Dossier: Préparer son avenir
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Quelle place pour la volonté ?

On entend souvent : « Quand on veut, on peut ! » Mais est-ce toujours vrai ? Notre volonté nous suffit-elle pour agir, et particulièrement quand on veut agir pour la gloire de Dieu ?
Quel rôle notre volonté joue-t-elle pour être sauvé ? Et dans notre vie chrétienne ?
Notre volonté naturelle est-elle toujours en phase avec la volonté de Dieu ?
Et que faire si nous manquons de volonté ?
Autant de questions que nous pouvons nous poser à juste titre, et auxquelles nous allons tenter d’apporter un début de réponse.[1]

Le salut et notre volonté

Personne ne peut être sauvé par les efforts de sa volonté. « Car personne ne sera justifié devant [Dieu] par les œuvres de la loi. » (Rom 3.20) C’est Dieu qui a pris l’initiative de nous sauver. « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. » (Rom 3.23-24) C’est Dieu aussi qui « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim 2.4).

Et pourtant, pour être sauvé, notre volonté doit intervenir positivement. Le salut nous est offert gratuitement, mais à nous de l’accepter. Au malade de Bethesda qui attendait depuis si longtemps sa guérison, Jésus demande : « Veux-tu être guéri ? » (Jean 5.6) Cette parole est en quelque sorte adressée à tous les hommes, qui tous sont atteints par la maladie du péché. En réponse, Dieu nous demande d’exprimer le désir, c’est-à-dire la volonté, d’être guéri de cette maladie qui est synonyme de mort spirituelle.

A contrario, Dieu laisse les hommes libres de refuser cette offre de salut en Jésus-Christ ; chacun a la liberté de dire : « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous. » (Luc 19.14)

La volonté et notre sanctification

Après avoir faits de nous ses enfants, à quoi nous appelle Dieu ? À devenir toujours plus saints (1 Pi 1.16) ! C’est ce qu’on appelle le processus de sanctification. On pourrait imaginer que cette évolution positive de notre être intérieur se fasse sans effort, sous l’effet de l’action du Saint-Esprit en nous.

Mais il suffit de lire les Épîtres, qui regorgent d’impératifs, pour nous persuader du contraire. Si Paul ou Pierre, en écrivant aux chrétiens du 1er siècle, leur disaient : « Renoncez à la colère », « Ne vous mentez pas l’un à l’autre », « Poursuivez l’amour », « Persévérez dans la prière », etc., c’est bien qu’ils leur demandaient (et donc à nous à leur suite), d’être actifs.

Car, tout au long de la révélation biblique, nous trouvons ces deux aspects (dans cet ordre : justification puis sanctification) :

– ce que Dieu nous donne gratuitement, par grâce — que nous pouvons relier à notre position en Christ (par exemple, « nous sommes saints »),

– ce que Dieu attend de nous (« soyez saints ! »).

Ce passage de la 2e Épître de Pierre illustre bien ce paradoxe :

– « Sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété » (2 Pi 1.3).

– « Faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, etc. » (v.5-7)

Cela nous montre bien que Dieu fait appel à notre volonté pour faire fructifier ce qu’il nous a donné. Il nous demande de « joindre à notre foi », avec « tous nos efforts » :
– la vertu,
– la connaissance,
– la maîtrise de soi,
– la patience,
– la piété,
– l’amitié fraternelle,
– l’amour.

C’est donc avec effort — c’est-à-dire avec notre volonté — que nous posséderons et manifesterons ces sept qualités[2].Et dans quel but ? De toujours mieux connaître notre Seigneur Jésus-Christ ! (v.8)

Dieu valorise donc notre volonté ; il y fait appel pour notre salut comme pour notre sanctification.

Des volontés qui s’opposent ?

Lorsque nous sommes sauvés, notre désir est ­— ou devrait être — de faire la volonté de Dieu. Mais alors, quelle place va tenir notre volonté naturelle, humaine, dans notre vie ? Notre volonté propre va-t-elle toujours s’opposer à la volonté de Dieu ?

Tout d’abord, rappelons qu’en tant qu’enfants de Dieu, nous devons soumettre notre volonté à la sienne. Plus nous apprendrons à découvrir Dieu, notamment à travers la lecture de sa Parole, mieux nous connaîtrons sa volonté — et donc plus notre volonté naturelle se mettra en phase avec celle de Dieu, puisque notre désir sera de « lui plaire à tous égards » (Col 1.10, Darby).

