Témoignage
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Ma formation à l’IBG

Ma décision de faire un institut biblique

Si l’on m’avait dit quelques mois plus tôt que je partirais me former en vue de devenir pasteur, je ne l’aurais pas cru. Beaucoup me voyaient plutôt embrasser la carrière de golfeur professionnel, sport que je pratiquais à haut niveau amateur.

Certains pourraient trouver étrange l’idée de rejoindre un institut biblique. C’est vrai qu’à 25 ans, après une vie étudiante bien remplie, de nombreux voyages à travers le monde, un diplôme en poche, une vie chrétienne qui venait de débuter 2 ans plus tôt, on peut se dire qu’il est enfin temps de rentrer dans la vie active : un boulot, une vie d’église, envisager le mariage et une vie de famille.

Ce désir de formation est né alors que je voyais tous ces gens autour de moi, ma famille, mon entourage ou ces personnes dans les rues qui n’avaient pas reçu cette nouvelle vie en Jésus. Je voulais leur dire, leur parler de mon Sauveur et Seigneur, les voir embrasser la foi et être transformées par Dieu. Je remarquais bien vite que mon enthousiasme n’était pas suffisant pour communiquer efficacement le message de l’Évangile. Appuyer mon discours sur l’histoire biblique et la Parole de Dieu n’était pas toujours simple faute de formation. À part quelques cours de catéchisme comme enfant, mon ignorance était grande. Je ne connaissais que très peu de choses de l’Ancien Testament et cela me gênait beaucoup dans mes discussions.

Je suis reconnaissant au Seigneur d’avoir mis sur ma route un ami missionnaire de mon église locale. Il a pu répondre à mes questions et renforcer ce désir qui montait en moi de me former dans la Parole. Plusieurs options de formation étaient possibles en francophonie ou en Amérique du Nord où j’avais fait profession de foi pendant mes études universitaires. C’est finalement après une visite sur place avec cet ami, que j’ai opté pour me former à l’Institut Biblique de Genève.

Faire le choix de me former ne fut pas toujours bien accueilli par ma famille non croyante. Elle avait espoir que je me fasse une bonne situation dans le monde des affaires. Mes amis golfeurs que j’avais côtoyés durant tant d’années ne comprenaient pas toujours mon récent changement de cap. Certes, j’allais faire le sacrifice de renoncer à de nouvelles ambitions sportives, mais un désir nouveau jaillissait en moi, bien plus fort.

Près de 20 ans plus tard, je regarde encore ce temps de formation comme une période riche en rencontres et opportunités d’apprentissage. Ce que j’ai vécu et appris fut un tremplin pour la suite de mon service dans l’œuvre de Dieu. Je n’oublierai pas les conseils de mon ami missionnaire qui me disait que, quoi qu’il arrive à la suite de cette première année, cela ne serait que du bonus. Soit je revenais avec plein de choses apprises et utiles pour mon service dans l’église, soit je poursuivais une formation plus longue afin de me préparer à un ministère à plein temps.

Ce que cette formation m’a apporté

Mon arrivée à l’Institut m’a vite conforté dans mon choix. Je me sentais à ma place. J’avais soif de découvrir tant de nouveaux domaines jamais explorés auparavant : l’histoire biblique, la théologie systématique, l’approfondissement de livres bibliques, l’ecclésiologie, les religions et les sectes, l’histoire de l’Église, la vie chrétienne… autant de matières passionnantes dont je découvrais la valeur. Il faut dire que j’avais du terrain à rattraper par rapport à la trentaine d’autres étudiants de ma promotion. Beaucoup venaient de familles évangéliques et avaient été bien nourris depuis leur jeunesse (école du dimanche, camps chrétiens, campagnes d’évangélisation, voyages missionnaires) et passer par un institut biblique ne semblait qu’une suite logique dans leur parcours. Certains de mes camarades étaient venus avec l’idée de se former un an avant de reprendre leur travail.

Certes, on est en droit d’attendre toutes sortes de cours et de connaissances nouvelles dans un institut biblique, mais ce qui reste gravé dans le temps ce sont les relations et rencontres faites. Dans la grande majorité, nos enseignants étaient des pasteurs, des implanteurs d’églises ou des missionnaires qui venaient à l’Institut pour une semaine complète ou plus afin de partager leurs connaissances mais aussi leurs expériences du terrain. Nous ne les côtoyions pas seulement lors des cours mais aussi aux autres moments de la semaine (repas, temps de pauses, temps libre). Ces échanges informels étaient vraiment riches. J’aimais entendre ces profs qui avaient l’humilité de parler de leur ministère sans cacher les joies et les difficultés liées à leur service. Je pense à cet enseignant nous partageant quelques histoires vécues où le Seigneur l’avait conduit d’une manière providentielle pour partager la Bonne Nouvelle à des jeunes des rues ; à celui qui m’avait invité à visiter à l’hôpital un jeune garçon atteint d’une leucémie. Ces moments particuliers furent pour moi la découverte de réalités liées au ministère dans l’Église qui ne se voient pas toujours dans les livres.

