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Mais qu’est-ce que donc que la loi de Dieu ?

Nous avons été habitués à donner une portée relativement restrictive à la notion de « loi de Dieu ». Elle a souvent été limitée à la notion de « loi de Moïse », de la législation donnée par Dieu à Moïse pour le peuple d’Israël. En général, elle a été uniquement appliquée à la théocratie juive. Nous allons voir que l’usage biblique de cette expression est beaucoup plus large que nous ne l’imaginons.

Premièrement, la loi de Moïse ne peut être opposée à la loi de Dieu, la loi de l’Eternel. Quand au temps du roi Josias, l’on retrouva le livre de la loi, c’est-à-dire le Pentateuque, il en fut parlé ainsi:
Hilkija, le prêtre, trouva le livre de la loi de l’Eternel donné par Moïse (II Chr 34.14).

Ainsi la loi donnée par Moïse n’est rien d’autre que la loi de l’Eternel.

Voici les termes du serment par lesquels Néhémie et ses compa­gnons, de retour de l’exil de Babylone, renouvelèrent l’alliance d’lsrael avec Dieu:
Ils promirent avec serment et jurèrent de marcher dans la loi de Dieu, qui avait été donnée par Moïse, serviteur de Dieu, d’observer et de mettre en pratique tous les commandements de l’Eternel, notre Seigneur, ses préceptes et ses lois (Néh 10.29).

Il est donc évident que la loi de Dieu et la loi donnée par Moïse sont des expressions qui recouvrent la même réalité. Si la loi donnée par Moïse est bel et bien la loi de Dieu, elle est, en conséquence, une loi dont l’applcation dépasse singulièrement le peuple d’Israël. Si elle a été transmise par Moïse à lsraêl, elle l’a été pour tous les hommes, pour toutes les nations, car cette loi étant de Dieu, elle révèle la pensée mê­me de Dieu, pensée qui établit l’ordre et le vrai sens de toutes choses, de toute la création de Dieu. C’est de cette universalité de la loi de Dieu que nous parle l’apôtre Paul quand il écrit aux Romains:
Quand les païens, qui n’ont pas la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, eux qui n’ont pas la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes. Ils montrent par là que l’oeuvre de la loi est écrite dans leur coeur, leur propre conscience en témoigne… (Rom 2.14-15).

Nous pouvons ainsi conclure que tous les hommes – et non les seuls Juifs -, sont soumis au pouvoir et à la législation souveraine du Créateur qui, en tant que Créateur, est le seul apte à donner à ses créatures une loi conforme à leur nature.

Certains distinguent subtilement la loi de Dieu des commandements de Dieu, préférant le mot commandement comme étant moins contrai­gnant que celui de loi. Ce n’est pas l’avis de l’Ecriture Sainte. Nous avons vu dans le texte de Néhémie que nous avons cité, que suivre la loi de Dieu est exactement la même chose que de pratiquer tous les commandements de l’Eternel. Pour Paul, lui aussi, qui parle des oeu­vres de la loi, ces deux expressions sont équivalentes. On peut sim­plement affirmer que la loi de Dieu contient les commandements, les préceptes et les ordonnances de l’Eternel.

Certains désirent distinguer la loi ou les commandements de Dieu de la Parole ou des Paroles de Dieu. Ce n’était pas l’avis de Jésus-Christ qui disait à la fin du Sermon sur la Montagne:
Quiconque entend mes paroles et les met en pratique sera semblable àun homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc (Mat 7.24), confirmant ainsi ce qu’il avait affirmé au début de ce même sermon, quand il déclarait qu’il ne disparaîtrait de la loi ni un seul iota, ni un seul trait de lettre, jus qu’à ce que tout soit accompli. Et il ajouta : Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à les violer, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux (Mat 5.18-19).

Il y a donc dans la bouche de Jésus identité entre loi, commandement et parole. Christ en s’adressant aux Pharisiens au sujet des subterfu­ges légalistes qu’ils employaient pour ne point secourir leurs parents leur déclarait : Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ?(…) Ainsi vous avez annulé la Parole de Dieu par votre tradition (Mat 15.3,6).

Il est ainsi évident que la Parole de Dieu, les paroles de Christ, la loi de Dieu et le commandement du Seigneur sont des expressions différentes souvent utilisées par la Bible pour recouvrir des aspects variés d’une réalité unique, la révélation écrite et normative de Dieu. Quoi d’étonnant à cela, puisque Jésus-Christ est Dieu lui-même et que la loi donnée par Moïse vient de ce même Dieu, Créateur, Législateur et Sauveur?

