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Sommaire du n° 141 jul - sep 2002

 



LES BÉATITUDES

LES BÉATITUDES
Introduction

Jean-Pierre SCHNEIDER

Préambule

Depuis un bon demi siècle, les béatitudes par lesquelles Jésus commence son Sermon sur la montagne me préoccupent. Le livre de Martyn Lloyd-Jones, «Studies in the Sermon on the Mount», dont les quelque 660 pages parurent en 1959 chez Intervarsity Fellowship à Londres, s’est révélé très suggestif sur plusieurs points, ce qui m’a permis de sensiblement enrichir mes propres réflexions. Une précision: j’utilise le terme «chrétien» pour désigner quelqu’un qui appartient à Christ, qui est son enfant.

Quelques considérations préliminaires

Le Sermon sur la montagne, que relatent les chapitres 5 à 7 de l’Évangile de Matthieu, est à la base de tout l’enseignement de Jésus. Notons bien que Jésus ne dit pas: «Vivez ainsi et vous deviendrez des chrétiens.» Il entend plutôt: «Parce que vous êtes des chrétiens, vivez ainsi.» Ce que Jésus enseigne dans le Sermon sur la montagne, c’est comment les chrétiens devraient vivre.

Ce sermon n’est en fait qu’une grande élaboration de son nouveau commandement: s’aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Le Sermon sur la montagne nous montre comment le faire.

Il est utile de préciser ici que les exemples de la loi de Moïse que Jésus choisit (meurtre, adultère, parjure, la loi du talion) ne sont que des illustrations du principe qui exprime cet axiome fondamental:

Vivre toute notre vie chrétienne en relation directe et vivante avec Dieu.

Ceci n’est possible que par l’Esprit de Dieu qui habite en nous, cet Esprit qui verse en nous, non seulement un grand amour pour Dieu et les hommes, mais aussi une sainte et saine crainte d’offenser Dieu: Ainsi, mes bien-aimés, comme vous avez toujours obéi, travaillez à votre salut avec crainte et tremblement... Car c’est Dieu qui opère en vous le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant (Phil 2.12-13).

Il faut être clair sur ce que le «royaume de Dieu» et son équivalent, «royaume des cieux», veut dire. Dans un sens, il n’a pas encore été établi sur la terre, il est encore à venir. Dans un autre sens, il est déjà venu: «Le royaume de Dieu est parmi vous» et il est «en vous». Le royaume est là où Christ règne, donc dans chaque véritable chrétien, dans chaque église qui se réclame de son nom. On peut dire: le royaume de Dieu est venu, il vient, et il est encore à venir.

Pratiquement pour nous: Jésus-Christ est mort à la croix pour nous rendre capables de vivre selon le Sermon sur la montagne, qu’il est impératif pour tout chrétien d’étudier à fond. Tite 2.14 s’exprime ainsi: «Il s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les oeuvres bonnes».

Voulez-vous être bénis (= heureux)? Voulez-vous être remplis, rassasiés de justice? Ne cherchez pas une expérience mystique; ne courez pas à toutes les conférences en espérant «recevoir» la plénitude. Il n’y a pas de raccourcis. Le chemin consiste à s’imprégner de la parole de Dieu, et en particulier de la parole que Jésus fait entendre dans le Sermon sur la montagne. Voilà du pratique à la portée de tout chrétien soucieux de ressembler à son Maître. Plus nous faisons l’enseignement de Jésus nôtre, plus il pourra nous bénir.

Si souvent, on essaye de faire l’expérience de la sanctification en laissant ce Sermon de côté. Ce n’est pas la méthode biblique. Pour que le Saint-Esprit puisse faire son oeuvre de sanctification en nous, écoutons cette prédication de toutes les prédications, en commençant par une réflexion approfondie des

Béatitudes: Matthieu 5.1-12

Elles introduisent le Sermon. Je suis persuadé qu’il faut d’abord en avoir compris les implications avant de pouvoir saisir la portée des enseignements qui suivent. Tout comme les épîtres des apôtres, Jésus s’adresse à des enfants de Dieu, je le répète.

