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Le Repas du Seigneur

I. Le Seigneur Jésus a laissé aux siens deux ordonnances: le baptême, symbole de la mort et de la résurrection du croyant avec son Sauveur, et le Repas du Seigneur, appelé aussi la cène (du latin cena, repas du soir), mémorial de ses souffrances et de sa mort jusqu’à son retour.

   Les hommes ont, malheureusement, déformé ces deux institutions pour en faire des « sacrements », administrés par le clergé et conférant la grâce.

   Selon les Saintes Ecritures, qui sont notre seule autorité en matière de foi et de conduite, la grâce de Dieu n’est pas accordée à l’homme en vertu de rites et de mérites, mais simplement par la foi. Il est écrit: « C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi » (Eph. 2:8). Nous ne sommes pas seulement sauvés par la foi, car la Bible dit: « Le juste vivra par la foi » (Ro. 1:17). Aucun signe ou cérémonie quelconque ne peut communiquer à nos âmes la grâce de Dieu.

   Mais, si le baptême et la cène ne sont pas des sacrements, ils n’en sont pas moins des institutions sacrées que le croyant observe par amour pour son Sauveur et Seigneur. Lui-même a dit: « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14:23).

   Pour ces deux ordonnances, nous trouvons dans le Nouveau Testament:

  1. l’institution dans les évangiles
  2. la pratique dans les Actes des apôtres
  3. l’explication dans les épîtres.

   En suivant cette simple règle, nous serons gardés de bien des erreurs qu’on rencontre aujourd’hui, et nous pourrons être assurés de connaître la pensée de Dieu. C’est ce que nous allons faire concernant le Repas du Seigneur.

II. L’INSTITUTION DANS LES ÉVANGILES

   Les trois Evangiles synoptiques nous rapportent l’institution de la cène. Jean nous parle des entretiens qui ont précédé ce dernier repas, dans la chambre haute.

   Luc décrit d’une façon si touchante les sentiments du Seigneur Jésus et nous rapporte qu’il a dit: « J’ai désiré vivement de manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir » (22:15). Nous voyons là l’importance que le Seigneur attachait à la célébration de cette dernière Pâque avant l’agonie de Gethsémané et les souffrances de la croix.

   La Pâque se situe à l’arrière plan du Repas du Seigneur. Elle fut instituée par Dieu, environ 1500 ans auparavant, et ne doit pas être confondue avec Pâques où le monde religieux célèbre la résurrection (notez la différence d’orthographe).

   La Pâque commémorait la rédemption du peuple Israël, sa délivrance de l’esclavage et sa sortie de l’Egypte par la main puissante de Dieu. La Pâque symbolisait une plus grande délivrance encore, la délivrance de l’esclavage de Satan et de la servitude du péché. La Pâque anticipait la croix, la cène commémore la croix.

   Luc 22:19 nous rapporte cette parole du Seigneur que Paul cite deux fois dans I Corinthiens 11 : « Faites ceci en mémoire de moi ». La cène est donc, avant tout, le mémorial d’une personne. Les croyants réunis commémorent Celui qui est venu du ciel pour les sauver du jugement éternel. Nous pouvons dire avec le cantique:

Cette coupe et ce pain
Que ta main nous présente,
De ta grâce constante
Sont un signe certain.
Dans leur muet langage
Ils disent d’âge en âge
A chacun des élus,
Ton amour, ô Jésus!

III. LA PRATIQUE DANS LES ACTES

   En lisant les Actes nous voyons comment les premiers chrétiens ont compris les enseignements du Seigneur.

   L’ordre que nous trouvons dans le chapitre 2 ne peut être ni amélioré ni changé. Nous voyons que la repentance conduit à la foi les auditeurs de la Parole. Les convertis sont alors baptisés et ensuite « Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et dans les prières » (2:42).

   Dans ce récit nous sont décrits non seulement les quatre différentes activités de l’église locale, mais aussi l’ordre des symboles. A l’époque du Nouveau Testament, les convertis étaient baptisés par immersion avant d’être intégrés à l’assemblée locale. Voyez, entre autres, Romains 6:3-5 et Galates 3:27.

