Dossier: L’Épître aux Romains au cœur de l'Évangile
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Transformés de l’intérieur (Romains 12.1-2)

Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. (Romains 12.1-2)

Après avoir consacré onze chapitres à de la théologie solide, Paul passe, au chapitre 12, de la doctrine au devoir et de la croyance à la conduite. En d’autres termes, l’apôtre nous encourage à vivre ce que nous professons. Paul utilise l’impératif 13 fois dans les onze premiers chapitres de Romains et 11 fois dans le seul chapitre 12 qui mentionne plus de commandements que tout autre chapitre du N.T. C’est un chapitre d’action ! Dans les deux premiers versets, il montre comment notre foi devrait changer notre comportement.

1. Présentez votre corps (12.1)

Par le mot « donc » (oun), qu’on peut traduire « par conséquent », Paul fait le lien avec toute la doctrine qu’il a développée dans les chapitres 1 à 11. Selon Paul, vous n’avez pas vraiment appris la Parole tant que vous ne vivez pas la Parole. Êtes-vous simplement un auditeur de la Parole ou êtes-vous un « faiseur » de la Parole ?
Au lieu d’un commandement ou d’une demande, Paul « exhorte » ses lecteurs. Le verbe parakaleo indique un sentiment d’urgence avec une note d’autorité (cf. 12.8 ; 15.30 ; 16.17) Ce terme était utilisé en grec classique pour exhorter les troupes qui allaient entrer dans la bataille. Quelle belle image de la vie chrétienne où Dieu est notre général et où nous sommes enrôlés dans une bataille spirituelle.
Paul ajoute une note de tendresse à cet appel. Il parle comme un frère chrétien à d’autres frères et sœurs chrétiens. C’est une affaire de famille ! Et il nous exhorte à répondre aux « compassions de Dieu ».
Certes, il peut être difficile de toujours être conscient des compassions de Dieu. Je retombe souvent dans un état d’esprit malsain où je veux faire des efforts. Ce peut être vrai pour ma vie personnelle, pour mon ministère, pour mon mariage ou pour mes enfants. Quand j’adopte cette fausse motivation, je vois souvent des résultats, mais seulement pour quelques jours. Le changement durable ne se produit que lorsque la gratitude pour les miséricordes de Dieu est ma principale motivation. La façon dont la Bible enseigne la sainteté est de commencer par rappeler aux chrétiens qui ils sont, ce qu’ils sont et ce qu’ils ont. Qui sommes-nous ? Des enfants de Dieu avec toute la puissance de Dieu travaillant en nous. Où sommes-nous ? Dans le royaume de Dieu, morts à la domination du péché. Qu’avons-nous ? L’Esprit Saint en nous, l’intercession de Jésus pour nous, et la puissance de Dieu prête à nous aider. Ainsi, la meilleure façon de motiver les gens est de leur montrer ce que Dieu a fait pour eux et les laisser répondre à cet amour de manière appropriée.
En réponse aux compassions de Dieu, Paul nous met au défi d’ « offrir » (paristemi) nos corps. Paul ne dit pas « céder » ou « remettre » vos corps mais les « présenter ». Le présent implique une offre heureuse, joyeuse et volontaire de soi-même. Dieu ne vous demande pas de lui offrir vos dons, vos capacités, votre argent, votre temps, votre créativité, etc. Il vous demande de vous sacrifier vous-même. C’est un appel à ceux qui ont été libérés par la grâce pour vivre sous la grâce en présentant tout ce qu’ils sont à Dieu. Incidemment, Paul utilise le même verbe grec en 14.10 : si vous présentez fidèlement votre corps au Christ, une grande récompense vous attend au tribunal de Christ.