Posons-nous la question fondamentale: qu’est-ce qui caractérise le chrétien? Voici ma réponse en 3 points:

1. Le chrétien a le souci de vivre selon la loi de Dieu. Jésus est venu pour nous en rendre capables: «Dieu, en envoyant à cause du péché son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, a condamné le péché dans la chair (la chair de son Fils); et cela, pour que la justice prescrite par la loi soit accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit» (Rom. 8.3-4).

2. Le chrétien vit dans la présence de Dieu. Le monde ne vit pas ainsi; c’est la grande différence. Le chrétien accomplit chaque action dans une relation intime avec Dieu. Le chrétien ne peut disposer de lui-même comme il l’entend; il en est redevable à Dieu, son premier désir étant de lui plaire. C’est pourquoi son optique est si différente de celle de l’enfant du monde. Tout le NT insiste sur cela. L’enfant de Dieu ne se tracasse pas pour la nourriture (recherche des restaurants gastronomiques) et l’habillement (assister à des défilés de mode), bien que nourriture et habillement aient leur importance relative, car il ne vit pas pour cela. Il appartient à un autre royaume.

3. Le chrétien marche dans la crainte de Dieu, dans la révérence et la piété. Il est continuellement conscient que le Dieu d’amour est aussi un Dieu de jugement. Par la Parole, il sait que ce qu’il bâtit sera un jour jugé par Dieu. Il ne bâtit donc pas n’importe comment. «Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal du Christ, afin qu’il soit rendu à chacun d’après ce qu’il aura fait dans son corps, soit en bien, soit en mal» (2 Cor 5.10). Cette perspective solennelle nous rendra prudents dans toutes nos actions.

En vue de tout cela, je terminerai cette introduction par l’affirmation que le Sermon sur la montagne n’est pas un code moral mais une description du caractère de l’enfant de Dieu. Il faut se garder d’en faire une sorte de «nouveaux dix commandements ». Pour faire comprendre ce que nous devrions être en tant que chrétiens, Jésus illumine certains aspects particuliers. Les exemples que donne Jésus illustrent l’esprit dans lequel nous devons agir, ce qui pourrait se résumer ainsi: «Ce que je suis, ce que j’ai lui appartient, à lui, et non pas à moi».

Avant d’étudier la première béatitude, il est important de retenir quelques principes qui découlent de l’étude des béatitudes dans l’ensemble:

• Tous les chrétiens doivent être conformes aux caractéristiques des béatitudes. Elles ne valent pas plutôt pour les serviteurs de Dieu, car s’il y a différentes fonctions, il n’y a qu’un type de chrétien: celui que Jésus décrit.

• Tous les chrétiens devraient manifester toutes ces caractéristiques, qui peuvent être plus ou moins prononcées selon les circonstances (p.ex. être affligé, procurer la paix, etc.).

• Aucun des traits évoqués par Jésus ne se rapporte à ce qu’on pourrait nommer des «tendances naturelles». Personne ne se conforme naturellement, de son propre gré, aux exigences évoquées par les béatitudes. Il y a des gens qui apparaissent «pauvres en esprit» de nature, mais ce n’est pas ce qui est en vue ici.

• Les béatitudes affirment qu’il y a une différence essentielle entre chrétiens et non-chrétiens, car ils appartiennent à deux royaumes (ou domaines) essentiellement différents. En tant que chrétiens, nous sommes bien dans ce monde, mais nous ne lui appartenons pas. Quand l’Eglise est toute différente du monde, elle peut être témoin de Christ et de son amour. C’est parce qu’elle est devenue mondaine qu’elle n’a plus d’impact.

Notre ambition est-elle d’être comme Jésus-Christ? Cela constitue un contraste évident avec ceux qui ne lui appartiennent pas.

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