Dossier: 1 et 2 Pierre
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Vivre dans un environnement hostile et perverti, Introduction à 1 et 2 Pierre

L’auteur

Simon Pierre était le fils de Jonas et le frère d’André. Il faisait partie, avec Jacques et Jean, du cercle intime de Jésus.

  • Un homme de la classe moyenne ? Originaire de Bethsaïda (Jean 1.45), il possédait une maison à Capernaüm (Mat 8.14). Pierre était marié et était à la tête d’une petite entreprise familiale de pêche. Quand Pierre dit au Seigneur qu’il a tout quitté pour le suivre (Marc 10.28), c’est une réalité. Il a payé le prix fort.
  • Un serviteur en formation continue, pleinement engagé : Jésus a changé son nom : « Tu es Simon, fils de Jonas ; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre). » (Jean 1.42) Pierre est une pierre détachée, un morceau de rocher, une pierre vivante, une parcelle de Christ, membre du corps. Pierre doit être transformé, car avec ce nouveau nom, le Seigneur dévoile la mission qu’il veut lui confier (cf. Mat 16 ; 1 Pi 2.5). Au fur et à mesure, dans le quotidien, Pierre apprend à connaître le Seigneur, il apprend à se connaître, et passe par un travail de sanctification ; sa vie de disciple est jalonnée par de belles déclarations : « Nous avons tout quitté et nous t’avons suivi » (Luc 18.28), « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mat 16.16), « Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jean 6.68).

 

  • Le premier des apôtres : Dans chaque liste des apôtres, il est cité en premier. Serait-ce pour souligner sa vivacité et ses capacités de leader ? On voit en Pierre un homme passionné, courageux, énergique, impulsif, vigoureux, fort. Mais ce tableau brillant doit être complété par quelques ombres. Cette passion de Pierre l’a parfois rendu présomptueux. Ainsi il affirme qu’il est prêt à aller en prison et à mourir pour le Seigneur (Luc 22.33), une affirmation cruellement démentie lorsqu’il renie Jésus peu après. Pierre a compris sa faute et la confesse. Le Seigneur le sonde pour le purifier encore (Jean 21) avant de lui confier le service pastoral annoncé en Luc 22 : « fortifier ses frères ». Pierre a compris le message et, dans ses Épîtres, le mot « affermir » est fréquent.
  • Un ancien et un témoin : Pierre se présente comme « co-ancien ». Il ne se place pas « au-dessus », mais « au milieu » des anciens auxquels il s’adresse. Son autorité spirituelle s’enracine dans une vie de disciple, de « témoin » des souffrances de Christ (Act 1.21-22 ; 1 Pi 5.1 ; 2 Pi 1.16).
  • Un martyr : Selon la tradition, l’apôtre serait mort à Rome en 67 sous Néron, à l’âge de 75 ans, crucifié la tête en bas, car il se jugeait indigne de mourir comme son maître.

Les destinataires des lettres

Pierre adresse sa Première Épître à des chrétiens du nord et du centre de la Turquie actuelle, pour beaucoup des païens convertis, et pour un certain nombre sans doute des « prosélytes » — c’est-à-dire des Gentils imprégnés de la culture de l’A.T., d’où les nombreuses citations. D’autres indices de leur origine païenne : ils étaient autrefois « dans l’ignorance » (1.14) ; ils avaient hérité de leurs pères « une vaine manière de vivre » (1.18) ; ils avaient « dans le temps passé accompli la volonté des païens, en marchant dans le dérèglement » (4.3) ; autrefois, ils n’étaient pas le peuple de Dieu (2.10) ; les sœurs sont devenues les filles de Sara (3.6).

Leur statut social ne paraît pas reluisant : les termes de « forains et étrangers » désignent à cette époque ceux qui n’ont pas le statut de citoyen romain. Ils étaient de fait assujettis à de lourdes taxes et à une justice plus sévère en cas de condamnation. Devant la pression de la société environnante, certains sont tentés de retomber dans l’immoralité ou de renoncer à la foi. Pierre leur montre « la véritable grâce de Dieu » et les appelle à s’y attacher (5.12). Elle est le reflet de la nature divine (5.10), elle s’exprime par une œuvre salvatrice prédite par les prophètes qui se réalisera pleinement lors de la révélation du Christ. Ces « sans abri » étaient accueillis dans une nouvelle maison : l’Église, la famille de Dieu, où les barrières sociales ont disparu.