Paul déclare qu’on doit présenter son corps comme un « sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu » :
 « vivant » : Dans l’A.T., les croyants étaient appelés à « faire » un sacrifice d’un animal mort. Dans le N.T., les croyants sont appelés à « être » un sacrifice vivant. Dieu veut que vous viviez pour mourir. La plupart des croyants pourraient accepter de mourir pour le Christ dans un instant de courage, mais chaque croyant se bat pour mourir à soi-même et vivre pour le Christ chaque jour.
 « saint » : Nous devons être entièrement consacrés, mis à part du monde pour appartenir à Dieu. Cela signifie que nous devons tout faire pour promouvoir la sainteté, tant individuellement que comme église. Voilà pourquoi nous devons exercer la discipline dans l’Église, dire la vérité dans l’amour et enseigner aux nouveaux convertis comment vivre en tant que disciples. Soyons saints comme Dieu est saint.
 « agréable » : ce terme s’appuie sur la notion de « sacrifice agréable » ou de « bonne odeur » (cf. Ex 29.18 ; Ps 51.19 ; 2 Cor 5:9 ; Éph 5.2 ; Phil 4.18). Présenter son corps comme un sacrifice vivant et saint plaît à Dieu, le satisfait.
Lorsque vous présentez votre corps comme un sacrifice, vous avez accompli votre « culte raisonnable » ou votre « service spirituel de culte ». L’adjectif grec est logikos, d’où dérive le mot « logique » et se rapporte à la raison. C’est comme si Paul disait : « Si vous considérez tout ce que Dieu a fait pour vous, un être pécheur, la seule réponse raisonnable est de lui offrir votre vie » (cf. 6.1-3,15-16). Pourquoi des esclaves libérés continueraient-ils à servir leur ancien maître ? Présenter son corps pour servir les intérêts de son nouveau Maître est complétement logique. S’offrir en sacrifice d’adoration témoigne d’un cœur plein de reconnaissance.
Peut-être avez-vous offert votre corps à Christ en promettant de l’honorer en restant pur ; mais vous vous êtes trouvé dans une situation compromettante, et vous avez cédé. Peut-être vous êtes-vous engagé vis-à-vis de Dieu à l’honorer par un comportement éthique au travail ; mais votre patron vous a offert une promotion si vous vouliez juste vous compromettre un peu. Dieu nous prend au sérieux et il n’aime pas qu’on prenne des engagements à la légère. Il nous dit plutôt : « Vous avez été achetés à prix. » (1 Cor 6.19)
Comment alors pouvez-vous présenter votre corps en sacrifice ?
 Décidez de faire du culte une priorité : le culte est un mode de vie de toute la semaine et pas seulement du dimanche matin. Chaque jour, adorez le Seigneur et déclarez-lui chaque matin : « Mon Dieu, à cause de Jésus, je suis à toi. »
 Recherchez des occasions pour servir : donnez un coup de main, prenez le temps de faire une visite, décrochez le téléphone pour encourager un ami qui passe par un combat particulier, faites du bénévolat sur un projet qui montrera la grâce de Dieu… Cherchez des façons pour montrer votre amour au Seigneur de manière pratique. Martin Luther a dit un jour : « Les mains au ralenti sont l’atelier du diable. » Plus vous êtes occupé, moins vous êtes susceptible de donner cours à vos pulsions charnelles coupables.
 Faites de l’exercice physique. Être disciple exige de la discipline. Si vous voulez « présenter » votre corps, vous devez le soumettre. La plupart des personnes pieuses que j’estime font de l’exercice physique.