Il semble que tous les humains ne soient pas « égaux en volonté ». On dit de certaines personnes qu’elles sont très volontaires ; d’autres qu’elles sont velléitaires, c’est-à-dire qu’elles ont bien des projets mais pas toujours la volonté pour les mettre en action. D’autres connaissent souvent le doute devant les décisions qu’elles doivent prendre.

Ainsi, si nous sommes dotés d’une forte volonté naturelle, Dieu pourra tout à fait s’en servir pour mettre cette volonté à son service, de même qu’il utilise nos capacités naturelles.

Mais malheureusement cette volonté « humaine » peut parfois être un obstacle à notre vie avec Dieu quand elle reste « charnelle » et nous pousse à agir sans nous laisser conduire par l’Esprit saint.

Alors laissons l’Esprit agir en nous pour savoir :
– parfois prendre des décisions rapides et efficaces,
– parfois réfréner nos envies d’actions pour être sûrs de rester dans la volonté de Dieu.

Parfois, un excès d’assurance peut nous faire compter sur notre volonté naturelle qui, finalement, nous fera défaut. Pensons à Pierre qui, d’un ton péremptoire, dit au Seigneur : « Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort » (Luc 22.33)… pour le renier quelques heures plus tard et pleurer amèrement (cf. v. 55-62).

Progresser en volonté ?

Mais si Dieu nous demande d’avoir de la volonté dans notre vie chrétienne et que nous en manquons naturellement, nous demande-t-il l’impossible ? Jamais ! Car « c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (Phil 2.13) ; c’est-à-dire qu’il agit lui-même, par son Esprit, sur notre volonté, pour nous transformer — et ainsi, de velléitaires que nous étions, nous devenons des « actifs » pour lui. Gloire lui en soit rendue !

C’est le même processus, miraculeux, que lorsque nous reconnaissons notre faiblesse naturelle et que Dieu nous rend forts (cf.2 Cor 12.9).

L’exemple de Timothée nous encourage à ce sujet. Connaissant son caractère un peu « faible », timide (comme semblent le décrire les Actes des Apôtres et les Épîtres qui lui sont adressées), Paul doit l’ « exhorter à ranimer la flamme du don de Dieu qu’il a reçu » (2 Tim 1.6), en lui expliquant que« ce n’est pas un esprit de timidité que Dieu nous a donné » mais qu’ « au contraire, son Esprit nous remplit de force, d’amour et de sagesse. » (v.7), et effectivement, son caractère n’a pas empêché Timothée d’avoir de l’assurance pour servir Dieu.

Par ailleurs, il nous est possible de fortifier notre volonté, en nous adonnant à de petits exercices dans la vie quotidienne, que ce soit des renoncements ou des actions positives. Nous pouvons aussi entraîner nos facultés intellectuelles, comme nos facultés physiques, qui sinon s’étioleront. Enfin, les rapports sociaux sont également l’occasion d’exercer notre volonté, en ne suivant pas automatiquement toutes les modes du moment.

Conclusion

Dieu valorise notre volonté : nous en avons besoin dans les différents domaines de nos vies — même dans l’exercice de nos dons spirituels, que nous sommes appelés à « désirer avec ardeur » (1 Cor 14.1)

Si nous estimons être dotés d’une forte volonté naturelle, apprenons à nous en méfier parfois… pour être sûrs qu’elle s’accorde avec celle de Dieu.

Et si nous pensons en manquer, ne nous décourageons surtout pas car nous pouvons la développer et Dieu peut aussi la stimuler !

Et n’oublions pas : « Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. » (1 Cor 10.31, NBS)

[1] Cet article s’inspire en partie d’un article d’Alfred Kuen, « Volonté et sanctification », consultable sur le site www.larebellution.com.

[2]Au passage, notons que ces qualités sont tellement « normales » pour un chrétien que Pierre est très sévère envers ceux qui ne les possèdent pas (cf. v.9).

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Dossier : Préparer son avenir
 

Prohin Anne
Mère de deux adolescentes, Anne Prohin est orthophoniste de formation et a interrompu son activité professionnelle après la naissance de sa seconde fille. Avec son mari Joël, elle est membre du comité de rédaction de Promesses et s’implique dans diverses rencontres bibliques, tout en travaillant bénévolement auprès des immigrés.