Les églises auxquelles Pierre s’adresse se situent dans un espace géographique où, de façon non officielle, se développent des persécutions sous le règne de Néron. La lettre mentionne : la calomnie (2.12 ; 3.16), l’injure (3.9 ; 4.14), la violence physique (2.20), le rejet social (4.4). Plus tard, dans ces mêmes régions, sous le proconsulat de Pline le Jeune, vers 111/112, la persécution devient officielle.

La Seconde Épître, écrite peu de temps après la première, semble destinée au même public (2 Pi 3.1).

Le but de 1 et 2 Pierre

1 Pierre

Pierre donne le but de sa première lettre : « C’est par Silvain, qui est à mes yeux un frère fidèle, que je vous écris ce peu de mots, pour vous exhorter et pour vous attester que la grâce de Dieu à laquelle vous êtes attachés est la véritable. » (5.12) Les persécutions ont commencé, la foi des destinataires est mise à mal, le doute s’installe parmi eux : est-ce en vain que nous avons cru ? L’apôtre leur rappelle :
– que leur véritable identité en Christ est indéfectible,
– que les persécutions ne sont qu’une épreuve temporaire en attendant la gloire,
– que le chemin qu’a connu et parcouru Christ devient un modèle pour le croyant.
La victoire dans la souffrance est illustrée dans la vie de Jésus. Si le chrétien est assuré de la protection divine présente, il est tout aussi assuré d’atteindre le but, « le salut des âmes » futur. Cela permet de vivre en sérénité.

Pierre s’adresse au troupeau de Dieu pour l’encourager en répondant à différentes questions liées aux circonstances vécues :
– quelle est notre vocation en tant que chrétien ?
– quel héritage Dieu nous a-t-il réservé ?
– pourquoi Dieu permet-il la souffrance, comment tenir et triompher ?
– comment vivre seul ou avec d’autres chrétiens en tant qu’étranger dans le monde, en glorifiant le Seigneur au quotidien ?

2 Pierre

La conclusion de la lettre en donne le thème : « Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, tenez-vous sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté. Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. » (2 Pi 3.17-18)

Pierre répond à de nouvelles questions :
– comment garder la foi dans un monde caractérisé par la fausseté ?
– comment discerner les faux docteurs, quelle est leur stratégie (en parallèle avec le thème de l’Épître de Jude) ?
– comment ne pas se laisser désarçonner par les moqueurs qui mettent en doute la venue du Seigneur ?

Deux lettres complémentaires

1 Pierre est une épître d’encouragement, paisible et profondément « humaine ». L’apôtre accomplit pleinement la mission que le Seigneur lui avait confiée en Luc 22.32 d’affermir ses frères et en Jean 21 de paître le troupeau du Seigneur. Pierre insiste sur la grâce de Dieu (le terme charis s’y trouve 10 fois).

2 Pierre, plus polémique, est construite selon le canevas d’un sermon qui dénonce les pratiques des faux docteurs. Elle a le caractère solennel de passage de témoin d’une génération à l’autre. Pierre met l’accent sur la « connaissance de Dieu ». Pour autant, elle peut être classée parmi les lettres pastorales, comme en témoigne le ton chaleureux de l’apôtre.

1 Pierre pourrait s’intituler : « Vivre dans un environnement hostile » et 2 Pierre : « Vivre dans un environnement perverti », ce qui en fait deux Épîtres très actuelles dans notre monde d’aujourd’hui…

Plan de 1 Pierre : Vivre dans un monde hostile

La structure de 1 Pierre est simple : les deux interpellations « Bien-aimés » (2.11 ; 4.12) sont chacune l’indice d’un changement de sujet.

Par ailleurs, beaucoup ont remarqué le changement de ton à partir de 4.12. Le sujet de la souffrance injuste reste le même, mais la pression devient plus forte. Les croyants se trouvent comme pris dans une « fournaise » (4.12). L’apôtre insiste sur les responsabilités des anciens pour maintenir la cohésion de la communauté soumise aux attaques du diable qui « rôde comme un lion rugissant cherchant qui il dévorera ». Toutes ces images peuvent faire penser à une recrudescence de la persécution en 64, qui, après l’incendie de Rome, s’est propagée dans l’Empire. On a l’impression que l’apôtre a rédigé sa lettre jusqu’au chapitre 4 v. 11 où il la termine par une doxologie. Il restait à ajouter quelques salutations. Mais les choses se seraient gâtées. Alors, avant de donner la lettre à Silvain, Pierre aurait ajouté quelques versets d’encouragement pour la communauté menacée d’éclatement. Cette hypothèse apparaît plausible.

