Dossier: Guerres et famines
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Impuissants face aux inégalités ?

« Car il s’agit, non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres, mais de suivre une règle d’égalité : dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins, afin que leur superflu pourvoie pareillement aux vôtres, en sorte qu’il y ait égalité, selon qu’il est écrit : Celui qui avait ramassé beaucoup n’avait rien de trop, et celui qui avait ramassé peu n’en manquait pas » (2 Cor 8.13-15).

De l’inégalité parmi les hommes

Dans le livre de Jean-Jacques Rousseau portant ce titre, le philosophe tente de démontrer sa vision optimiste de l’homme dans son « état de nature » et que la société (en particulier la propriété privée) est à l’origine des inégalités.
La Bible nous donne certes une vision idéale de l’état de l’homme créé par Dieu au jardin d’Eden, mais nous montre que c’est la chute, la désobéissance à Dieu qui est la source de tous nos maux et donc des inégalités.
Les inégalités de richesses sont partout aujourd’hui : entre États, entre citoyens d’un même pays, entre membres d’une même entreprise, entre membres d’une église locale. Alors que le PIB par habitant, indiquant la richesse produite par habitant dans un pays peut différer grandement (environ 45 000 $ pour la France et 1000 $ pour le Togo en 2021 par exemple), le salaire du PDG d’une entreprise multinationale représente parfois plus de 300 fois celui de son propre salarié.

Qui est responsable ?

Si Dieu peut parfois être directement à l’initiative d’un jugement particulier comme une famine par exemple (Jér 11.22), la plupart du temps la responsabilité humaine est engagée de manière plus directe.
Que ce soient les conséquences d’une guerre ou de la mauvaise gestion d’un État, beaucoup de famines pourraient être évitées.
Près d’un milliard de personnes souffrent de sous-alimentation. Deux milliards de plus sont mal nourries. En parallèle, on dénombre 1,3 milliard d’individus en surpoids ou obèses. Nous pourrions nourrir plus de deux fois la population mondiale, et pourtant… 1

Dans la Bible, Joseph montre l’exemple d’une sage prévision et gestion de crise du pays d’Égypte (Gen 41). Ce dernier fait preuve d’anticipation en profitant des années d’abondance pour faire des réserves pour les années de famine. Cela permet d’affirmer que les États ont une responsabilité importante dans la prévision et l’adaptation aux évènements climatiques. Malheureusement, certains pays combinent à la fois des conditions climatiques difficiles, un manque d’eau, un développement économique faible et des états ou des environnements géopolitiques instables.

Peut-on améliorer les choses ?

Les États plus riches ainsi que différentes associations ou ONG apportent un soutien financier, matériel ou humain pour faire face aux situations de famines les plus dramatiques.
A un niveau individuel, le verset d’en tête semble mettre la barre très haut. Faut-il vraiment le prendre au pied de la lettre ?
Le commentaire suivant du Nouveau Testament Annoté nous paraît bien retranscrire la pensée de Paul :
« De là, l’apôtre tire (v. 13,14) cet important enseignement qu’il ne doit pas y avoir entre les chrétiens gêne d’une part et surabondance de l’autre, mais égalité. Si les Corinthiens donnent maintenant (v. 13), les frères de la Palestine peuvent le leur rendre dans un autre temps (v. 14), soit en biens spirituels, soit en dons temporels. Ainsi l’amour, l’ardente charité qui avait produit, aux premiers jours de l’Église, cette précieuse égalité, pouvait et devait la produire encore. Partout où elle ne porte pas les mêmes fruits, c’est qu’elle s’est refroidie (Act 2.44,45 ; 4.34-37 ; 11.28-30).
Qu’on ne s’y méprenne pas toutefois, et qu’on ne demande pas à des institutions humaines et au nom de la loi, c’est-à-dire de la contrainte, ce que Paul demande au nom d’un sentiment que l’Esprit de Dieu seul peut inspirer, et qui serait dénaturé dès qu’on lui ôterait sa liberté, sa parfaite spontanéité. L’apôtre n’emploie pas même son autorité apostolique pour prescrire un devoir ; il ne commande pas, il le déclare positivement (v. 8) ; il en appelle à la charité de Christ (v. 9), et pour lui, il ne fait que donner « un conseil » (v. 10), ajoutant (v. 13) une réserve plus délicate encore.
C’est que l’égalité de l’amour chrétien vient de Dieu, tandis que l’égalité impossible dont rêvent les hommes n’est que de la convoitise et de l’injustice.
Mais, en repoussant les exigences des hommes, que les chrétiens se demandent s’ils obéissent aux inspirations de l’Évangile de Dieu ! »
Ainsi, ne diminuons pas la force de l’appel de Paul à la générosité pour les chrétiens, afin de manifester l’amour de manière concrète envers nos frères qui appartiennent au même corps.