2. Renouvelez votre esprit (12.2)

Des corps offerts viennent d’esprits changés parce que l’esprit contrôle le corps. Le verset 2 donne les moyens par lesquels nous pouvons mettre en pratique le verset 1, avec deux impératifs.
Le premier est négatif : « Ne vous conformez pas au siècle présent. »« Conformez » (suschematizo) signifie littéralement être façonné selon un modèle. Le verbe est au passif en grec, ce qui implique que, si vous ne résistez pas activement et intentionnellement à ce monde, vous lui serez conforme. Par le mot « siècle » (aion), Paul ne fait pas référence à une durée, mais au système de pensée qui a cours actuellement.
La philosophie du monde est assez simple. Quelques exemples :
– Si vous voulez quelque chose (partenaires, possessions ou pouvoir), allez-y ! Vous êtes le centre de votre univers.
– L’opinion publique définit la vérité et la popularité est plus importante que la sainteté.
–La tolérance est la vertu suprême ; toutes les religions se valent et aucune vérité n’est absolue, chacun la sienne pour soi-même.
Ne vous laissez pas façonner par ces influences. Luttez contre l’emprise du péché, de l’égoïsme et de Satan. Combien de temps passez-vous devant la télévision au cours d’une semaine ? Quel type de musique écoutez-vous ? Combien d’heures consacrez-vous aux réseaux sociaux ? Qui sont vos amis et quelle influence ont-ils sur vous ? Quels sont vos hobbies ?
Même si Paul écrit à une église, nous sommes un groupe d’individus et ces versets s’adressent spécifiquement à chacun. Une personne qui se conforme au monde aura un effet négatif sur toute l’église. C’est pourquoi osez être différent. Levez-vous pour Christ. Allez à contre-courant. Devenez un disciple du Christ.
Passant du négatif au positif, Paul poursuit : « Soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence. ». Le verbe « transformés »a donné « métamorphose ». Quand une chenille devient papillon, on parle de métamorphose. C’est ce que Dieu veut pour chacun de ses enfants. À quel stade êtes-vous dans cette transformation chrétienne ? Larve ? Chenille ? Bébé papillon ? Papillon adulte ? Où vous situez-vous sur l’échelle de la conformité à Christ ?
Faisons trois observations sur ce verbe :
– Il est au présent : ce n’est pas une transformation par à-coups, mais en continu.
– Il est au passif : le catalyseur de la transformation est Dieu.
– Il est à l’impératif : nous avons effectivement une responsabilité. L’Esprit nous « change » et nous permet de nous offrir totalement à Dieu. Ce changement se passe dans notre esprit. Comment ?
 Saturez votre esprit des pensées de Dieu. Lisez la Parole de Dieu — plus que ça, interagissez avec elle. Lorsque nous lisons la Bible, demandons-nous constamment : « Qu’est-ce que cela signifie pour ma vie quotidienne ? » Nourrir ses pensées selon Dieu, c’est aussi lire des auteurs chrétiens, rencontrer régulièrement des amis qui partagent notre engagement envers le Christ.
 Mémorisez l’Écriture. Ne prétendez pas être trop vieux ou pas doué pour ça. Lisez et relisez la même portion de l’Écriture maintes fois et la mémorisation viendra naturellement.
 Ralentissez. Nous sommes pris dans le tourbillon de la vie. « Arrêtez et sachez que je suis Dieu » (Ps 46.10). Aujourd’hui voudriez-vous commencer à être renouvelé dans votre esprit en vous éloignant de l’agitation et des distractions de la vie ? Éteignez le téléviseur, la radio, votre téléphone portable, l’ordinateur — et écoutez Dieu.
Paul conclut en donnant le but :« afin que vous que discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ». Paul ne parle pas de « trouver » ou de « découvrir » la volonté de Dieu, mais de la discerner (doximazo). Cependant, l’apôtre ne répond pas à des questions comme : Dois-je me marier ? Où dois-je déménager ? Quelle maison acheter ? Ces questions sont importantes, mais elles sont secondaires. La « volonté de Dieu » ici est l’obéissance à sa volonté générale. Si vous obéissez à la volonté révélée de Dieu, il peut tout à fait dévoiler sa volonté spécifique pour votre vie. Mais si vous refusez d’obéir à sa volonté morale explicite, il ne sert à rien de prier pour que Dieu révèle sa volonté spécifique.
Dieu veut votre corps et votre esprit ; il vous veut tout entier. Voulez-vous vous présenter à lui aujourd’hui et tous les jours qui suivent ? Si vous le faites, votre vie ne sera jamais plus la même.

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Krell Keith
Keith R. Krell est pasteur principal de l’Église Fourth Memorial à Spokane, aux États-Unis. Il est aussi professeur associé au Moody Bible Institute de Spokane. Il a obtenu un doctorat de théologie de l’Université de Bristol et de la Talbot School of Theology (DMin). Il diffuse ses enseignements sur le site www.timelessword.com.