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Apologie pour la loi de Dieu

L’AMOUR SERAIT-IL A SEPARER DE LOBEISSANCE A LA LOI DE DIEU?

De nos jours, bien malheureusement, de nombreux chrétiens séparent la loi de Dieu et l’amour. Selon les préjugés romantiques et existentialistes ambiants, l’amour est spontané, vivant, instinctif et inspiré pour tout dire, il est créateur. A toutes ces qualités sont nécessairement à opposer une loi rigide, un com­mandement formel, un ordre strict. Comme le dit l’expression populaire, « l’amour ne se commande pas ». Rien ne saurait être plus faux et plus contraire à l’enseignement clair et indiscutable de la Bible, tant dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. Le simple fait que Dieu nous ordonne de l’aimer et d’aimer notre prochain devrait nous faire comprendre l’impossibilité de séparer l’amour de Dieu de Ses commandements, l’amour du prochain de la Loi divine. Ecar­tons d’emblée une objection. Il va sans dire que la loi par elle-même ne saurait produire l’amour de Dieu et de notre prochain en nous. Seul le Saint-Esprit peut le faire.

Or, l’espérance ne trompe pas, parce que l’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous est donné. (Romains 5.5). La loi de Dieu, résumée dans le Décalogue, n’est autre que le moule qui donne forme et substance à cet amour. Dieu est amour. Mais Dieu est aussi, dès le commen­cement, Parole, Loi et c’est cette Parole-Loi de Dieu qui définit la nature de l’amour véritable. Cet amour venant de Dieu s’oppose à l’amour déréglé des hommes qui désirent aimer selon leur propre fantaisie sans tenir compte, ni de Dieu, ni de Sa Parole.

Moïse, lui, ne séparait pas l’amour de la loi, ni la loi de l’amour. Voyez comment le Deutéronome résume la première table de la loi : Ecoute, Israël ! L’Eternel, votre Dieu, l’Eternel est un. Tu aimeras l’Eternel , ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta force. Et ces paroles que je te donne aujourd’hui seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes fils et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. Tu les lieras comme un signe sur ta main, et elles seront comme un fronteau entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. (Deutéronome 6.4-9).

Par ce texte, nous voyons que l’expression de l’amour d’Israël pour son Dieu était de pratiquer ses commandements, de les imprimer dans ses pensées – un fronteau entre les yeux-, d’en faire la motivation de tous ses actes – un signe sur ta main – et l’inspiration de ses institutions – sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. Ces commandements devaient inspirer l’atmosphère intellectuelle, spirituel le, morale et politique du peuple de Dieu, de telle sorte que la nouvelle génération en fasse sa nourriture. Plus loin dans le Deutéronome, nous lisons l’exhortation suivante, qui met encore davantage en lumière le lien indissoluble qui unit l’amour de Dieu à l’accomplissement de Ses Commandements :
Maintenant, Israël, que demande de toi l’Eternel, ton Dieu, si ce n’est que tu craignes l’Eternel, ton Dieu, afin de marcher dans toutes ses voies, d’aimer et servir l’Eternel, ton Dieu, de tout ton coeur et de toute ton âme si ce n’est que tu observes les commandements de l’Eternel et ses prescriptions que je te donne aujourd’hui, afin que tu sois heureux ? (Deutéronome 10.12-13).

Parlant au peuple d’Israël de ce temps encore éloigné où, en conséquence de son infidélité, de son idolâtrie et de sa désobéissance obstinée aux comman­dements de l’Eternel, il serait chassé du pays que Dieu lui avait donné, Moïse déclare : L’Eternel, ton Dieu, circoncira ton coeuretlecoeurde ta descendance, pour que tu aimes l’Eternel, ton Dieu, de tout ton coeur et de toute ton âme afin que tu vives. L’Eternel, ton Dieu, fera tomber toutes ces malédictions sur tes ennemis, sur ceux qui te haïssent et te persécutent. Et toi, tu reviendras, tu obéiras à la voix de l’Eternel et tu mettras en pratique tous ces commandements que je te prescris aujourd’hui (Deutéronome 30.6-8). Nous voyons ainsi que le but du ministère prophétique en Israël était de ramener le peuple à son Dieu afin qu’il l’aime de tout son coeur et de toute son âme, et qu’il observe à nouveau ses commandements et ses préceptes écrits dans le livre de la loi (Deutéro­nome 30.10).

Qu’en est-il de l’amour du prochain, objet de la deuxième table de la loi ? Dans l’Ancien Testament, cet amour du prochain serait-il conçu comme étant séparé, coupé de l’obéissance aux commandements de Dieu ? Voici ce que nous lisons dans le livre du Lévitique :
Vous ne commettrez pas d’injustice dans les jugements : tu n’auras pas égard àla personne du pauvre et tu n’auras pas égard à la personne du grand, mais tu jugeras ton compatriote selon la justice. Tu n’iras pas calomnier ceux de ton peuple. Tu ne réclameras pas injustement la mort de ton prochain. Je suis l’Eternel. Tu ne haïras pas ton frère dans ton coeur tu ne te chargeras pas d’un péché à cause de lui. Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas rancune envers les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l’Eternel, ton Dieu.
(Lévitique 19.15-18)

Le grand commandement d’aimer son prochain comme soi-même résume, comme le dira plus tard l’auteur même de cette loi, Jésus-Christ en personne, toute la loi. Le commandement d’amour est posé comme conclusion précise de toute une énumération de commandements de juger impartialement, de ne point calomnier son prochain, de ne point rechercher sa mort par des voies judiciaires, de ne point le haïr, de ne point se venger soi-même. Aimer son prochain comme soi-même n’est rien si ce n’est d’accomplir, entre autres, ces commandements bien précis.

