Dossier: L’Épître aux Romains au cœur de l'Évangile
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Trois formes de révélation

Dieu a donné à l’homme trois formes de révélation, le livre de la nature, la conscience et la Bible. Les deux premières permettent à l’homme de discerner l’existence de Dieu. La troisième donne du sens à sa vie.

  1. Le livre de la nature

En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu, depuis la création du monde, quand on les considère dans ses ouvrages. Ils sont donc inexcusables, car ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous. (1.20-22)

La nature a pour objet de révéler l’existence de Dieu. Il est facile à un apologète d’argumenter rationnellement sur l’existence de Dieu au travers de la nature, car elle démontre par elle-même l’existence d’un créateur ou d’un concepteur.

Considérons quelques découvertes scientifiques factuelles :

– l’ADN, gigantesque système de codage d’information que certains qualifient de langage et que d’autres comparent à un livre ;

– le moteur électrique bactérien constitué de parfois plus de 30 protéines ou « pièces mécaniques » soigneusement assemblées ;

– les nano-robots qui s’occupent du bon fonctionnement des cellules vivantes, etc.

Ces découvertes nous poussent à nous interroger sur leur origine. En considérant l’ADN, posons-nous la question : un « livre » peut-il s’écrire à partir de rien ? Certains commentateurs scientifiques s’interrogent par un raisonnement absurde : les organismes vivants s’inspireraient-ils des inventions de l’homme ? Un tel raisonnement révèle soit un état d’ignorance, soit une attitude hypocrite qui refuse d’y voir l’évidence d’un créateur. Leurs a priori athées ou agnostiques leur servent d’excuse pour nier la réalité objective d’une origine divine et du caractère éternel de ce créateur. Oui ! seul un dessein intelligent1 divin et éternel peut être à l’origine de la création.

Une question découle de cette recherche : quelle en est la finalité ? Dès que la question de la finalité surgit, elle interpelle l’esprit humain sur ses implications sur le plan moral. Si donc un créateur existe, ne lui sommes-nous pas redevables de quelque chose ?

  1. La conscience

Quand les païens, qui n’ont point la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, ils sont, eux qui n’ont point la loi, une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience en rendant témoignage, et leurs pensées s’accusant ou se défendant tour à tour. (2.14-15)

Paul nous apprend dans ce passage que tout homme a une conscience qui lui permet de distinguer entre ce qui est bien et ce qui est mal. Le païen qui ne connaît pas Dieu a une perception morale. Il sait implicitement qu’il y a des principes éthiques dans la vie. Or si l’homme est capable de discerner le bien du mal, il est en droit de se poser la question s’il existe un législateur. Dans l’absolu, s’il n’existe pas de législateur, il peut donc faire le mal en toute impunité car il ne craint pas le jugement de ses actes. Un courant de pensée populaire balaie très simplement le problème en prétendant que la perception du bien et du mal relève d’une invention de l’esprit humain, mais cette objection n’est qu’une réponse insatisfaisante pour esquiver la problématique : le païen, comprenant que le mal et le bien existent, se sent inéluctablement accusé par son comportement. Sa conscience le lui révélant, il préfère botter en touche en refusant d’examiner honnêtement la possibilité de l’existence de ce législateur. Comme dans le cas du livre de la nature, cette approche ne permet pas à l’homme de connaître vraiment Dieu ; elle ne lui permet que de révéler son existence et d’entrevoir certains de ses attributs (puissance, sagesse, bonté, justice…).

Il arrive souvent que des incrédules refusent de croire à l’existence d’un Dieu bon en raison de tous les malheurs et de la souffrance que connaît le monde. Mais s’ils reconnaissent qu’il y a malheur et souffrance, ils reconnaissent alors implicitement l’existence d’une réalité qui serait le bien. Mais la logique que veulent soutenir ces individus n’est qu’une attitude de déni de la seconde réalité. Dès lors, comme le bien et le mal existent, la dimension morale est réelle et la question d’un législateur devient pertinente.

  1. La révélation inspirée : la Bible

Car je n’ai point honte de l’Évangile : c’est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec, parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi ; selon qu’il est écrit : Le juste vivra par la foi. La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive. (Rom 1.16-18)

Bien que les deux premières formes de révélations témoignent de l’existence de Dieu aux hommes, elles n’ont pas la capacité de donner un sens à la vie. Dieu a donc pourvu à un troisième livre qui révèle sa personne (Père, Fils et Saint-Esprit), son caractère, ses attributs, sa volonté, son amour pour l’homme, ses plans pour celui-ci. Ce livre est la Bible. Par-dessus tout, la Bible est une « révélation » à l’homme :

– de sa nature corrompue et pécheresse, passible du jugement de Dieu (1.18),

– et du plan du salut pour l’homme (1.16-17).