Certains veulent distinguer entre ‘Ecriture et la loi de Dieu. Il est vrai que parfois, pour désigner l’Ancien Testament, l’Ecriture parle de la loi et des prophètes. N’oublions pas, cependant, que la tâche essentielle de la prophétie consiste toujours à rappeler la loi et à l’expliciter. C’est le contraire de la critique biblique, dominée par une théorie de l’existentialisme évolutionniste, selon laquelle la révélation de Dieu vient après l’activité « créatrice » du prophète. De même, un christianisme où l’activité charismatique joue un rôle pré­dominant situera lui aussi la loi sur un plan secondaire par rapport aux révélations prophétiques. Il en va tout autrement dans la Bible où la loi, révélatrice de la pensée de Dieu, a toujours la première place.

L’expression l’Ecriture recouvre souvent également la loi. Quand Jé­sus disait aux Juifs: Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle ce sont elles qui rendent témoignage de moi (Jean 5.39), il se référait aussi bien a la loi qu’aux prophètes. Nous trouvons une unité remarquable entre loi mosaïque, écrits et parole dans ce que Jésus déclare aux Juifs incrédules : Ne pensez pas que moi, je vous accuserai devant le Père; celui qui vous accuse, c’est Moï­se, en qui vous avez mis votre espérance. Car, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi parce qu’il a écrit à mon sujet. Mais, si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles ? (Jean 5.45-47)

Nous devons par conséquent constater qu’il n’existe aucune opposi­tion entre les Ecritures, la loi de Dieu donnée par Moïse et les paroles du Christ. La loi de Dieu est l’Ecriture Sainte, la Parole même de Dieu, Ancien et Nouveau Testaments.

D’autres encore opposent la vérité à la loi de Dieu. Ils se basent pour le faire sur un texte célèbre du prologue de Jean : Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ (Jean 1.17).

Rien dans ce texte ne met en opposition loi et vérité Moïse et Jésus-Christ. Rien non plus ici n’oppose loi et grâce. Un développe­ment dans la révélation et dans l’efficacité de la grâce n’implique au­cunement contradiction ou opposition. C’est d’ailleurs ce que nous prouve admirablement l’Ecriture quand l’apôtre Paul affirme que la loi n’est rien d’autre que la règle de la connaissance et de la vérité (Rom 2.20).

Seigneur Jésus, ta parole est la vérité sanctifie-nous par la vé­rité La loi, les commandements, l’Ecriture, la Parole de Dieu, la vérité ne sont autre chose que la règle de notre foi, utile, à confondre tout ce qui s’oppose à la saine doctrine (1 Tim 1.10), car Toute l’Ecritu­re est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli (atteigne tout son développement) et qu’il soit apte à toute bonne oeuvre. (2 Tim 3.16-17)

Ceux qui se permettent d’attaquer la loi de Dieu en l’opposant à la foi et à la grâce portent tout simplement atteinte à la vérité, à la Parole de Dieu, à l’Ecriture Sainte. En fait, ils s’attaquent à Dieu. C’est d’eux aussi que parle le deuxième psaume :
Les rois de la terre se soulèvent, et les princes se liguent ensemble contre l’Eternel et contre son oint. Rompons leurs liens, et rejetons loin de nous leurs chaînes ! (Ps 2.2-3)

Ces liens et ces chaînes qui répugnent tant à notre siècle sans Dieu ni loi ne sont autres que les saints commandements de la loi de Dieu. Les dernières exhortations de la Bible s’adressent, entre autres, à de tels antinomiens. (Antinomisme : doctrine qui enseigne, au nom de la suprématie de la grâce, l’indifférence à l’égard de la loi, Larousse 3.)

Si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu lui retranchera sa part de l’arbre de vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre (Apoc 22.19). Cet avertissement est un simple écho des paroles de Moïse dans le Deutéronome: Vous n’ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n’en retrancherez rien, mais vous observerez les commandements de l’Eternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris (Deut 4.2).

C’est dans cette perspective de l’identité des commandements de Dieu et de la Parole de Dieu que nous comprenons mieux ce que Jé­sus voulait dire quand il affirmait au sujet de l’un de ces plus petits commandements que celui qui les observera et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux (Mat 5.19).

Et ce n’est pas par rapport au royaume de Dieu que nous vou­lons nous contenter d’ambitions médiocres !

Jean-Marc BERTHOUD
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