Trouver plaisir à donner

Avec le livre Le principe du trésor, Randy Alcorn a aidé beaucoup de chrétiens à trouver une relation saine avec l’argent et à expérimenter la joie qui existe à donner. Bien sûr, tout le monde ne dispose pas des mêmes ressources et la mesure du don est donc relative (Marc 12.41-44). Quinze pour cent des paroles de Jésus sont en rapport avec le sujet de l’argent. C’est plus que les enseignements sur le ciel et l’enfer réunis ! Ce livre, qui évite à la fois les excès du légalisme et de l’évangile de « prospérité », fait ressortir 6 clés qui nous permettront de progresser dans la libéralité.
• Clé n°  1  : Dieu possède tout, je suis le gestionnaire de ses biens. Nous sommes les gestionnaires des biens que Dieu nous a confiés (et non donnés).
• Clé n° 2 : Mon cœur se trouve toujours là où je place l’argent de Dieu. Voyez ce qui se passe si vous réaffectez votre argent du temporel vers l’éternité.
• Clé n° 3 : Ma résidence permanente, c’est le ciel, pas la terre. Nous sommes citoyens « d’une meilleure patrie, […] la patrie céleste » (Héb 11.16).
• Clé n° 4 : Je dois vivre pour la ligne et non pour le point. Du point (notre vie présente sur la terre) part une ligne qui n’a pas de fin, à savoir l’éternité au ciel.
• Clé n° 5 : Donner est le seul antidote au matérialisme. Donner revient à s’abandonner joyeusement à un Être plus grand et à un projet plus large. En donnant, je descends du trône et je l’exalte.
• Clé n° 6 : Dieu accorde la prospérité non pas pour améliorer mon niveau de vie, mais pour améliorer le niveau de mes dons. Dieu nous donne plus d’argent que nécessaire pour que nous puissions donner… avec générosité.

Concluons avec ce beau passage où l’apôtre Paul fait ressortir le cercle vertueux associé à la mise en pratique de la générosité (gras ajouté) :
« Vous serez de la sorte enrichis à tous égards pour toute espèce de libéralités qui, par notre moyen, feront offrir à Dieu des actions de grâces.
Car le secours de cette assistance non seulement pourvoit aux besoins des saints, mais il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâces envers Dieu. En considération de ce secours dont ils font l’expérience, ils glorifient Dieu de votre obéissance dans la profession de l’Évangile de Christ, et de la libéralité de vos dons envers eux et envers tous ; ils prient pour vous, parce qu’ils vous aiment à cause de la grâce éminente que Dieu vous a faite. Grâces soient rendues à Dieu pour son don merveilleux ! » (2 Cor 9.11-15)  

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  1. https://www.lepoint.fr/environnement/nous-pourrions-nourrir-deux-fois-la-population-mondiale-et-pourtant-09-09-2014-1861529_1927.php
Dossier : Guerres et famines
 

Combe Silvain
Silvain Combe est marié et père de deux enfants. Il travaille dans le domaine de l’énergie et s’implique dans son église locale à Grenoble. Passionné par l’étude de la Bible, il étudie notamment la théologie à l’Institut Biblique de Genève à distance.