C’est ce que Paul affirme dès le début de sa lettre aux Romains.

Alors qu’il est assez facile de prouver l’existence de Dieu, il n’est pas possible de prouver les vérités bibliques comme la justification. La justification nous est acquise par la foi. Il n’est rien que nous puissions faire ou donner en échange de notre âme. Si la justification était basée sur les œuvres, personne ne serait justifié et tous iraient en enfer. Mais la justification par la foi donne un sens à ce que nous croyons. Cette vérité est raisonnable et rationnelle, intrinsèquement consistante, et il n’y a pas d’auto-contradiction. Elle donne un sens.

Prenons ce problème par un autre bout. Avons-nous besoin de renoncer à comprendre pour croire ? Il est vrai que certaines personnes pensent que le christianisme est ce saut de foi que seules des personnes ayant un raisonnement confus sont capables de faire. Certes, une démarche de foi est nécessaire pour entrer en relation avec Jésus-Christ, mais elle n’implique nullement la nécessité de devenir illogique. Comparé aux autres systèmes de foi comme l’humanisme, l’athéisme, les philosophies ou d’autres religions, le christianisme est plus sensé et rationnel qu’aucun d’entre eux.

Dans nos échanges avec les inconvertis, le problème n’est pas l’aspect intellectuel de la foi. Nous pouvons concevoir un argumentaire considérable et logique, mais ce n’est pas pour autant que les gens vont embrasser la foi chrétienne. Le problème n’est pas dans la dimension intellectuelle des questions et des interrogations qu’amènent de telles discussions. Le problème est moral. Dès qu’une personne admet qu’il existe un Dieu, elle réalise qu’elle fait partie intégrante de la création, et instinctivement elle comprend qu’elle doit rendre des comptes à son Créateur. Et il y a une forte probabilité qu’elle n’aime pas devoir rendre des comptes ! Dès qu’elle ressent sa culpabilité, elle peut se bloquer et rétorquer :« Comment pouvez-vous croire en un Dieu qui envoie des personnes en enfer parce qu’ils n’ont jamais entendu parler de Jésus-Christ ? » Les hommes ne vont pas en enfer parce qu’ils ne connaissent pas Jésus-Christ, mais parce qu’ils ont péché. Nous pouvons donc développer tout un argumentaire rationnel et raisonnable, mais les oppositions de nos interlocuteurs sont rarement intellectuelles ; au fond, elles sont toujours morales. Ne soyons donc pas frustrés dans une telle situation, car dès cet instant le Saint-Esprit fait son travail dans la personne et nous ne pouvons juger de l’issue.

Rappelons-nous donc que la base de tout, c’est la foi. Soyons reconnaissant envers Dieu parce qu’il ne nous a pas implanté une noix à la place du cerveau, que sa révélation par la Bible est sensée, cohérente et convaincante, que notre foi s’accorde avec ce que nous voyons dans la création, dans l’histoire et dans toute chose. Il y a certes des choses qui nous demeurent cachées, que nous ne pouvons simplement pas comprendre, mais elles nous amènent à nous agenouiller devant Dieu avec foi. Dieu nous demande que nous lui fassions confiance ; il nous fait le don de comprendre ce qu’il nous a révélé sur son caractère et sa volonté au travers de la Parole.

 

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  1. Au cours des dernières décennies, le mouvement de l’Intelligent Design s’est développé, surtout dans les pays anglophones. Ce mouvement a élaboré un raisonnement rationnel appuyant l’idée d’un être intelligent, auteur de l’apparition de la vie sur la terre. La pensée de ce mouvement scientifique remet en question le paradigme de l’évolution tel qu’il est enseigné dans les écoles et universités. Par certains aspects comme la complexité irréductible, il sous-entend une création originelle de bactéries ; il interpelle sur l’idéologie d’une évolution conduite par le hasard et sans finalité. Malheureusement il ne statue guère sur une capacité évolutive des organismes vivants telle que les promoteurs évolutionnistes souhaitent nous l’imposer et ne se ne prononce pas sur la question du « qui est le créateur ? ». La littérature francophone est maigre en comparaison avec celle des milieux anglophones. Pour davantage de détails, voir l’article de Frank Horton, « A la redécouverte du Dieu Créateur », Promesses, n° 135, janvier-mars 2000 (https://www.promesses.org/a-la-redecouverte-du-dieu-createur/).
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Herrmann Georges
Georges Herrmann est membre du Comité de rédaction de Promesses. Il est ingénieur diplômé en informatique. Il est marié, sans enfant, et travaille dans la vente de produits pour l’industrie. Il participe à la vie d’une église en Suisse romande.