Cette formation m’a aussi apporté une meilleure connaissance du monde évangélique. À part ma petite dénomination et mon église locale, je ne connaissais rien aux mouvements et œuvres évangéliques de mon pays. Les enseignants issus de divers horizons m’ont beaucoup appris là-dessus et cela a été bien utile par la suite.

Et puis, une première année en internat avec une trentaine d’autres étudiants (célibataires, couples mariés avec ou sans enfants, de différentes nationalités, de tous âges) cela ne laisse personne indifférent. La vie en communauté est en soi une école du caractère. C’est par elle aussi que l’on apprend à confronter nos points de vue, nos façons de faire différentes. Mes camarades de promotion voient rapidement qui je suis et inversement. C’est là aussi, dans cette famille pour un temps, que nous apprenons à vivre la patience, le pardon et la réconciliation.

Autres moments forts vécus pendant cette année en internat : quelques sorties d’évangélisation en soutien à des églises, sorties qui ont été très formatrices. Elles m’ont permis de réaliser toute l’importance du travail en équipe dans l’expression de nos différents dons au sein de l’église locale.

Fort de cette première année à l’Institut, j’ai poursuivi ma formation par 3 années mêlant stages pratiques et cours, le tout sous la supervision de 2 formateurs différents. C’est le module de cette formation en alternance qui m’a décidé à poursuivre mes études à l’Institut. J’aimais l’idée de pouvoir lier rapidement les cours avec la réalité du ministère dans l’église locale, c’était important pour moi. Et puis, apprendre aux côtés d’un formateur aguerri, c’est riche en découvertes et en partage d’expériences.

Aujourd’hui encore je retire beaucoup de fruits de ces années de formation biblique. Investir son temps dans l’étude de la Parole de Dieu est un atout précieux pour soi-même et pour mieux rentrer dans ces œuvres que le Seigneur a préparées d’avance. Cependant, équipé pour le ministère, on ne l’est jamais totalement. Certainement que ces années m’ont encouragées à aller plus loin encore dans la connaissance de Dieu et de sa Parole. Je me sens encore tellement ignorant et émerveillé à la fois quand je contemple le « mystère de Christ » (Éph 3.4).

Cerise sur le gâteau et providence de Dieu, j’ai été béni d’y rencontrer Muriel, celle qui est devenue ma femme, qui partage ma vie et me soutient depuis 20 ans dans le ministère pastoral… mais bon, cela, je ne peux pas vous l’assurer !

Ce que je recommanderais à quelqu’un qui envisage une telle formation

Dernièrement, un jeune homme de mon assemblée est parti pour entamer une formation en institut biblique. Naturellement, il s’est lui-même posé toutes sortes de questions avant de faire le pas et j’ai eu la joie de l’accompagner dans sa démarche. Parmi les recommandations que je lui ai faites, il y avait celles-ci :

?  Termine tes études, acquiers d’abord un métier si tu en as la possibilité.

Acquiers un peu d’expérience du monde du travail, cela te sera utile pour mieux comprendre la réalité de la vie chrétienne des membres de l’église.

Parle de ton projet de formation aux responsables de ton église locale. Sollicite leurs avis et leurs conseils. Ils te connaissent et peuvent alimenter tes réflexions.

Recherche le soutien dans la prière de ton église locale avant de partir faire une telle formation. Beaucoup d’instituts le demandent à l’inscription.

Laisse à Dieu la possibilité d’orienter la suite de ta première année comme il le veut. Si un ministère à plein temps semble se dessiner pour toi, pourquoi ne pas le considérer, même si ce n’était pas prévu au départ ?

Profite de ce temps à part avec le Seigneur. Permets-lui de modeler ta vie de disciple de Jésus.

 Pour conclure

Donner une ou plusieurs années de sa vie pour une formation biblique, c’est certainement un investissement que l’on ne regrette pas. C’est un atout précieux pour quiconque envisage de servir l’Église de Jésus-Christ. C’est une richesse personnelle que d’acquérir de la connaissance, de la pratique et de la sagesse.

Oui, aller faire un institut biblique est à considérer car c’est aussi :

– connaître des serviteurs de Dieu riches en expériences vécues et qui ont à cœur de les partager à ceux de la prochaine génération.

– faire de belles rencontres avec des étudiants qui partagent le même désir de mieux connaître Dieu pour mieux le servir et le glorifier dans leur vie.

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Wattier François
François Wattier est marié et père de quatre garçons. Il exerce un ministère pastoral depuis près de vingt ans, il sert actuellement son église locale en Haute-Savoie.