Introduction : adresse et souhait1.1-2
A. Le salut, identité des chrétiens au milieu des souffrances1.3-2.10
La certitude du salut1.3-12
Assuré par la puissance de Dieu1.3-5
Authentifié par les épreuves venant de Dieu1.6-9
Annoncé par les prophètes de Dieu1.10-12
Les conséquences du salut1.13-2.10
La priorité de la sainteté1.13-2.3
La prêtrise des croyants2.4-10
B. La conduite personnelle des chrétiens malgré les souffrances2.11-4.11
Introduction : la mission du chrétien dans le monde2.11-12
La vie dans la société : la soumission malgré la souffrance2.13-3.7
La soumission aux autorités2.13-17
La soumission dans le cadre du travail2.18-15
La soumission dans le foyer3.1-7
La vie parmi les chrétiens : la recherche du bien et de la paix3.8-12
La vie dans la société : le témoignage de l’espérance au milieu de la
souffrance
3.13-4.7
Le principe de la souffrance pour la justice : témoignage et bonne conscience3.13-17
L’exemple de la souffrance pour la justice : Christ mort et ressuscité3.18-22
La victoire au milieu de la souffrance face à l’inconduite dans la société4.1-6
La vie parmi les chrétiens : la recherche de l’amour et de
l’édification
4.7-11a
Doxologie4.11b
C. L’attente collective des chrétiens au milieu des souffrances4.12-5.11
Les souffrances des chrétiens en attendant la gloire4.12-19
La conduite dans l’église en attendant la gloire5.1-5
Les anciens5.1-4
Les jeunes gens5.5a
Tous5.5b
La résistance dans l’épreuve en attendant la gloire5.6-9
Doxologie5.10-11
Conclusion : salutations et souhait final5.12-14

Plan de 2 Pierre : Vivre dans un monde perverti

2 Pierre (tout comme Jude) est une Épître polémique. Parvenu au crépuscule de sa vie, l’apôtre souhaite que les croyants dont il a la charge puissent s’opposer à l’erreur des faux docteurs et résister aux attaques extérieures d’un monde hostile. Comment contrecarrer ces dérives, une fois que sa voix se sera tue (1.15) ? Par la vraie connaissance, celle de Dieu au travers des Écritures, de son salut et de l’avenir qu’il nous réserve.

Introduction : adresse et souhait1.1-2
A. Connaître le salut pour avancer vers la maturité1.3-11
La base du salut : la position du croyant1.3-4
La mise en œuvre du salut : les 7 vertus chrétiennes de la croissance1.5-9
La finalité du salut : l’entrée dans le royaume éternel1.10-11
B. Connaître la vérité des Écritures pour bien les comprendre1.12-21
Le rappel de la vérité : le but de la lettre1.12-15
L’attestation de la vérité : le témoignage apostolique1.16-18
L’illumination de la vérité : la parole prophétique communiquée par l’Esprit1.19-21
C. Reconnaître les faux docteurs pour rejeter leur enseignement 2.1-22
La condamnation des faux docteurs : leur destruction et la délivrance des hommes pieux2.1-10
La conduite des faux docteurs : injures, plaisirs, cupidité2.11-16
La prédication des faux docteurs : la fausse liberté2.17-22
D. Connaître la fin des temps pour attendre la venue du Seigneur3.1-18
La certitude de la venue du Seigneur : le rappel de la réalité du déluge passé3.1-7
Le délai de
la venue du Seigneur : la  patience de Dieu en salut
3.8-13
Les conséquences de la venue du Seigneur : la pureté et la parole3.14-16
Conclusion : résumé et doxologie3.17-18
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Calame Philippe
Philippe Calame est marié, père de 5 enfants et grand-père de 8 petits-enfants. Il est actif dans son église locale et dans l’enseignement écrit et oral de la Parole.