   On peut résumer les versets 37 à 47 de ce chapitre 2 des Actes par des mots qui décrivent tout le développement d’une vie chrétienne normale: contrition, conviction, conversion, confession, communion, continuation et consécration.

   Notez l’expression : « Ils persévéraient dans… la fraction du pain ». Nous comprenons par là qu’il s’agissait de quelque chose de fréquent, comme les autres activités, et non pas de quelque chose de secondaire et d’occasionnel, comme dans beaucoup d’églises aujourd’hui.

   Encore, dans les Actes, nous lisons: « Le premier jour de la semaine, nous étions réunis pour rompre le pain » (20:7). Cette simple phrase établit clairement quelle était la raison du rassemblement des croyants. L’apôtre Paul visitait l’assemblée de cette localité, mais le but de la réunion n’était pas d’écouter une prédication, mais la « fraction du pain ».

IV. L’EXPLICATION DANS LES EPITRES

   Lisez 1 Corinthiens 11:23-24. Ce passage donne la signification spirituelle de la cène. Paul n’était pas là lorsque le Seigneur l’a instituée dans la chambre haute. Il communique aux chrétiens de toutes les générations ce qu’il a reçu par révélation directement du Seigneur. Ce que Paul dit confirme les évangiles et les Actes.

   Le Repas du Seigneur n’est pas un repas pour nourrir nos corps. Les premiers chrétiens célébraient la cène à la suite d’un repas fraternel. Chacun apportait sa nourriture et ce repas en commun avait fait perdre aux Corinthiens le caractère particulier de la fraction du pain. Pour garder cette institution à sa place, Paul ordonne de la séparer du repas fraternel, prescrivant à chacun de manger chez soi et de se rendre à l’assemblée avec un esprit sérieux et préparé, de peur d’attirer le châtiment du Seigneur.

   « Ceci est mon corps… Ceci est mon sang » est un langage imagé (des métaphores) comme lorsque le Seigneur a dit: « Je suis la porte… Je suis le vrai cep », etc. Comme le Seigneur l’a fait, nous rendons grâce avant de rompre le pain et avant de distribuer la coupe, mais il n’est pas question de prononcer des paroles de consécration ayant pour but de changer la substance des éléments.

   Au cours des siècles les hommes se sont éloignés de la simplicité de la Parole de Dieu. La liturgie a remplacé l’adoration spontanée que Dieu désire. Les vêtements sacerdotaux, les chandelles, les gestes mystiques et symboliques, la musique instrumentale, toutes ces choses qui avaient leur place dans le culte de l’ancienne alliance sont complètement absentes du culte chrétien dont nous parle le Nouveau Testament.

   Que voyons-nous dans le Nouveau Testament, dans les évangiles en particulier ? Les disciples réunis autour de leur Seigneur, sans président humain, dans une simple chambre haute, les regards fixés sur Celui qui allait donner sa vie pour eux, la fraction du pain, la coupe passée de main à main, les actions de grâce, le chant des cantiques. La voix de notre Seigneur bien-aimé retentit encore : « Faites ceci en mémoire de moi ».

   1 Corinthiens 10:15-22 nous apprend un autre aspect de la vérité. Le pain qui est sur la table ne symbolise pas seulement le Seigneur Jésus, mais aussi son corps mystique, l’Eglise universelle, pour laquelle il s’est livré lui-même. Tous les chrétiens, vraiment nés de nouveau, sont représentés dans ce seul pain. « Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps… » (v. 17). « Il y a un seul corps » (Ephésiens 4:4). Implicitement, cela est une condamnation de toutes les églises fondées par les hommes. On comprend l’importance d’avoir un seul pain, et non pas des morceaux de pain coupés d’avance, si l’on veut maintenir intact le symbole.

   Même comme chrétien, nous sommes malheureusement encore sujets à pécher (Jacques3 :2). Il importe de nous approcher de la table du Seigneur en s’étant jugés nous-mêmes, c’est-à-dire en ayant confessés nos péchés à Dieu (lire 1 Jean 1:7-10). « Que chacun donc s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe » (1 Cor. 11:28). La Parole n’émet pas la possibilité qu’un croyant s’excommunie lui-même de la table du Seigneur.

   Enfin, la cène du Seigneur est aussi le rappel d’une bienheureuse espérance « Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Corinthiens 11:26).

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