministère d’enseignement biblique en France depuis 1971. Cofondateur du Centre d’information à l’évangélisation et à la mission à Grenoble, il est membre de Promesses et auteur de nombreux articles.