Il est maintenant clair que les paroles du Christ allant dans ce sens n ont, en fait, rien eu de particulièrement original. Notre Seigneur ne faisait que reprendre mot à mot cet enseignement qu’il avait lui-même donné à Moïse, lorsqu’il répondit au docteur de la loi qui lui demandait : Maître, quel est le grand commandement de la loi ? Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. (Matth jeu 22.36-39)

Paul, loin d’exprimer une théologie qui lui aurait été propre, ne faisait que reprendre l’enseignement de Moïse et de Jésus quand il écrivait aux Romains : Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime les autres a accompli la loi. En effet, les commandements: Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commet­tras pas de vol, tu ne rendras pas de faux témoignage, tu ne convoiteras pas, et tout autre commandement se résument dans cette parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. L’amour ne fait pas de mal au prochain l’amour est donc l’accomplissement de la loi. (Romains 13.8-1 0)

Paul, lui aussi, déclare que tous les commandements de la seconde table se résument dans cette parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même (Romains 8.10). C’est ce qu’il écrit encore dans l’épître aux Galates:
Par amour, soyez serviteurs les uns des autres, car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Galates 5.13-14)

C’est comme si nous disions que toutes les couleurs du spectre, rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet étaient contenues dans la lumière qui nous provient du soleil. Il en est de même pour le commandement d’aimer Dieu et son prochain. Il contient en germe toutes les lois particulièrement édictées par Dieu pour le bien des hommes.

Pour conclure ces citations du Nouveau Testament, examinons brièvement un passage de la première épître de Jean :
A ceci nous reconnaissons que nous l’avons connu: si nous gardons ses commandements. Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses com­mandements, est un menteur, et la vérité n’est pas en lui. Mais celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu est vraiment parfait en lui. A ceci nous reconnaissons que nous sommes en lui : celui qui déclare demeurer en lui, doit marcher aussi comme lui a marché. Bien-aimés, ce n’est pas un commandement nouveau que je vous écris, mais un commandement ancien, que vous avez eu dés le com­mencement ; ce commandement ancien, c’est la parole que vous avez enten­due. D’autre part, c’est un commandement nouveau que je vous écris ; ceci est vrai pour lui et pour vous, car les ténèbres passent et la lumière véritable brille déjà. (1 Jean 2.3-8)

Nous pouvons ici clairement constater que la preuve visible que nous avons connu Dieu est le fait que nous gardons Ses commandements. Plus encore, la perfection même de l’amour de Dieu en nous est notre persévérante fidélité à garder Ses commandements. Il ne s’agit pas ici d’un commandement nouveau, mais d’un commandement ancien, la loi de Dieu, la Parole éternelle de Dieu. D’une autre manière, cependant, il est nouveau car, par la venue de notre Seigneur Jésus-Christ sur la terre, la véritable lumière, qui, en venant dans le monde, éclaire tout homme (Jean 1.9), a commencé à luire dans ce monde.

Cette lumière qui luit dans nos coeurs – car par la grâce de Dieu nous sommes des enfants de lumière (I Thessaloniciens 5.5) – est la lumière du monde (Matthieu 5.14), les prémices du Royaume de Dieu ici-bas.

Nous avons pu constater que, tant dans l’enseignement de Moïse que dans celui du Christ et de ses apôtres, l’amour de Dieu et l’amour du prochain étaient indissolublement liés à l’obéissance fidèle et persévérante du chrétien aux commandements de Dieu. La raison en est simple. Le but de Dieu, tant dans Sa création que dans l’oeuvre de la rédemption, est d’établir, de rétablir l’homme – et toutes choses avec lui – dans une vie, une pensée et une action propres à glorifier le Seigneur et le Sauveur. Dans la Bible, ni la connaissance, ni l’amour ne sont des fins en eux-mêmes, comme c’est le cas dans la pensée grecque antique ou dans celle de l’Europe de la Renaissance, source de nos idolâtries intellectuelles et sentimentales modernes. Connaissance et amour, comme toutes choses d’ailleurs, doivent toujours glorifier Dieu. Connaissance et amour doivent conduire, selon l’Ecriture, à l’obéissance de la Foi afin que la vie tout entière de l’homme, et toutes ses oeuvres, soient conformées par l’Esprit de Dieu, par la grâce de Dieu, aux pensées, à la volonté, pour tout dire, à la loi de notre Dieu en Jésus-Christ. Car dans Sa parfaite obéissance à la loi divine tout entière, Jésus-Christ est la révélation suprême de l’amour de Dieu. Ainsi, en Jésus-Christ, l’homme pourra parvenir au but pour lequel il avait été créé: rendre pleinement gloire à son créateur par son obéissance à Sa Parole. Que nous ne séparions pas des pensées que Dieu a Lui-Même unies.

Jean-Marc BERTHOUD

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